Politique

Tunisie: les motifs et le lieu de détention de l'homme fort d'Ennahdha restent inconnus

Le lieu de détention et les motifs exacts de l'arrestation vendredi d'un des hommes forts d'Ennahdha restaient inconnus samedi, ont dénoncé ce parti d'inspiration islamiste et un organisme public de défense des droits.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 01/01/2022 à 18h48, mis à jour le 01/01/2022 à 18h58
Noureddine Bhiri
Noureddine Bhiri, président adjoint d'Ennahdha et proche de Rached Ghannouchi, chef du parti d'inspiration islamiste et bête noire du chef de l'Etat. | DR

L'Instance nationale de prévention de la torture (INPT), une autorité indépendante, a déploré dans un communiqué s'être heurté à un silence complet des autorités au sujet de l'ex-ministre de la Justice et vice-président d'Ennahda Noureddine Bhiri.

Selon l'INPT, l'incertitude régnait aussi concernant le lieu de détention de Fathi Baldi, un ancien cadre du ministère de l'Intérieur, interpellé vendredi comme lui.

Fathi Al-Jarray, président de l'INPT qui a pour mandat d'assister les personnes privées de liberté et de leur rendre visite en détention, a dit sur Facebook avoir contacté en urgence le ministère de l'Intérieur et n'avoir reçu «aucune réponse».

«On n'a que des bouts d'information. Il y a déjà eu des mises en demeure l'été dernier de certaines personnalités placées en résidence surveillée à leur domicile. Mais là, c'est encore plus grave car on ne sait même pas où ils sont détenus», a expliqué à l'AFP Lotfi Ezzedine, l'un des responsables de l'INPT.

Selon cet avocat, ces deux personnes ne se trouvent «pas dans un lieu de détention officiel, ni chez eux, ni dans un poste de police», déplorant que le lieu reste «tenu secret».

L'avocat a aussi dénoncé «l'absence de motivations claires» pour des arrestations qu'il a qualifiées de «non constitutionnelles».

L'INPT a constitué des équipes pour collecter des informations et intervenir en faveur des deux personnes interpellées.

Bhiri et Baldi ont été assignés à résidence sur ordre du ministère de l'Intérieur, à titre «préventif» et en l'absence de poursuites judiciaires, au motif qu'ils représenteraient «un danger pour l'ordre public», a rappelé Ezzedine.

Il a souligné que nul n'avait pu leur rendre visite et qu'ils n'avaient pas pu non plus communiquer avec leurs familles ou leurs avocats.

Selon un dirigeant du parti Ennahdha, le ministre de l'Intérieur Taoufik Charfeddine a refusé samedi de recevoir des représentants du comité de défense de Noureddine Bhiri.

Selon le député d'Ennahdha Habib Khedher, l'épouse de Bhiri, Saïda Akremi, et le président de la section de Tunis de l'Ordre national des avocats ont sollicité une rencontre «dans le but d'obtenir des réponses sur le lieu où a été conduit Noureddine Bhiri et son état de santé».

Vendredi, le comité de défense de Bhiri avait qualifié son interpellation devant son domicile par des agents en civil de «kidnapping et (de) dangereux précédent qui marque l'entrée du pays dans le tunnel de la dictature».

Ennahdha est au coeur d'un bras de fer avec le président Kais Saied depuis son coup de force du 25 juillet et sa décision de suspendre le Parlement que ce parti contrôlait depuis une dizaine d'années.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 01/01/2022 à 18h48, mis à jour le 01/01/2022 à 18h58

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