«Nous avons convenu de nous orienter vers la formation, la production et l’amélioration de notre coopération dans le domaine de l’industrie de la défense», a déclaré à la télévision turque Christopher Musa, ministre de la défense du Nigeria en déplacement à Antalya, dans un message relayé par l’agence de presse turque Anadolu.
Deux cents personnels des forces spéciales nigérianes seront rapidement envoyés en Turquie pour être formés, a précisé le ministre.
Le Nigeria est en proie à de nombreux défis sécuritaires: une insurrection jihadiste depuis plus de 17 ans dans le nord-est, un conflit entre agriculteurs et éleveurs dans le centre, des violences séparatistes dans le sud-est et des gangs armés appelés «bandits» qui pillent, tuent et kidnappent dans le nord-ouest.
En outre, la détérioration de la sécurité dans le Sahel a permis à des groupes jihadistes d’étendre leurs actions dans le nord-ouest.
La multiplication des attaques de jihadistes et de bandits au cours des derniers mois a suscité l’ire des Etats-Unis qui ont mené, en coordination avec les autorités nigérianes, des frappes aériennes ciblant des jihadistes, le jour de Noël dans l’Etat de Sokoto (nord).
Depuis, le partenariat sécuritaire s’est renforcé entre le Nigeria et les Etats-Unis, ces derniers ayant envoyé deux cents soldats au Nigeria avec pour mission de former leurs homologues nigérians.
Mais Abuja cherche à diversifier ses partenaires sécuritaires.
Cet accord avec la Turquie vient couronner la visite, fin janvier, du président Bola Tinubu en Turquie - la première d’un chef d’Etat nigérian en neuf ans: «nous sommes entrés dans une ère de coopération plus étroite dans le domaine militaire», avait déclaré en février l’ambassadeur turc au Nigeria, Mehmet Poroy.
La Turquie est réputée pour ses drones armés, dont elle est le premier exportateur mondial, jugés performants et peu coûteux.
«La Turquie a considérablement amélioré sa production de matériel militaire, tandis que le Nigeria est encore en phase de développement», a déclaré M. Musa.
«Nous avons convenu de nous associer afin de coproduire certains équipements dès maintenant, car nous menons une guerre asymétrique depuis près de 17 ans. La Turquie possède plus de 40 ans d’expérience», a-t-il ajouté.
