Côte d’Ivoire: la Chine va construire un grand stade avec une main d'oeuvre chinoise

Stade d'Ebimpé d'Abidjan. . DR

Le 05/12/2016 à 18h06, mis à jour le 05/12/2016 à 18h24

Le stade olympique d’Ebimpe, dans la périphérie d’Abidjan, sera l’un des plus grands d’Afrique avec 60.000 places assises. Seul hic, l’entreprise chinoise en charge de l’ouvrage vient avec 600 ouvriers chinois et la cohabitation entre ceux-ci et les autochtones s'avère être un véritable casse-tête.

Comme partout ailleurs sur le continent africain, la Chine marque son empreinte en Côte d’Ivoire à travers des bâtisses bien visibles qui montrent l’intérêt grandissant du géant asiatique pour le pays. Le stade olympique d’Ebimpe (une vingtaine de kilomètres à l’ouest d’Abidjan), un projet vieux de 20 ans, don du gouvernement chinois, s’inscrit dans cette catégorie.

L’enceinte sportive, qui va nécessiter un investissement de 67 milliards FCFA (102,1 millions d’euros), sera l’une des plus grandes et des plus modernes du continent, promet Beijing Construction Engineering Group, l’un des fleurons de l’industrie chinoise de la construction.

De dimension olympique, le stade accueillera 60.000 places assises et sera bâti sur une superficie de 20 hectares. Un terrain de football, un terrain de rugby, une piste et un terrain d’athlétisme aux normes internationales et capables d’accueillir des compétitions internationales, ainsi que des ouvrages annexes composeront l’infrastructure à laquelle s'accolera un parking extérieur de 1.400 places.

L’ouvrage conçu par un cabinet d’architecture chinois dans un style futuriste, sera construit grâce à la participation d’un contingent de 600 techniciens et ouvriers chinois, en plus de 1.000 employés locaux qui seront recrutés sur place. Une cohabitation pas toujours aisée qui a parfois provoqué quelques étincelles.

Quid des conditions de travail?

Les entreprises chinoises sont réputées pour avoir souvent maille à partir avec leurs employés africains sur les conditions de travail. Le chantier du barrage hydroélectrique de Soubré, au centre ouest du pays, un investissement de 280 milliards FCFA (environ 427 millions d’euros) financé à 85% par la Chine, n’a pas dérogé à la règle.

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«On nous prélève au compte de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) alors qu’aucun de nous n’y est inscrit. Pire, nous ne possédons aucun contrat de travail nous liant à la société chinoise. Les renvois sont réguliers et la communication est difficile», a déclaré en février 2014, Amara Bamba, porte-parole des ouvriers travaillant sur le barrage qui emploie 1.000 personnes dont 20% de Chinois. L’affaire qui avait provoqué des échauffourées entre travailleurs locaux et chinois avait fini par déboucher sur des accords après d’âpres négociations.

Autre illustration, l’hôtel des Parlementaires à Yamoussoukro. Ce bel ouvrage architectural également offert par la Chine, avait enregistré un débrayage des ouvriers lors de sa construction en 2004. Ces derniers réclamaient «une régularisation des contrats et une revalorisation salariale conformément à la rémunération en vigueur».

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En sera-t-il autrement pour le Stade d’Ebimpe? L’attrait de centaines d’emplois sur les trois prochaines années, durée prévue du chantier, fait déjà suffisamment saliver pour que l’on s’attarde sur les conditions de travail. «Sur ce type de chantiers, pour un temps aussi long, on exclut pas qu’il y ait quelques petits problèmes. Mais on aura l’occasion de les résoudre au fur et à mesure», botte en touche un responsable du ministère ivoirien de la Construction.

Le gouvernement ivoirien qui a la charge des travaux de terrassement en cours, promet en outre de fournir l’électricité et l’eau courante sur le site pour un démarrage effectif des travaux avant la fin de l’année.

Le stade, selon les projections des autorités, devra abriter la cérémonie d’ouverture et la finale de la CAN (Coupe d’Afrique des nations de football) 2021 que le pays accueillera pour la seconde fois de son histoire.

Par Georges Moihet (Abidjan, correspondance)
Le 05/12/2016 à 18h06, mis à jour le 05/12/2016 à 18h24