Algérie: 22 candidats à la présidentielle du 12 décembre, mais plusieurs absents

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Le 27/10/2019 à 09h39, mis à jour le 28/10/2019 à 17h10

Au total, 22 Algériens ont déposé leur dossier de candidature auprès de l'Autorité nationale indépendante électorale (ANIE). Parmi eux, figurent d'anciens ministres de Bouteflika. Mais cette élection comptera surtout de grands absents.

C'est hier samedi à 23h59 qu'expirait le délai de dépôt des candidature pour la présidentielle du 12 décembre. La majorité a attendu la toute dernière minute pour se rendre auprès de l'ANIE. 

Mais d'abord, les absents. Le Front de libération nationale (FLN) qui a toujours dirigé le pays depuis l'indépendance ne présente pas de candidat contrairement à son allié, le Rassemblement national démocratique (RND). Les partis islamistes également ont presque tous décidé de boycotter un scrutin qu'ils savent couru d'avance et qui ne répond pas aux aspirations du peuple algérien. Louisa Hanoune du Parti du travail (PT), actuellement en prison, sera également absence, alors qu'elle s'était présentée à deux reprises contre Bouteflika;

Parmi les 22 personnes qui briguent la magistrature suprême, on compte sans surprise, des caciques du régime qui veulent donner du crédit à un scrutin rejeté d'emblée par les millions de manifestants. 

En effet, on compte d'anciens ministres de Bouteflika, mais surtout deux anciens premiers ministres qui sont des symboles du système. 

Ali Benflis, ancien chef de gouvernement et deux fois candidats lors des derniers scrutins face à Abdelaziz Bouteflika, a bel et bien répondu à l'appel d'Ahmed Gaïd Salah en venant déposer sa candidature. Il était accompagné de tout son staff, se créant ainsi une ambiance de campagne. 

Il était également candidat pour la présidentielle programmée le 18 avril, puis annulée.

Âgé de 75 ans, Ali Benflis se présente depuis 15 ans comme le principal opposant du président déchu, dont il fut pourtant très proche. Directeur de la 1re campagne présidentielle de Bouteflika en 1999, celui-ci le nomma, une fois élu, directeur de cabinet à la présidence puis chef du gouvernement en 2000. Limogé en 2003, M. Benflis se présenta contre Bouteflika l'année suivante puis en 2014. Il arrive à chaque fois 2e, très loin derrière le chef de l'Etat, réélu avec plus de 80% des voix. 

A côté de Benflis, il y a un autre cacique, en la personne de Abdelmajid Tebboune, éphémère Premier ministre de Abdelaziz Bouteflika, en 2017. Il avait été remercié notamment après des désaccords avec Saïd Bouteflika, le frère alors tout puissant du président. 

Haut fonctionnaire dans les années 1970, puis plusieurs fois wali (préfet) dans les années 1980, Tebboune, 73 ans a occupé ses premières fonctions ministérielles au début des années 1990. M. Bouteflika le nomme ministre de la Communication à son arrivée au pouvoir en 1999, puis lui confie d'autres portefeuilles jusqu'en 2002. Il l'avait rappelé au gouvernement en 2012, avant de lui en confier la tête en mai 2017. Tebboune avait été limogé au bout de trois mois et remplacé par Ahmed Ouyahia, sur fond de lutte de clans dans l'entourage de Bouteflika, après avoir engagé un bras de fer avec des hommes d'affaires proches de Saïd Bouteflika, tout-puissant frère du président.

L’ancien ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, candidat du Rassembelement national démocratque, qui fait partie des anciens ministres devenus des béni-oui-oui à la solde de Ahmed GaÏd Salah est également candidat, tout comme Abdelkader Bengrina, qui a été ministre du Tourisme.

Parmi les autres candidats, figurent des responsables de petits partis qui ont toujours prospéré à l'ombre du pouvoir. C'est le cas de Ali Zeghdoud, président du Rassemblement algérien (RA), une formation plutôt confidentielle. 

Il y a également un présentateur de télévision, mais aussi un vétérinaire ou un président d'une association de défense des droits de l'enfance et deux inconnus du grand public, à savoir Abderrezak Habirat et Djamal Abbas. Ce dernier n'étant pas à confondre avec son homonyme, Djamed Ould Abbes, actuellement en prison. 

L'ANIE dipose de 7 jours pour la validation des candidatures. Mais, il ne devrait pas y avoir de surprise majeure. 

Par Mar Bassine Ndiaye
Le 27/10/2019 à 09h39, mis à jour le 28/10/2019 à 17h10