Fermer

Transport aérien: l’OACI évalue les pertes des compagnies africaines à 14 milliards de dollars en 2020

Mise à jour le 22/01/2021 à 12h13 Publié le 21/01/2021 à 12h19 Par Moussa Diop

#Politique
transport aérien

Les transporteurs aériens sont très affectés par la crise.

© Copyright : DR

#Maroc : La pandémie du Covid-19 a impacté négativement les transporteurs du continent dont les flottes sont toujours clouées au sol. L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) estime les pertes de revenus à 14 milliards de dollars. Plusieurs compagnies risquent de ne pas se relever.

Parmi les secteurs les plus touchés par la pandémie du Covid-19 figure en bonne place celui du transport aérien. En effet, à cause de la fermeture des frontières aériennes et même de l’arrêt des lignes domestiques dans de nombreux pays, les flottes des compagnies africaines sont restées clouées au sol.

A l’exception d'Ethiopian Airways qui s’est adaptée en transformant une partie de sa flotte dédiée au transport de passagers en cargo, tous les autres pavillons africains ont été durement affectés par l’arrêt du transport aérien dont EgyptAir, Royal Air Maroc, Kenya Airways, South African Airways, Tunisair, et Air Algérie, pour ne citer que les plus importantes compagnies du continent.

Ainsi, les compagnies aériennes africaines ont enregistré une baisse de 78 millions de passagers et 58% de leur capacité globale.


LIRE AUSSI: Transport aérien: une année cauchemardesque pour les compagnies d'Afrique


Cette situation a entrainé des pertes énormes pour les compagnies aériennes du continent. Selon l’OACI, elles ont perdu 14 milliards de dollars de revenus sur le segment de transport de passagers au cours de l’année dernières.

Malheureusement, la baisse de la demande va se poursuivre durant le premier trimestre 2021 et pourrait même s’aggraver, avertit l’OACI. Et pour l’institution basée à Montréal, «la reprise de l’industrie, possible au deuxième trimestre, passe par la réussite de la vaccination, qui a commencé dans les pays riches».

Du coup, de nombreuses compagnies aériennes africaines, déjà très fragiles avant même l’avènement de la pandémie, risquent la faillite. C’est le cas de South African Airways quasiment en faillite. Kenya Airways traverse une phase difficile avec des pertes importantes qui ont poussé les autorités kenyanes à entamer sa nationalisation.


LIRE AUSSI: Transport aérien: voici les pertes et les stratégies de sortie de crise des compagnies maghrébines


Royal Air Maroc, avec une perte de plus de 320 millions d’euros, a mis en place un plan de restructuration avec 858 suppressions d’emplois annoncées dont plus de 600 ont déjà quitté la compagnie dans la cadre des licenciements économiques et des départs volontaires, des cessions d’appareils pour réduire la flotte et réduire les charges d’exploitation, etc.

Même la compagnie Ethiopian Airways, la plus solide du continent a enregistré des pertes de revenus colossales en 2020, malgré son adaptation rapide à la crise en mettant l’accent sur le transport cargo et le rapatriement des Africains bloqués dans de nombreux pays.

Face à cette situation, plusieurs gouvernements ont volé au secours de leurs pavillons nationaux pour éviter leur faillite. Toutefois, de l’avis des experts, il faudra un certain temps pour que les compagnies retrouvent leurs niveaux d’avant pandémie.


LIRE AUSSI: Transport aérien: Ethiopian Airlines appelée à la rescousse pour sauver South African Airways de la faillite


Selon l’OACI, au niveau mondial, en 2020, seuls 1,8 milliard de personnes ont pris l’avion, contre 4,5 milliards en 2019, soit une baisse de 150%. Les pertes des compagnies de la planète sont estimées à 370 milliards de dollars. Une situation qui a poussé les compagnies aériennes mondiales à clouer leurs flottes au sol.

Concernant les perspectives, l’OACI estime que dans le cas d’un scénario optimiste, le nombre de passagers transportés devrait revenir à 79% de son niveau de 2019. Toutefois, la nouvelle vague et les nouvelles souches poussent au pessimisme avec le retour des confinements et des fermetures des frontières, notamment en Europe.
Le 21/01/2021 Par Moussa Diop