Au cours des 30 jours que dure le ramadan, les fidèles sont appelés à réfléchir sur le sens de la compassion, de la patience et de l’humilité dans leur vie. Au Lycée Joseph Ambourouet de Libreville, les élèves de confession musulmane doivent adapter leurs pratiques religieuses aux règles de l’école laïque. La pause dans le réfectoire de l’établissement peut parfois devenir un moment difficile.
«Tu es obligée de venir à l’école. Il faut rester calme face à toute sorte de tentation ou provocation venant des élèves en classe. Dès l’enfance, nos parents nous préparent à ça», avance Barkat, une jeune musulmane de 15 ans.
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La date du début comme de la fin du ramadan change chaque année et les pratiquants doivent parfois faire face à des chaleurs importantes... sans boire la moindre goutte d’eau... C’est le cas cette année à Libreville où les températures oscillent entre 35 et 38°. Pour Yatabaré, transporteur de marchandises au marché Mont-Bouët, la météo est très éprouvante, «à partir de 9 heures, j’avoue que ça devient intenable. Malgré tout, je continue le carême tout en restant concentré sur mon boulot», explique l’opérateur économique malien.
Selon la tradition, les personnes en bonne santé doivent jeûner. Des exceptions existent pour les enfants qui n’ont pas atteint la puberté, les femmes enceintes, les malades ou encore les personnes âgées. Et dans certains cas, le jeûne peut ainsi être reporté à une période ultérieure. En outre, pour les professions pénibles, le choix est tout aussi facultatif. Ali soulève les ballots de marchandise au marché. «Le travail ne doit pas nous empêcher de faire le jeûne», selon Ali, employé d’une PME de la fripe au marché.
Dans bien de cas, il n’est pas toujours évident de lier jeûne religieux et travail quand les horaires sont contraignants ou le travail pénible. Selon les érudits de l’Islam, rien n’oblige l’employeur à aménager les horaires du salarié qui jeûne. Mais il y a des exceptions à la règle. «Lorsqu’arrive le mois de ramadan on revoit notre programme pour l’adapter au contexte. Nous avons la chance d’être des employées d’une structure islamique», a dit Mariame Diakité, directeur administratif et financier à Radio & TV Nour à Libreville. Jeûner pour le musulman n’est pas une épreuve pour la foi, mais une preuve de foi.