Politique

Libye: des manifestants incendient le siège du gouvernement paralèlle de Benghazi

Des manifestants ont mis le feu tôt dimanche, au siège du gouvernement parallèle installé à Benghazi, deuxième ville de la Libye, provoquant d'importants dégâts matériels, selon une source de sécurité.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 13/09/2020 à 15h37
Libye: des manifestants incendient le siège du gouvernement paralèlle de Benghazi
Le drapeau libyen. | DR

"Aux premières heures de dimanche, un groupe de manifestants a attaqué le bâtiment du conseil des ministres et l'a incendié avant de prendre la fuite", a indiqué à l'AFP une source du ministère de l'Intérieur du gouvernement parallèle installé dans l'Est du pays sous le couvert de l'anonymat.

Les policiers et les pompiers sont rapidement arrivés sur les lieux pour tenter de maîtriser les flammes qui ont ravagé l'entrée principale de l'immeuble, selon cette source.

A al-Marj, une centaine de kilomètres à l’est de Benghazi, des policiers ont tiré à balles réelles pour disperser des manifestants qui ont forcé l'entrée de la direction de la police de la ville.

Au moins cinq personnes ont été blessées, selon des témoins contactés par l'AFP et l'hôpital central de la ville.

Le ministère de l'Intérieur du gouvernement parallèle a exhorté les manifestants dans les villes de l'Est à "a ne pas porter atteinte aux biens de l'Etat" et à "respecter le droit de manifester pacifiquement", selon un communiqué dont l'AFP a reçu copie.

La Libye, qui dispose des réserves de pétrole les plus abondantes d'Afrique, est déchirée par un conflit entre deux pouvoirs rivaux: le Gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par l'ONU et basé à Tripoli et un pouvoir incarné par le maréchal Khalifa Haftar, qui règne sur l'Est et une partie du Sud.

Depuis janvier, des groupes pro-Haftar bloquent les champs et ports pétroliers les plus importants du pays pour réclamer une répartition équitable, selon eux, des recettes pétrolières gérées par le GNA.

Ce blocage, qui a engendré plus de 9,6 milliards de dollars (8,1 milliards d'euros) de pertes de revenus, selon les derniers chiffres de la Compagnie nationale du pétrole, a exacerbé les pénuries d'électricité et de carburants dans le pays.

Il y a deux semaines, des centaines de personnes avaient manifesté à Tripoli contre la corruption et les conditions de vie difficiles dans leur ville qui a été, durant plus de 14 mois, la cible d'une offensive militaire meurtrière du maréchal Haftar.

Les deux parties rivales ont annoncé le 22 août, séparément, un cessez-le-feu et des élections.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 13/09/2020 à 15h37