Côte d’Ivoire: quand Soro Guillaume se voit rappeler ses «affaires»

DR

Le 07/06/2017 à 08h16

Le magazine Jeune Afrique passe en revue toutes les «affaires» sombres qui entachent la réputation de Soro Guillaume et rappelle à la justice ivoirienne ses obligations. Des "accusations fallacieuses" dénoncent les proches du président du Parlement qui soupçonnent une cabale médiatique.

Le magazine Jeune Afrique ne s’est pas montré tendre avec Guillaume Soro, le président du Parlement ivoirien. Celui qui est comparé à Viktor Bout, le sulfureux trafiquant d’armes pourrait bien être «armurier» s’il devait quitter la politique. Des insinuations contre lesquelles son entourage ne décolère pas.

Soro Guillaume, ange ou démon? Alors que le président du Parlement ivoirien travaille à se donner une image d’homme de paix, cherchant à rassembler ses compatriotes, son passé et les nombreuses affaires auxquelles il est lié lui sont rappelés sans ménagement par notre confrère Jeune Afrique. Des affaires qui n’ont pas réussi à l’inquiéter.

Et la liste paraît sans fin: découverte récente de 30 tonnes d’armes au domicile de son chef de protocole, les mutineries successives en Côte d’Ivoire, son implication présumée dans le coup d’Etat du général Diendere au Burkina Faso avec l’affaire des écoutes téléphoniques, le rapport de l’ONU l’accusant de détenir 300 tonnes d’armes, exactions menées par ses hommes durant la longue crise ivoirienne... Soro traîne une longue liste d’affaires qui auraient bien eu raison de «tout citoyen ivoirien normal», note le journal.

Cette parution se fait concomitamment à une autre par le groupe de presse, Afrique magazine, qui dresse un portrait plutôt élogieux du Premier ministre, Gon Coulibaly «le lion», numéro 2 du régime ivoirien et dauphin pressenti de Ouattara, considéré comme le vrai rival de Soro. Il ne faut pas plus pour qu’on fasse le rapprochement et qu'on crie déjà à une campagne médiatique orchestrée depuis le palais d’Abidjan.

Il s’agit d’une «volonté manifeste de nuire et de détruire la crédibilité du président de l'Assemblée nationale dans l'opinion nationale et internationale, sur la base de simples rumeurs et d'accusations fallacieuses et perfides», a dénoncé ce mardi Sidiki Konaté, l’un des fidèles lieutenants de Soro, qui réclame des poursuites judiciaires.

Cette piqûre de rappel intervient alors qu'il ne fait quasiment plus l’ombre d’un doute que Soro, dont les relations avec le président Ouattara sont loin d’être au beau fixe, selon certaines sources, met ses troupes en ordre de bataille pour la présidentielle de 2020.

Par Georges Moihet (Abidjan, correspondance)
Le 07/06/2017 à 08h16