Politique

CEDEAO: le Mali et la Guinée seuls contre tous

Après son discours controversé à la tribune de l'ONU, le Premier ministre par intérim du Mali, le colonel Abdoulaye Maïga, est vite remonté en selle pour prononcer un nouveau discours «explosif» suite aux sanctions de la CEDEAO contre la Guinée.

Par Mohamed Koné
Le 01/10/2022 à 11h18, mis à jour le 01/10/2022 à 11h20
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Le présidents de transition guinéen Mamadi Doumbouya et malien Assimi Goïta. | Présidence malienne

Le Premier ministre par intérim du Mali, le colonel Abdoulaye Maïga, ne chôme pas. Sitôt rentré de New York, où il a donné un discours controversé lors de la 77e assemblée générale de l’Organisation des Nations unies, le responsable est vite remonté en selle hier, mercredi 28 septembre, pour prononcer un nouveau discours officiel «explosif» sur les antennes de l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM), la télévision nationale malienne.

Le discours faisait suite au Sommet extraordinaire de la Conférences des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) tenu le 22 septembre 2022, en marge de l’AG de l’ONU, sur la situation au Mali et en Guinée. A propos de la Guinée en particulier, le gouvernement de transition malien a été «outré par les sanctions illégales, illégitimes et inhumaines» prises contre ce pays lors du Sommet, a fait savoir Maïga.

Ainsi, compte tenu «de la solidarité et de la fraternité» entre les deux pays, Bamako a décidé «se désolidariser de toutes les sanctions (…) prises à l’encontre de la République sœur de Guinée et ne leur réservera aucune suite», poursuit-on. Et d’ajouter que l’exécutif malien a également décidé d’«adopter, si nécessaire, des mesures pour assister la République de Guinée, afin d’annihiler les conséquences de ces sanctions inutiles contre le peuple et les autorités de la Guinée».

Le colonel Maïga a ensuite souligné que «l’objectif de la CEDEAO est d’améliorer les conditions de vie des populations et non d’adopter des sanctions contre-productives les affectant». Dans ce cadre, notant que les transitions politique sont le résultat de la mauvaise gouvernance, il a appelé l’organisation sous-régionale à accompagner les autorités de la transition «pour mener des réformes politiques et institutionnelles qui contribueraient à renforcer la bonne gouvernance et la stabilité».

Plus loin, le colonel Maïga a conclu en rappelant que «le gouvernement de transition reste ouvert, dans le respect et dans le cadre du panafricanisme, à toutes les initiatives sincères de recherche de solutions aux défis relatifs à la stabilité, à la paix et à la sécurité de notre sous-région». Puis de lancer: «Que Dieu bénisse le Mali et la Guinée! Qu’Il préserve les Maliens et les Guinéens!»

A travers cette conclusion, le colonel Maïga est on ne peut plus clair: la Guinée peut compter sur le Mali en toutes circonstances. Comme si liés par un pacte. Mais on ne devrait pas être surpris de cette prise de position du gouvernement malien pour son homologue guinéen. Quand le Mali a été frappé par des sanctions économiques et financières de la CEDEAO et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), il a pu compter sur la Guinée, qui… s’est désolidarisée de ces sanctions. La sortie de Maïga n’est donc qu’un renvoi d’ascenseur…

Par Mohamed Koné
Le 01/10/2022 à 11h18, mis à jour le 01/10/2022 à 11h20