Cette réalité pousse de plus en plus de femmes à se regrouper en associations solidaires, souvent appelées «Serès», afin de mieux faire face à ces charges.
Au-delà de l’aspect financier, ces regroupements créent un véritable lien social, comme en témoigne Djenabou Diakité, citoyenne guinéenne: «Les mouvements associatifs sont tendance actuellement… nous sommes devenus maintenant une famille. Si quelqu’un a une cérémonie, les associations viennent le soutenir financièrement et moralement le temps qu’il faudra».
Le fonctionnement de ces associations est bien structuré. Les membres cotisent périodiquement, ce qui permet de constituer une caisse commune qui sera mobilisée lors des événements.
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Adama Bah, leader féminine, explique: «Nous avons des versements le 20 de chaque mois. Et ça se passe bien. Aujourd’hui, avec cette cérémonie d’une de nos membres, chacun est venu avec des cadeaux».
Ainsi, lors d’un baptême ou d’un mariage, la personne initiatrice bénéficie non seulement d’un appui financier, mais aussi de dons en nature, qu’il s’agisse d’objets pour le bébé ou de présents pour le couple.
Malgré leur popularité croissante, ces mouvements ne font pas l’unanimité. Certaines critiques persistent, accusant ces regroupements d’avoir des effets négatifs sur les foyers.
Djenabou Diakité nuance toutefois ces perceptions: «Je suis membre fondatrice d’un mouvement associatif féminin. Mais il y a certains qui mélangent les pédales … pensant que ça détruit le foyer, c’est pas une bonne réputation. c’est pas nécessairement ça … ici c’est l’union qui fait la force».
En définitive, les mouvements «Serès» s’imposent progressivement comme une réponse locale et solidaire à la pression des dépenses cérémonielles, en redonnant du sens à l’entraide communautaire.
