Société

Transport urbain à Abidjan: plus d'arrêts anarchiques pour les wôrô-wôrô, gbaka et taxis intercommunaux

VidéoA Abidjan, faute d'arrêts, les taxis communaux communément appelés wôrô-wôrô et les minicars, dits gbaka, stationnent anarchiquement pour déposer ou prendre des passagers. Une situation qui crée de nombreux désagréments. La situation va changer avec la mise en place des stations dédiées.

Le 11/09/2022 à 08h16, mis à jour le 11/09/2022 à 08h24

Le transport privé en commun à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, connaît une révolution. Les taxis intercommunaux, les minibus gbaka et les taxis communaux appelés wôrô-wôrô expérimentent, depuis le 18 août 2022, le système des arrêts. Un privilège qui n’était réservé jusque-là qu'aux usagers du transporteur public Société des transports abidjanais (SOTRA).

Ici à Yopougon-sable, plus question de stationner anarchiquement. Un arrêt minute fonctionnel est uniquement dédié aux wôrô-wôrô et gbaka. Les passagers peuvent patienter quelques minutes sous ce hangar moderne avant de prendre leur taxi ou gbaka. Et les transporteurs, de leur côté, stationnent tranquillement pour déposer des clients et en prendre d’autres dans leur véhicule pour différentes destinations. Autrefois, tout au long des routes, wôrô-wôrô et gbaka stationnaient sans règles au gré de leurs besoins et de ceux de leurs clients, ce qui créait un désordre dans la circulation. Mais la nouvelle approche instaurant des arrêts dédiés est plus disciplinée et semble visiblement bien accueillie par les uns et les autres près d’un mois après son expérimentation.

«Quand il y a un arrêt, nous ça nous arrange, car avant l’arrivée de cet arrêt, quand on stationnait anarchiquement, les policiers nous collaient une amende de 22.500 FCFA», explique ainsi Aliou Koné, un chauffeur de gbaka.

«Ça ne vient pas résoudre tous les problèmes du transport, mais c’est le b.a.ba et c’est le début du commencement, donc avec ce début là, c’est une bonne chose», soutient, pour sa part, Patrick Konan, un passager.

Le projet est actuellement dans sa phase pilote qui durera 6 mois. C’est la commune de Yopougon, la plus peuplée et la plus grande de Côte d’Ivoire, qui est la première à faire cette expérience et qui devient ainsi la pionnière en la matière. Hormis l’arrêt de Yopougon-sable déjà fonctionnel, onze autres seront installés à Yopougon Shell, Institut des aveugles, Bel-air, City mall, Complexe, Nouveau quartier, 5 étoiles, Les Oliviers, Sapeurs-pompiers, Chigata, A l’église, et Gandhi. Objectif: faciliter la fluidité routière.

«C’est un nouveau projet, ça ne sera pas facile. Les gens ne seront pas habitués du jour au lendemain, donc il faut un suivi et quand je parle de suivi, il s’agit de la communication et de la sensibilisation autour», conseille Issouf Koné, président de syndicat de transporteurs à Yopougon.

Initiative de l’autorité de la mobilité urbaine dans le Grand Abidjan (AMUGA), la construction de ces abris où les véhicules privés de transport en commun ne doivent pas rester longtemps en stationnement pour déposer et prendre à bord les passagers sera vulgarisée dans les douze autres communes d’Abidjan dès 2023. 

Par Olive Adjakotan (Abidjan, correspondance)
Le 11/09/2022 à 08h16, mis à jour le 11/09/2022 à 08h24