Selon les estimations du Baromètre du tourisme mondial d’ONU Tourisme, les recettes du tourisme à l’échelle mondiale se sont établies à 1.900 milliards de dollars en 2025, en hausse d’environ 5% par rapport à 2024. Une croissance réalisée dans le sillage de l’augmentation des arrivées de touristes internationaux autour de 4%.
Les performances ont été meilleures en Afrique du Nord, particulièrement chez les trois pays touristiques: Égypte, Maroc et Tunisie. En plus des records d’arrivées de touristes enregistrés par les trois premiers (49,8 millions de touristes), les recettes de voyages ont été au rendez-vous en 2025 avec des progressions dépassant très largement celle de la moyenne mondiale.
Pris globalement, les trois pays de l’Afrique du Nord, qui sont aussi les trois premières destinations touristiques africaines, ont engrangé 35,25 milliards de dollars de recettes touristiques en 2025, contre 28 milliards de dollars en 2024. Il faut souligner que cette forte hausse est également dues aux appréciations des monnaies de ces trois pays vis-à-vis du dollar durant la même période.
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Le rapport recettes/nombre de touristes dans les trois pays donne une dépense moyenne de 708 dollars. Toutefois, cette moyenne cache des différences énormes entre les pays. Alors qu’elle est de 937 dollars en Égypte, celle-ci tombe à seulement 250 dollars en Tunisie, à cause de la prépondérance des formules «all inclusive» dont les recettes sont globalement captées par les Tours opérateurs européens.
Globalement, la hausse des recettes touristiques est portée par la bonne santé du tourisme mondial dont les rentrées d’argent ont progressé (+5%) plus que les fréquentations (+4%) et par les performances des trois pays au niveau des arrivées de visiteurs avec des croissances à deux chiffres. L’envolée des recettes trouve sont origine également dans la hausse des tarifs des hôtels et l’appréciation des monnaies locales (livre égyptienne, dirham marocain et dinar tunisien) vis-à-vis du dollar américain.
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Enfin, les modèles touristiques, la qualité des touristes et des produits touristiques (culturel, balnéaire, sportif…) ont contribué à améliorer les recettes.
A noter qu’en matière d’évolution des recettes touristiques, selon l’ONU Tourisme, le Maroc a affiché la plus forte progression au niveau mondial avec une hausse de +19%, devant la Corée (+18%) et l’Égypte (+17%).
Par ailleurs, si le Maroc (19,8 millions de touristes) a conservé son titre de première destination touristique africaine devant l’Égypte (19 millions de visiteurs) en 2025, c’est pourtant le pays des Pharaons qui maintient la première place en matière de revenus de voyages avec 17,8 milliards de dollars de recettes, contre 14,70 milliards de dollars pour le Maroc.
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Cela s’explique par plusieurs facteurs: le nombre de visiteurs internationaux en transit, les structures d’hébergements (hôtels de luxe, 5*, 4*, 3*... hébergement locatif…), la durée de séjour des touristes, la qualité dépensière des visiteurs selon leur origine géographique, l’offre touristique (culturel, balnéaire, sportif,…),etc.
L’Egypte, dont l’offre touristique est dominée par le patrimoine et la culture de l’ère pharaonique et la présence importante de touristes venant du Golfe, tire plus de recettes par touriste que les autres pays de l’Afrique du Nord.
Maroc: la plus forte progression au monde
Le tourisme marocain a bouclé 2025 avec une performance historique en engrangeant des recettes s’établissant à 138,10 milliards de dirhams, soit 14,70 milliards de dollars (au cours moyen de 9,4 dirhams pour 1 dollar en 2025). Celles-ci sont en hausse de 20,60% par rapport à celle de l’année précédente. Grâce à cette performance, le Maroc dépasse son objectif fixé pour fin 2026 (120 milliards de dirhams inscrit dans la feuille de route 2023-2026), confirmant la montée en puissance du tourisme marocain sur la scène touristique mondiale.
La ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie Sociale et Solidaire, Fatim-Zahra Ammor souligne que «ce record confirme que le tourisme au Maroc ne se développe pas uniquement en volume, mais génère de plus en plus de valeur. Notre ambition est de faire du tourisme un moteur de développement territorial et un levier durable de création d’emplois.»
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Exprimées en dollar américain, ces recettes sont en hausse de 19%, soit la plus forte progression au monde en 2025, devant la Corée (+18%) et l’Égypte (+17%). D’ailleurs, par rapport à 2024, la progression des recettes (+19%) a été beaucoup plus forte que celle de la fréquentation des touristes (+14%). Une situation qui pourrait s’expliquer par les tarifs hôteliers plus avantageux, des séjours plus longs, une montée en gamme au niveau du secteur…

