Gabon. Présidentielle 2025: ce que pensent les jeunes de la politique

Le 08/02/2025 à 09h13

VidéoDans environ deux mois, le pays tournera la page de la transition militaire avec la tenue d’une présidentielle le 12 avril 2025 avant les législatives et les municipales dont le calendrier n’est pas encore connu. Comment cette génération post coup d’État du 30 août 2023 va-t-elle se positionner. Que pense-t-elle de la pratique politique? Voici les réactions de quelques étudiants.

Davy aura 19 ans en avril prochain. Il fait partie d’une génération qui n’a connu qu’un seul président avant l’arrivée des militaires au pouvoir. Cet étudiant va donc voter pour la première fois, «La politique en elle-même ne m’intéresse pas trop. Parce que je me dis que la politique comme on le dit souvent, c’est l’art de mentir. Et c’est contraire à mes convictions», déclare-t-il.

Lors des présidentielles de 2016 et de 2023, la mobilisation des jeunes en faveur des candidats de l’opposition comme celui du parti au pouvoir, était pourtant fort remarquée. Sur la base de cette expérience, Samuel est plus que déterminé à faire de la politique une option supplémentaire dans la formation de spécialiste de relations internationales qu’il poursuit. «L’engagement politique me prédispose aux relations internationales et ça compléter mon cursus. Et dans le milieu professionnel, je serai forcément en contact avec le milieu politique», confie le jeune étudiant en relations internationales.

Avec près de 40.000 étudiants, l’Université Omar Bongo traîne une réputation de foyer de contestation depuis sa création en 1970. Dans ce temple du savoir où règne depuis quelques années un calme précaire, a formé des générations idéologiques. Étudiant en faculté des lettres et sciences humaines, Orphée est un déçu de la politique. «Que je vote ou pas, de toutes les façons, celui qui sera élu président a déjà sa vision de la gestion de la cité», affirme-t-il.

Ici, une réconciliation entre la jeunesse et les personnalités politiques ne semble pas à l’ordre du jour. «Quand ces personnalités viennent au devant de la scène, elles promettent des choses. Après on se rend compte qu’elles sont là pour leurs intérêts», regrette Florida, étudiante en psychologie.

Connectée, informée et engagée grâce aux médias sociaux qui facilitent son accès à l’information, la jeunesse gabonaise dispose d’une capacité de mobilisation qui pourrait faire entendre sa voix d’une manière sans précédent lors des prochaines élections. C’est ce que notent certains analystes politiques du pays.

Par Ismael Obiang Nze (Libreville, correspondance)
Le 08/02/2025 à 09h13