Mali: hibiscus, baobab, moringa... ces essences essentielles à l’économie rurale

Le 03/01/2026 à 15h01

VidéoQu’il s’agisse de graines, de feuilles, de fruits ou de tout autre organe végétal, la flore du Mali est riche en essences d’où sont extraites les huiles essentielles. Ces substances odorantes et volatiles intéressent de plus en plus de coopératives qui en tirent des revenus substantiels. Au niveau mondial, la taille du marché est actuellement estimée à 18,57 milliards de dollars.

Longtemps cantonnés aux simples usages quotidiens, le couvert végétal forestier, comme le baobab, le sésame, l’acacia, ou encore le moringa, le karité et le néré renferment des substances aux multiples vertus qui en font tout leur intérêt.

Les huiles essentielles en font partie et sont des alliés naturels pour renforcer la santé et le bien-être des consommateurs. Selon la définition la plus répandue «ce sont des mélanges complexes, volatils et odorants de substances naturelles extraits d’une matière première végétale (feuilles, fleurs, écorces, etc.) par des procédés comme la distillation à la vapeur d’eau ou la pression mécanique».

Amadou Guindo, qui s’est intéressé à ces essences forestières et leurs richesses bienfaisantes qu’elles renferment, détaille le travail de transformateur, «je commence par acheter des graines auprès des producteurs et des coopératives de femmes dans les villages des régions de Kayes et Bandiagara. Une fois que la matière première arrive à l’unité de transformation, je fais le tri pour séparer les bonnes graines des mauvaises. Ces graines sont par la suite mises dans un broyeur qu’on presse pour en extraire de l’huile».

L’huile de ces plantes ont des propriétés antioxydantes, relaxantes, recommandées dans la gestion du stress et pour renforcer les défenses naturelles de l’organisme.

Selon Amadou Guindo «l’huile récupérée est laissée au repos à température ambiante pendant trois jours pour qu’elle ne perde pas ses valeurs nutritives. Les résidus des graines sont transformés en aliment pour le bétail».

Séduit par les vertus de ces substances, Tiemoko Sangaré dit en consommer régulièrement et témoigne de cet engouement, «depuis environ trois ans, ma famille ne consomme que les huiles naturelles. Aujourd’hui, je me suis procuré de l’huile de sésame et du bissap. Les huiles naturelles ont de nombreuses vertus, cependant, les producteurs devraient revoir leurs prix pour permettre au plus grand nombre d’en acheter».

Amadou Konaté est gastroentérologue, en spécialiste il estime que «les huiles naturelles participent à la protection des cellules contre le vieillissement, sont riches en fibres et facilitent la digestion. Ces huiles sont également riches en sels minéraux et renforcent les os».

Et les bienfaits ne s’arrêtent pas là; «les huiles naturelles aident le corps à éliminer les mauvaises graisses évitant ainsi beaucoup de maladies».

S’il est malaisé de quantifier la production malienne d’huiles essentielles, les ventes au niveau mondial sont estimées entre 50.000 et 70.000 tonnes par an. C’est un commerce porté par l’engouement croissant pour les produits naturels dont la taille est de 18,57 milliards de dollars et pourrait atteindre 28,67 milliards de dollars d’ici 2030.

Par Diemba Moussa Konaté (Bamako, correspondance)
Le 03/01/2026 à 15h01