Créée en 2007 pour instaurer une assurance médicale universelle, la CNAMGS devait notamment protéger les «Gabonais économiquement faibles» (GEF), exemptés de cotisation. Aujourd’hui, le système est au bord de l’implosion, avec des conséquences sanitaires et sociales désastreuses.
Les assurés, contraints d’avancer intégralement le coût de leurs traitements, font face à un fardeau financier insurmontable. Anelka Mpiga, un assuré, en témoigne «le médicament que je dois prendre coûte 32.000 francs Cfa avec la CNAMGS. Sans CNAMGS, c’est 62.000 francs Cfa. C’est un médicament contre la tension artérielle que je dois avoir obligatoirement. Avant tout allait bien, mais à présent on ne comprend plus ce qui se passe».
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Cette situation n’est pas isolée. Elle se répète pour des milliers de patients atteints de maladies chroniques, obligés d’interrompre leur traitement, avec un risque accru d’hospitalisations évitables. Idène, une femme de 30 ans en début de grossesse, confirme cette réalité «la CNAMGS est coupée pour le moment. Pour un médicament que j’ai l’habitude de prendre en pharmacie à bas prix avec la CNAMGS, à ma grande surprise il est désormais élevé».
Si la majorité des usagers se heurte à un refus de prise en charge, quelques rares exceptions persistent. Claude Martine fait partie de ceux qui parviennent encore à bénéficier du système, une expérience qui contraste avec le récit dominant «j’ai pu avoir tous mes médicaments avec la CNAMGS. Au lieu de payer 12.500 j’ai payé 7.719 francs cfa. Donc, contrairement à tout ce qui se dit, la CNAMGS est encore active.» Ce témoignage, cependant, semble illustrer la disparité et l’imprévisibilité de l’accès aux soins plus qu’un retour à la normale.
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Face à cette détresse, l’urgence d’une intervention des plus hautes autorités se fait sentir.
Les patients atteints de pathologies lourdes, comme le cancer, voient leur état de santé se dégrader faute de traitements réguliers.
L’alerte des professionnels de santé
Une source anonyme du syndicat des pharmaciens du Gabon exprime son amertume: «Nous sommes tous navrés par ce qui se passe. Nous avons tout fait pour éviter cela, mais la CNAMGS n’a pas été capable de l’empêcher.»
Cette déclaration souligne l’ampleur de la défiance et la profondeur de la crise de gouvernance qui mine l’institution.
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La CNAMGS, pilier de la protection sociale pour les plus vulnérables, est à un tournant critique. La suspension de ses prestations met en danger direct des vies humaines et creuse les inégalités d’accès aux soins. Alors que des familles précaires doivent choisir entre se soigner et se nourrir, la résolution de cette crise financière et de confiance apparaît plus que jamais comme une priorité nationale de santé publique.



