Souvent contrefait, jamais égalé: la reconquête du textile africain s’organise depuis la Guinée

Usine textile
Le 16/11/2023 à 07h37

Vidéo«La labellisation, vecteur de lutte contre le piratage dans l’industrie du textile africain», le thème retenu pour la 9ème édition du salon international du textile africain (SITA) est révélateur de la quasi absence de protection intellectuelle et industrielle des créations de l’habillement et du textile africains.

C’est sur le site historique du palais du peuple que s’est tenu le salon du textile africain. L’objectif principal de cette manifestation consistait surtout à rapprocher les fils et filles du continent, tout en promouvant l’image du textile africain. Selon la Banque Africaine de Développement, le marché du textile-habillement dans son ensemble pèse d’ores et déjà plus de 31 milliards de dollars en Afrique subsaharienne et s’avère le deuxième plus gros pourvoyeur d’emplois dans les pays en développement, après l’agriculture.

Mais ce savoir-tisser ancestral souffre d’une protection insuffisante de la propriété intellectuelle, comme l’a souligné, en octobre dernier, un rapport de l‘Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). D’où le thème retenu cette 9ème édition du salon international du textile africain (SITA, du 6 au 11 novembre ) Conakry) et qui a porté sur «La labellisation, vecteur de lutte contre le piratage dans l’industrie du textile africain».

Cet intérêt est une une véritable avancée, confie Jacques Simon un exposant gabonais «Oui les choses ont changé comparé à ce qui se faisait il y a 20 ou 30 ans. Notre textile est riche et varié: le bogolan, le Kita, pagne le plus le plus tissé du Burkina Faso, le tissu de Guinée de très beaux tissus bien travaillés».

Le pays hôte, la Guinée, a surtout saisi cette opportunité pour mettre aussi en valeur la forte variété de ses pagnes. Malgré les défis, auxquels font face les artisans, le textile guinéen séduit.

Des mesures importantes, telles que la labellisation sont mis en place pour lutter contre la contrefaçon dans ce secteur, rappelle Margueritte Camara «le textile guinéenne a ses particularités: leppi du Fouta, du pagne tissé du Fouta, le kindeli de Kindia ou le bakha de la Haute Guinée. Il y a des motifs qu’on ne retrouve que chez nous».

Plus loin, Margueritte Camara fait remarque qu’aujourd’hui les artisans africains ont réussi à s’adapter à la demande, à diversifier l’offre pour mieux vendre le tissu africain. «Les artisans arrivent à faire maintenant tout type d’objet d’art avec ces pagnes traditionnels. Il y a des éventails, des sacs et ça marche».

Cet évènement de grande envergure a rassemblé 43 pays, offrant une vitrine exceptionnelle sur le patrimoine culturel africain.

Dans son rapport , l’Unesco met également l’accent sur les atouts du continent pour développer son industrie du textile et de l’habillement: «Les marges de progrès sont considérables en la matière, à l’heure où l’Afrique a les moyens de devenir un acteur majeur de la production mondiale de coton durable et biologique».

Cette année, comme c’est le cas à l’occasion de chaque édition, les pays porteurs de meilleurs projets de conceptions et promotion du tissu africain ont été célébrés. Il s’agit de la Namibie, suivi du Sénégal et Rwanda. La quatrième place est revenue à la Guinée.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 16/11/2023 à 07h37