Le président tchadien à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine

Le président tchadien Mahamat Déby Itno et le président russe Vladimir Poutine.
Le 23/01/2024 à 12h57

Le chef de la junte militaire et président de transition au Tchad, le général Mahamat Idriss Déby Itno, a quitté mardi N’Djamena pour une visite officielle en Russie «à l’invitation» de son homologue Vladimir Poutine, ont annoncé les deux pays.

Le général Déby «a quitté N’Djamena ce matin pour Moscou. Sur invitation du président (...) Vladimir Poutine. Le chef de l’Etat effectue une visite officielle dans la capitale russe», écrit mardi la présidence tchadienne sur sa page Facebook.

Le Kremlin a confirmé la visite annoncée au tout dernier moment par N’Djamena, et une rencontre prévue mercredi entre les deux hommes, qui parleront «des perspectives de développement des relations russo-tchadiennes dans différents domaines, et de sujets régionaux et internationaux d’actualité», selon un communiqué de la présidence russe.

Le Tchad, où l’armée française entretient encore un contingent, est le dernier partenaire privilégié de la France au Sahel, après le retrait contraint et forcé des militaires français du Mali en août 2022, du Burkina Faso en février 2023 et du Niger en décembre dernier. Chacun de ces trois pays s’est rapproché au même moment de la Russie, notamment sur le plan militaire.

La France était depuis 2013 et jusqu’alors, notamment avec son opération Barkhane qui a pris fin en 2022, le pilier d’une coalition militaire comprenant ces trois pays et le Tchad, en guerre contre les jihadistes notamment dans la région des trois frontières aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso.

La Russie, par l’intermédiaire notamment de mercenaires de la société privée Wagner, est également très présente et influente en Centrafrique, en Libye et au Soudan, trois pays frontaliers du Tchad.

Mahamat Déby a été proclamé chef de l’Etat par l’armée, à la tête d’une junte de 15 généraux, le 20 avril 2021 à la mort de son père, Idriss Déby Itno, tué par des rebelles en se rendant au front après avoir dirigé le Tchad d’une main de fer 30 années durant.

Le jeune général alors âgé de 37 ans, dont l’armée est considérée comme le pilier de la guerre contre les jihadistes dans la région, avait été immédiatement adoubé par la communauté internationale, Paris en tête, après avoir promis de rendre le pouvoir aux civils par des élections au terme d’une «transition» de 18 mois. 18 mois plus tard, il avait repoussé cette échéance de deux ans.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 23/01/2024 à 12h57