Economie

Algérie: à cause de la bureaucratie, TotalEnergies se retire d'un mégaprojet

La major française TotalEnergies s'est retirée d'un mégaprojet pétrochimique dans l'ouest de l'Algérie alors qu'elle était engagée depuis cinq ans, a-t-on appris lundi.

Par Mohamed Koné
Le 22/08/2022 à 17h42
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Alors qu'il était engagé depuis cinq ans, le groupe TotalEnergies a décidé brutalement de se retirer du projet de construction d’un complexe pétrochimique à Arzew, près d’Oran, a révélé lundi Africa Intelligence. Le média français spécialisé dans l'information stratégique sur l'Afrique cite trois raisons principales ayant motivé la décision de la major française: «le manque de rentabilité d'Arzew, l'attrait pour le Golfe et la lenteur du gouvernement d’Alger».

Après l’annonce d’un partenariat global en 2017, TotalEnergies avait signé en mai de l’année suivante un accord avec l’entreprise étatique algérienne Sonatrach en vue de lancer les études d’ingénierie pour un projet pétrochimique à Arzew. Ce projet, qui représentait un investissement d’environ 1,4 milliard de dollars pour les deux partenaires (51% pour Sonatrach et 49% pour TotalEnergies), comprenait une usine de déshydrogénation de propane (PDH) et une unité de production de polypropylène (PP) d’une capacité de 550.000 tonnes par an.

Mais alors que le projet semblait être sur de bons rails, voilà que TotalEnergies a annoncé son retrait «courant juillet par l’intermédiaire d’un courrier» à Sonatrach dans lequel elle a justifié sa décision «en mettant en avant le manque de rentabilité de l’usine», indique Africa Intelligence, soulignant que les multiples études de faisabilité avaient pourtant été réalisées, le pacte d’actionnaires signé, le design technique arrêté en «février 2022», ainsi que le financement qui était «en bonne voie».

Cette révélation intervient à quelques jours de la visite d’Emmanuel Macron en Algérie. Le président français est en effet attendu jeudi 25 août dans le pays maghrébin pour une visite officielle. Un séjour qui vise à relancer les relations bilatérales, pas au beau fixe, entre les deux pays.

Par Mohamed Koné
Le 22/08/2022 à 17h42