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Guinée équatoriale: six militaires français, accusés d'avoir voulu déstabiliser le régime, retenus à Bata

Publié le 30/07/2021 à 16h18 Par Le360 Afrique - Afp

#Politique
Guinée équatoriale: six militaires français accusés d'avoir voulu déstabiliser lé régime retenus à Bata

Un pilote devant un hélicoptère Fennec de l'armée de l'air française, le 14 juillet 2017.

© Copyright : Jean-Sébastien Evrard, AFP

#Autres pays : Six militaires français étaient retenus jeudi 29 juillet 2021, à l'aéroport de Bata, la capitale économique de Guinée équatoriale, où ils avaient posé leur hélicoptère pour se ravitailler en carburant, a indiqué l'armée française. Mais les autorités de ce pays d'Afrique centrale disent autre chose.


Dans un contexte où les justices française et anglaise ont condamné Teodorin Obiang Mangue, le fils du président Obiang Nguema, l'atterrissage d'un hélicoptère de l'armée françaises fait grincer des dents à Bata. Selon le gouvernement équato-guinéen, qui refuse de les laisser repartir, ces éléments de l'armée française voulaient déstabiliser le régime. Ce que dément l'armée française.

"Ils se sont posés mercredi à 14h15 (13h15 GMT) parce qu'ils n'avaient plus de pétrole. A ce moment a commencé une séquence de tracasseries administratives", a affirmé  le colonel Pascal Ianni, porte-parole de l'état-major des armées françaises, ajoutant qu'ils étaient toujours en attente d'une autorisation de redécoller.

"On est dans une phase de négociation" avec les autorités locales, a-t-il poursuivi. "On se retrouve face à un incident tel qu'on en a déjà connu. Ils retiennent l'hélicoptère et l'équipage", a-t-il également précisé.

Cet incident coïncide avec une décision mercredi 28 juillet de la justice française condamnant définitivement, dans un volet de l'affaire des "biens mal acquis", le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, surnommé Teodorin, 52 ans, fils du président Teodoro Obiang Nguema, qui dirige d'une main de fer, depuis 42 ans, ce pays d'Afrique centrale.

Selon le ministère de l'Aviation civile, cité par l'agence officielle, "cet hélicoptère n'avait pas de permis ni d'autorisation pour survoler l'espace aérien équato-guinéen et bien moins pour atterrir à l'aéroport de Bata". Le ministère a dénoncé une "violation grave des normes internationales de l'aéronautique, une provocation directe et une attaque contre la sécurité nationale".

La radio d'Etat équato-guinéenne TVGE avait affirmé mercredi soir que cet hélicoptère avait atterri sans autorisation. Les militaires français ont été ensuite entendus au commissariat central de Bata, a-t-elle ajouté.

"Les autorités nationales n'excluent pas que cet incident militaire soit une opération d'espionnage et de provocation de Paris", selon la TVGE.

"Il n'y a pas d'affaire d'espionnage", a assuré de son côté le colonel Ianni. "On a toutes les autorisations nécessaires", a de son côté affirmé un responsable militaire français sous couvert d'anonymat.

"On s'arrête régulièrement à Bata, mais on a aussi régulièrement des problèmes de coordination avec l'aéroport de Bata. La tour de contrôle ne donne pas d'autorisation d'atterrir par excès de zèle", a-t-il ajouté.

L'hélicoptère bloqué, de type Fennec, non armé, effectuait une liaison logistique entre Douala, capitale économique du Cameroun, et Libreville, capitale du Gabon, qui abrite la base militaire des éléments français dans ce pays.

Mercredi, la justice française a rejeté le pourvoi en cassation de Teodorin Obiang, rendant définitive sa condamnation pour s'être constitué frauduleusement un patrimoine luxueux.

Il avait été condamné par la cour d'appel de Paris en février 2020 à trois ans de prison avec sursis, 30 millions d'euros d'amende et la confiscation de tous ses biens saisis pour "blanchiment d'abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics et d'abus de confiance" entre 1997 et 2011.

Lundi, la Guinée équatoriale avait annoncé la fermeture de son ambassade à Londres après des sanctions, considérées par Malabo comme "illégales", imposées pour des faits de corruption par le Royaume-Uni contre M. Obiang.
Le 30/07/2021 Par Le360 Afrique - Afp