Ils sont accusés d’avoir conspiré «entre (eux) pour déclarer la guerre à l’État afin d’intimider le président de la République fédérale», selon le parquet, cité dans des documents déposés auprès de la Haute Cour fédérale d’Abuja.
En octobre 2025, l’armée avait annoncé que 16 officiers avaient été arrêtés pour «problèmes d’indiscipline».
A l’époque, malgré les démentis officiels, des sources au sein du gouvernement et de l’armée nigérians avaient déclaré à l’AFP que ces officiers avaient été arrêtés pour avoir fomenté un coup d’État.
En janvier, l’armée avait finalement reconnu cette tentative et annoncé qu’elle allait juger plusieurs officiers accusés d’avoir planifié le renversement du président Bola Tinubu.
Les six accusés devraient être traduits devant la Haute cour d’Abuja mercredi.
Dans l’immédiat, il n’était pas possible de savoir si cette procédure remplacera ou s’ajoutera au procès militaire.
Cette tentative de coup d’Etat avait amené le président Tinubu à procéder à un remaniement au sein de l’état-major supérieur de l’armée.
Les mis en cause sont le général de division à la retraite Mohammed Ibrahim Gana, le capitaine à la retraite Erasmus Ochegobia Victor, l’inspecteur Ahmed Ibrahim, Zekeri Umoru, Bukar Kashim Goni et Abdulkadir Sani.
Ces hommes sont aussi accusés d’avoir eu connaissance du fait que le colonel Mohammed Alhassan Ma’aji, identifié comme la tête pensante de cette tentative de coup d’Etat, «et d’autres avaient l’intention de commettre un acte de trahison», sans en avoir averti les autorités.
Il leur est en outre reproché d’avoir conspiré «entre eux pour commettre un acte de terrorisme», et d’avoir «indirectement» mais «sciemment» apporté un «soutien» au colonel Ma’aji «et à d’autres pour commettre un acte de terrorisme».
Le sort du colonel Ma’aji n’a pas été rendu public par la justice ni les autorités.
Élections en 2027
Le Nigeria a connu plusieurs coups d’État militaires au cours de son histoire et a passé une grande partie du XXe siècle sous une junte militaire après son indépendance du colonisateur britannique.
Il est passé sous un régime civil en 1999 et est depuis lors considéré comme une démocratie, malgré les nombreux maux qui rongent le pays, l’insécurité, la corruption et la pauvreté notamment.
Ce procès intervient alors que l’échéance électorale de janvier 2027 mobilise déjà les sphères politiques. Le chef de l’État briguera un second mandat.
Il devra défendre son bilan après quatre années au pouvoir et alors que le pays le plus peuplé d’Afrique fait face à une dégradation de sa situation sécuritaire.
Le Nigeria est en proie à de nombreux défis sécuritaires: une insurrection jihadiste depuis plus de 17 ans dans le nord-est, un conflit entre agriculteurs et éleveurs dans le centre, des violences séparatistes dans le sud-est et des gangs armés appelés «bandits» qui pillent, tuent et kidnappent dans le nord-ouest.
En outre, la détérioration de la sécurité dans le Sahel a permis à des groupes jihadistes d’étendre leurs actions dans le nord-ouest.
Pour sa réélection, Bola Tinubu défend son bilan économique.
A son arrivée au pouvoir, il a engagé des réformes que les économistes jugent longtemps attendues, notamment la libéralisation de la monnaie nationale et la suppression d’une coûteuse subvention sur les carburants.
Mais dans le même temps, les prix ont fortement augmenté, avec une inflation au-delà des 30% pendant l’année 2024, redescendue à près de 15% en février 2026.
La pauvreté a augmenté, touchant 63% de la population en 2025 contre 56% deux ans plus tôt.
