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Algérie. Covid-19: la presse évoque 350 morts par semaine et dénonce un mensonge d'État sur les chiffres

Mise à jour le 02/07/2021 à 16h38 Publié le 02/07/2021 à 16h18 Par Djamel Boutebour

#Société
covid-19 variant indien
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#Algérie : A cause de la recrudescence de la pandémie, plus de 50 personnes meurent chaque jour du Covid-19 en Algérie. La presse, qui est formelle sur ces chiffres, dénonce la manipulation des statistiques officielles par les autorités sanitaires qui continuent de mentir sur la triste réalité.


Chaque jour, depuis plus d'une semaine, ce sont plus de 50 personnes à travers l'Algérie qui rendent l'âme après avoir contracté le Covid-19. Une réalité que ne montrent pas les statistiques officielles qui font à peine état de quelques décès quotidiens dus à cette maladie. C'est ce que dénonce le site d'information Algérie Part dans un article consacré au Covid-19 et au titre évocateur : "Le nombre des morts a dépassé la barre des 50 personnes par jour: le retour du mensonge d’Etat face à la réalité amère en Algérie".

Mensonge d'après "les sources hospitalières"


Le média électronique affirme s'être appuyé sur les données fournies par "plusieurs sources hospitalières" pour dire que les patients ayant contracté une forme grave de la maladie sont nettement plus nombreux que ne veut bien l'admettre le ministère de la Santé. Ce vendredi 2 juillet 2021, "l’Algérie a clôturé une triste semaine qui a été caractérisée par un bilan quotidien ayant dépassé les 50 décès".


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Dans les hôpitaux du pays, les médecins sont débordés et les services de réanimation saturés depuis la dernière semaine de juin. A Alger, plus qu'ailleurs à cause de la démographie et de la situation épidémiologique, "cette  saturation est plus que palpable et de nombreuses familles cherchent désespérément une place pour leur proche gravement atteint de l’infection à la Covid-19", révèle la même source.

Mourir dans l'indifférence


Pire, beaucoup de patients sont purement et simplement renvoyés chez eux, faute de place disponible, ce qui les condamne à une mort certaine, loin des relevés statistiques du ministère de la Santé. Seuls les plus chanceux seront rappelés par le corps médical quand se libère l'un des rares lits à la suite d'un rétablissement ou d'un nouveau décès.

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Si la situation est très grave à Alger, elle n'en reste pas moins préoccupante dans "les wilayas de Tizi-Ouzou, d'Oran, de Blida ou M'Sila", selon plusieurs sources hospitalières contactées par Algérie Part. 

Ainsi les médecins mettent en doute le dernier bilan quotidien du ministère de la Santé qui parle de 10 décès seulement et de 449 nouvelles contaminations pour 291 guérisons. Le corps médical estime que les contaminations seraient, au bas mot, de l'ordre de 2.000 nouveaux cas quotidiens, soit près de cinq fois plus que ce qui est annoncé.

Toujours pas suffisamment de tests RT-PCR


En réalité, les autorités algériennes, comme c'est le cas depuis le début de la pandémie, ne font pas suffisamment de tests RT-PCR, par conséquent, beaucoup de cas positifs passent entre les mailles du filet, échappent aux statistiques, quand ils ne meurent pas discrètement sur leur lit.

De même, les examens au "scanner thoracique" permettent de déceler des infections au Covid-19, mais non seulement le ministère algérien de la Santé n'en tient pas compte, mais souvent les patients auront déjà contaminé des dizaines de personnes et leur prise en charge médicale demeure des plus problématiques, à cause du caractère tardif du diagnostic.

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"Et pourtant, l’évolution des cas probables de Covid-19 en Algérie est tout simplement dramatique. Preuve en est, depuis la semaine du 15 au 21 mai, le nombre hebdomadaire des nouveaux cas confirmés ne cessent d’augmenter, il passe de 1.375 cas entre le 15 et le 21 mai à 2.553 cas entre le 19 et le 25 juin", souligne Algérie Part citant "le très sérieux et «officiel» Institut national de la santé publique (INSP)", qui édite un bulletin hebdomadaire.

Le problème des cas probables de Covid-19 est devenu très sérieux, puisqu'ils étaient de 174.603 au 25 juin dernier, dépassant de loin les cas confirmés qui n'était que de 137.772 à la même date.

Le 02/07/2021 Par Djamel Boutebour