Fermer

Vidéo. Une entreprise s'inspire des meubles marocains pour réussir le pari de la transformation locale du bois

Publié le 31/10/2021 à 15h25 Par notre correspondant à Libreville Ismael Obiang Nze.

#Economie
Vidéo. A la découverte d'un pionnier de la transformation locale du bois gabonais
© Copyright : Le360/ Ismael Obiang Nze

#Gabon : Scié, tranché ou déroulé localement, depuis plus dix ans, le bois gabonais ne peut désormais s’exporter qu’une fois transformé. Le pari d'un Ali Bongo récemment devenu président, en 2009, n'était pas gagné d'avance, mais désormais, une industrie locale est en train d'émerger.


Si cette décision prise en 2009 par le chef de l'Etat Ali Bongo relevait d'un véritable "fantasme" à l'époque pour les détracteurs du régime de Libreville, d'année en année, les entrepreneurs locaux s'approprient la vision d'industrialisation de la filière bois qui bénéficie d’une superficie forestière de 15 millions d’hectares avec une soixantaine d’essences dont la qualité est mondialement reconnue.

Dans "La Maison du meuble", cette usine qui fait office de leader de la transformation des essences locales avec la fabrication des meubles made in Gabon, Arthur Ondo y trouve son bonheur. Car c'est ici qu'il s'est offert une première opportunité d'emploi après avoir abandonné ses études au collège.

>>> LIRE AUSSI : Vidéo. Gabon: 31e édition de la foire de l'indépendance, le "made in Gabon" à l'honneur

"Aujourd'hui, tout nous est acquis. Nous avons la possibilité d'apprendre quelque chose", lance-t-il en direction des jeunes qui pensent naïvement que la réussite peut tomber du ciel.

Située dans la zone industrielle d'Oloumi à Libreville, La Maison du meuble cumule quarante ans d'expérience dans le secteur du bois. C'est un peu l'histoire d'un entrepreneuriat gabonais qui s'est transmise de père en fils. Fabien Ombouma, le père, aujourd'hui reconverti en politique, a transmis le flambeau à Yannis Ombouma, son fils qui en devient le directeur exécutif. L'aventure prend véritablement son envol en 2004.

Consciente que l'exportation du bois gabonais crée des richesses au-delà de ses frontières, la famille Ombouma s'est alors spécialisée dans l'ameublement. Une belle opportunité pour les pionniers d'une filière autrefois laissée pour compte. "Nous sommes un pays producteur du bois, il est hors de question de ne pas faire des meubles de qualité", précise Yannis Ombouma.

La Maison du meuble, qui n'est pas à l'abri de la crise sanitaire du Covid-19, "entend désormais se tourner vers l'extérieur". Yannis Ombouma veut partir à la conquête du marché marocain. D'ailleurs, son unité de transformation est en discussion très avancée avec des entreprises du royaume.

"On a eu deux partenaires au Maroc. Nous étions sur place faire la visite des usines qui sont de très bonnes qualités. Aujourd'hui, ce que je souhaite c'est renforcer cette coopération sud-sud. Car, pour nous, le Maroc est un modèle en Afrique", confie-t-il

>>> LIRE AUSSI : Vidéo. Label Guinée, le Salon du "made in Guinée" pour promouvoir le consommer local

Mais du côté du ministère gabonais des Forets, la mesure est claire; tout acteur de la filière bois au Gabon devra se plier à la loi N°016/01 portant code forestier qui imposait déjà, avant l’interdiction complète des exportations de grumes, une transformation locale de 75% de celles-ci.

Le gouvernement gabonais reconnait que les bénéfices économiques tirés par le Gabon en un siècle d’exploitation du bois s’élèvent à seulement 8%. Un pourcentage qui met en lumière les faiblesses de la transformation locale de bois en produits finis, ceci indique que c'est vers les pays d’exportation de grumes gabonaises, que revient le bénéfice réel, soit 92% de la valeur ajoutée.

Bien que depuis la mesure d’interdiction d’exportation de grumes sans première transformation, le pays a doublé à 18% les bénéfices captés dans l’exploitation de bois, des efforts restent à fournir pour bénéficier pleinement des retombées économiques de ce secteur qui peine toujours à générer des emplois tant souhaités sur le plan local.


 

Le 31/10/2021 Par notre correspondant à Libreville Ismael Obiang Nze.