En rapportant les recettes aux arrivées de touristes, on se retrouve avec une dépense moyenne par touriste de 6.975 dirhams, soit près de 742 dollars.
Cette forte progression des recettes s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, il y a l’effet de l’attractivité renforcée de la destination Maroc avec à la clé une hausse des arrivées des touristes.
Le Maroc, le Egypte et la Tunisie ont accueilli 49,80 millions de touristes qui ont généré 35,25 milliards de dollars de recettes touristiques, en 2025. . le360 Afrique/Youssef
Le Royaume en a accueilli 19,80 millions en 2025, un record en hausse de 13,80%. Cette forte hausse des arrivées a contribué à booster les recettes. Ensuite, cette forte augmentation des recettes s’explique par la hausse des tarifs hôteliers et la diversification de l’offre touristique sur l’ensemble du royaume visant à répondre aux attentes d’une clientèle internationale plus variée et plus exigeante.
Cette performance a des impacts positifs sur l’économie marocaine. Les recettes touristiques ont dépassé en 2025 les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) qui se sont établis à 122 milliards de dirhams, devenant ainsi la seconde source de devises du Royaume après les exportations.
Egypte: là où les touristes dépensent le plus
Détrônée par le Maroc en tant que première destination touristique en termes de fréquentation, l’Égypte conserve son rang de premier récipiendaire des recettes touristiques en Afrique. En 2025, en plus du record d’arrivées, le pays des pharaons a engrangé des recettes record de 17,80 milliards de dollars, en hausse de 17% par rapport à celles de l’année précédente. Cette progression place le pays au troisième rang mondial en termes de croissance, derrière le Maroc (+19%) et la République de Corée (+18%).
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Cette croissance s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, il y a l’impact de la forte hausse des arrivées de touristes en 2025 de 21% à 19 millions de visiteurs, soit la seconde plus forte progression après le Brésil (+37%). Cette situation s’explique aussi par le taux d’occupation des hôtels globalement plus élevé en Égypte que dans les pays de la région, dépassant les 75% au niveau la station très fréquentée de Charm el-Cheikh avec des pics de taux d’occupation supérieurs à 90%.
Il y a ensuite l’origine des touristes visitant l’Égypte au premier rang desquels les Allemands, les Saoudiens, les ressortissants des pays du Golfe et les Russes. Cette clientèle est plus dépensière que celle séjournant au Maroc particulièrement prisé des Français et des Espagnols.
Enfin, ce niveau des recettes s’explique aussi par le fait que l’Égypte capitalise surtout sur ses sites historiques de l’époque des pharaons (pyramides, musées,…) qui génèrent davantage de recettes.

Ainsi, le ratio recettes/arrivées est de 937 dollars. Ainsi, la dépense moyenne d’un touriste en Égypte est 3,75 fois supérieure à celle d’un touriste en Tunisie.
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Pour 2026, l’Égypte table sur la poursuite de cette dynamique en ciblant 30 millions de visiteurs par an d’ici 2028 et des recettes de 24 milliards de dollars. Pour cela, le pays s’appuie sur de nombreux leviers: l’amélioration de la connectivité aérienne, la facilitation de l’obtention des visas (prolongation des visas d’entrée d’urgence accordés gratuitement aux passagers arrivant par voie aérienne, prolongation du visa de transit gratuit de 96 heures pour une année supplémentaire, jusqu’en Avril 2027…) et l’augmentation des capacités d’hébergement,…
Tous ces facteurs contribuent à rendre la destination Égypte plus attrayante et génératrice de plus de recette. «En 2026, on s’attend à une hausse du nombre de touristes de 5 à 7% par rapport à l’année passée, ainsi qu’une croissance significative des revenus touristiques», a avancé Sherif Fathy, ministre du Tourisme et des Antiquités.
Le gouvernement table aussi sur la diversification de l’offre avec le Grand Musée Égyptien (GEM) et le développement de la nouvelle ville d’Alamein sur la Méditerranée.
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A noter que le tourisme est un secteur stratégique pour l’économie égyptienne: 2% du PIB, des centaines de milliers d’emplois, 3e source de devises après les exportations et les transferts de la diaspora. Les recettes touristiques contribuent ainsi à l’amélioration des réserves de change du pays et la balance des opérations courantes.
Tunisie: des recettes record, mais…
Avec des arrivées de touristes qui ont dépassé pour la première fois la barre des 11 millions, les recettes ont battu un record en 2025. Selon les données de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), les recettes touristiques se sont établies à 8.096,9 millions de dinars tunisiens, soit 2,745 milliards de dollars, contre 7.599,7 millions en 2024, affichant une progression de 6,5%. Une hausse qui atteste de la dynamique du secteur touristique tunisien qui continue de battre des records.
Ainsi, la dépense moyenne par touriste s’est établie à 736 dinars tunisiens, soit 249,50 dollars. C’est dire qu’un touriste dépense trois fois plus au Maroc qu’en Tunisie. Un ratio faible qui reflète l’ancrage du tourisme tunisien dans un modèle de tourisme de masse qui privilégie le volume des arrivées et non la qualité du tourisme et donc des recettes touristiques.
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Face à cette situation, il urge d’adopter une stratégie orientée vers la montée en gamme et la diversification de l’offre touristique. Le pays dispose de nombreux atouts pour développer plusieurs segments touristiques (écologique, culturel, médial,…) et d’attirer une clientèle plus nombreuses et variée.

Reste que malgré leurs relatives faiblesses, les recettes touristiques ont un impact indéniable sur l’économie tunisienne. Ces rentrées d’argent constituent la troisième source de devises du pays derrière les exportations et les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger estimés à 8.761,6 millions de dinars. Ces recettes soutiennent la balance des paiements et stabilise le dinar tunisien grâce à sa contribution à l’amélioration des réserves de change du pays.
Arrivées, recettes et dépenses touristiques moyennes du Maroc de l’Egypte et de la Tunisie en 2025
| Pays | Arrivées de touristes (en millions) | Recettes touristiques (en monnaies locales) | Recettes touristiques (en dollars) | Dépense moyenne/touriste |
|---|---|---|---|---|
| Maroc | 19,8 | 138,1 milliards de dirhams | 14,70 milliards | 675 dollars |
| Egypte | 19 | 17,80 milliards | 937 dollars | |
| Tunisie | 11 | 8,096 milliards de dinars | 2,75 milliards | 250 dollars |
| Total/Moyenne | 49,80 | - | 35,25 | 708 dolars |
Source: tableau confectionné à partir de diverses données officielles












