Chez les importateurs comme au niveau des vendeurs, aucune bouteille de gaz domestique n’est visible.
Cette crise est réelle dans toutes les grandes villes du pays et notamment à Yaoundé où plusieurs usagers parcourent de longues distances à la recherche de ce précieux produit.
«Ce la fait trois jours que je sors chaque matin pour trouver du gaz. J’ai un bébé de deux semaines et je peux m’en occuper convenablement sans ce produit. J’ai parcouru une longue distance entre Essos où je me trouve actuellement et mon quartier Nkolbisson alors que je ne suis même pas sûr d’en trouver», se plaint ce père de famille de Yaoundé.
Il faut rappeler que cette pénurie touche toutes les marques de gaz domestique. De Camgaz à Sctm en pas passant par Tradex et les autres, rien n’est disponible sur le marché.
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Lorsqu’au bout de patience à toute épreuve on en trouve, la précieuse énergie coûte entre 10.000 et 15.000 francs au lieu des 6.000 habituels selon Simon Kaldjob, président du Collectif des organisations des consommateurs du Cameroun.
Selon les autorités, la demande en gaz domestique a augmenté de 15% en 2025, pour s’établir à environ 160.000 tonnes par an.
Ce qui rend la situation encore plus complexe pour certains consommateurs comme Marie Inès rencontrée au quartier Tsinga. «J’ai actuellement trois marques de bouteilles de gaz à la maison. En les alignant ainsi, je croyais contourner des pénuries de gaz domestique qui ciblent souvent certaines marques. En ce moment je suis bloqué. Je ne sais plus quoi faire», a-t-elle déclaré.
A en croire certains observateurs, cette crise de gaz s’explique par le départ du navire-usine Hilli Episeyo du pays en juillet 2026, combiné à une forte dépendance aux importations soit 80% de la demande nationale et à des défaillances logistiques des opérateurs dans le domaine.
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Le navire-usine norvégien Hilli Episeyo a définitivement quitté les eaux territoriales du Cameroun le 4 août 2026, marquant la fin de huit années d’exploitation de gaz naturel liquéfié (GNL) au large de Kribi.
Selon différentes sources, Hilli Episeyo produisait environ 1,2 million de tonnes de GNL, fournissait près de 30.000 tonnes de gaz domestique (GPL) pour le marché local et 5.000 barils de condensat par jour.
En plus des causes structurelles, certains accusent des importateurs de recourir à des manœuvres spéculatives. D’ailleurs, le 23 septembre le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a pointé du doigt certains opérateurs du secteur qu’il accuse d’entretenir la rareté du produit, notamment en ne respectant pas les délais de paiement de leurs fournisseurs et le calendrier de livraison sur le marché camerounais. Une importation de 60.000 tonnes de GPL a également été initiée pour stabiliser le marché
