Après le mégabarrage de la Renaissance éthiopienne, inauguré l’année dernière, l’Éthiopie s’est engagée dans la construction d’un méga-aéroport, l’infrastructure d’Addis-Abeba-Bole étant devenue trop étroite pour accompagner les ambitions d’Ethiopian Airlines, première compagnie aérienne du continent africain.
Le premier coup de pioche symbolique a été donné par le Premier ministre Abiy Ahmed le samedi 10 janvier 2026.
Le nouvel aéroport sera implanté à Bishoftu, dans la région d’Oromia, à une quarantaine de kilomètres de la capitale Addis-Abeba, et s’étendra sur une superficie de 35 km².
À travers cette infrastructure aéroportuaire, l’Éthiopie, qui dispose de la première compagnie aérienne africaine et de l’un des réseaux de destinations les plus étendus au monde, entend consolider sa domination sur le ciel africain et renforcer davantage sa position à l’échelle internationale.
Lire aussi : Aéroports. Les raisons qui poussent les pays d’Afrique à en construire de nouveaux et à agrandir les anciens
Pour la réalisation de cet ouvrage, dont le coût est estimé à 12,7 milliards de dollars, l’Éthiopie prévoit de mobiliser, en plus d’Ethiopian Airlines —compagnie entièrement publique—, des financements auprès de plusieurs bailleurs de fonds internationaux. Parmi eux figure la Banque africaine de développement (BAD), qui s’est engagée à hauteur de 500 millions de dollars. Le gouvernement éthiopien compte également sur les concours financiers de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII), de l’Agence américaine de financement du développement international (DFC) et de la Banque européenne d’investissement (BEI).
L’aéroport sera réalisé en deux phases. La première permettra la mise en service d’une infrastructure dotée d’une capacité de traitement de 60 millions de passagers par an. Les travaux de cette phase s’étaleront sur cinq ans et, à leur achèvement, l’Éthiopie disposera du plus grand aéroport du continent africain. Une seconde phase portera ensuite la capacité totale de l’aéroport à 110 millions de passagers par an.
Le futur aéroport sera équipé de quatre pistes et bénéficiera de l’ensemble des infrastructures propres aux grands hubs aéroportuaires modernes. Il sera relié à Addis-Abeba par une autoroute moderne à plusieurs voies ainsi que par une ligne ferroviaire à grande vitesse, permettant des liaisons comprises entre 120 et 200 km/h.
Lire aussi : Voici les meilleurs aéroports et compagnies aériennes d’Afrique en 2024
L’aéroport de Bishoftu, dont la construction vient de démarrer, est appelé à remplacer celui de Bole, situé en plein cœur de la capitale Addis-Abeba et doté d’une capacité de traitement d’environ 25 millions de passagers par an. Devenu trop étroit, notamment au regard des ambitions de la compagnie aérienne nationale, il ne répond plus aux besoins d’Ethiopian Airlines, qui envisage de porter sa flotte à 270 appareils à l’horizon 2035.
Ce nouvel aéroport «placera l’Éthiopie parmi les principaux hubs aériens mondiaux», a souligné le Premier ministre Abiy Ahmed lors de la cérémonie de lancement des travaux.

Avec ce nouveau hub aéroportuaire, l’Éthiopie entend doter Ethiopian Airlines, leader du transport aérien africain avec plus de 17 millions de passagers transportés en 2024, d’une plateforme à même de rivaliser avec les plus grandes infrastructures mondiales. Le projet s’inscrit pleinement dans la stratégie de développement de la compagnie, qui ambitionne de porter sa flotte à 270 appareils à l’horizon 2035, contre environ 150 avions actuellement.
Lire aussi : Transport aérien: comment Ethiopian Airlines est devenue un modèle unique de réussite en Afrique
À noter qu’au-delà des problèmes de saturation de l’aéroport actuel, certaines contraintes techniques ont également pesé dans la décision de délocaliser la nouvelle infrastructure vers un autre site.
La maquette nouveau terminal de l'aéroport mohammed V. Le hub de Casablanca sera doté d'une capacité de traitement de 45 millions de passagers à l'horizon 2029.. DR
En effet, l’aéroport international de Bole étant situé en altitude, la pression atmosphérique y impacte le remplissage des réservoirs des avions de ligne. Cette contrainte oblige les appareils d’Ethiopian Airlines assurant des liaisons directes vers les États-Unis à effectuer des escales en Afrique de l’Ouest afin de refaire le plein de kérosène. Une difficulté qui ne se posera pas à Bishoftu, située à 1.920 mètres d’altitude, contre 2.320 mètres pour l’aéroport international de Bole à Addis-Abeba.
Lire aussi : Transport aérien: la méga commande d’Ethiopian Airlines
Grâce à cette différence d’altitude, Ethiopian Airlines pourra réaliser d’importantes économies en matière de consommation de carburant sur les vols long-courriers, en opérant des trajets directs sans escale.
Par ailleurs, les décollages à haute altitude accélèrent l’usure des fuselages des avions, ce qui constitue un second argument technique ayant plaidé en faveur du déplacement de l’aéroport plutôt que de l’extension de l’infrastructure existante.
Enfin, avec une flotte portée à 270 appareils à l’horizon 2035, Ethiopian Airlines a besoin de surfaces et d’espaces adaptés pour accueillir, entretenir et exploiter efficacement l’ensemble de ses avions.











