Après une période d’expérimentation menée depuis le 20 août 2025, qui a permis, selon les autorités américaines, de vérifier la faisabilité du dispositif et son efficacité pour réduire les dépassements de séjour parmi les voyageurs concernés, le dispositif américain de caution de visa est devenu une règle définitive. Le Département d’État américain a annoncé la pérennisation du «Visa Bond Program», un mécanisme qui permet aux agents consulaires américains d’exiger le versement d’une caution avant de délivrer des visas d’affaires ou de tourisme. Cette mesure est entrée en vigueur dès sa publication au Federal Register, intervenue le 3 août 2026, et concerne tous les pays sélectionnés par le Département d’État américain.
Selon le Département d’État américain, la phase expérimentale a été un succès. Durant celle-ci, plus de 20.000 demandeurs de visas ont été concernés par la réforme. Environ la moitié d’entre eux ont renoncé au paiement de la caution et donc au visa américain. Conséquence: dans les pays ciblés par les cautions, les délivrances de visas ont chuté de près de 83%. Un résultat qui a encouragé les autorités américaines, qui ont fait de la lutte contre l’immigration une priorité.
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Concrètement, la nouvelle réglementation prévoit trois niveaux de caution en fonction de la situation du demandeur de visa: 10.000, 15.000 et 20.000 dollars. Lors de la période d’expérimentation, les montants des cautions étaient fixés à 5.000, 10.000 et 15.000 dollars. Ainsi, le montant maximal de la caution passe désormais de 15.000 à 20.000 dollars.
Si le montant devant être normalement retenu par les agents consulaires est de 15.000 dollars, celui-ci peut être ramené à 10.000 dollars ou porté à 20.000 dollars, selon l’appréciation faite par l’agent consulaire des garanties financières offertes par le demandeur de visa. Son évaluation du dossier se basera sur un certain nombre de facteurs: motif du voyage, emploi du demandeur, revenus, compétences, niveau d’études, nature du lien du demandeur avec les États-Unis…
Selon le Département d’État américain, le montant de la caution pourra être réévalué à partir du 1er octobre 2027, en fonction de l’inflation.
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En plus de l’augmentation de 5.000 dollars du montant de la caution, les autorités américaines ont aussi fortement augmenté le nombre de pays dont les ressortissants sont soumis au paiement d’une caution. La nouvelle liste compte 50 pays, dont 30 africains.
Les 30 pays dont les ressortissants sont soumis au paiement de la caution: Algérie, Angola, Bénin, Botswana, Burundi, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Djibouti, Éthiopie, Gabon, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Lesotho, Malawi, Maurice, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Nigeria, Ouganda, République centrafricaine, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Seychelles, Tanzanie, Togo, Tunisie, Zambie et Zimbabwe.
D’après le Département d’État, ces pays ont été sélectionnés en raison de nombreux facteurs: taux de dépassement de séjour, insuffisances en matière de partage d’informations avec les États-Unis, procédures de contrôle d’identité et d’accès aux antécédents judiciaires des demandeurs de visas jugées défaillantes, ainsi que sécurité des documents de voyage ne répondant pas aux normes requises. Ainsi, plus de la moitié des visiteurs en provenance des pays figurant sur la liste de ceux dont les ressortissants sont soumis au paiement d’une caution auraient dépassé leur durée de séjour autorisée en 2024, selon l’autorité américaine.
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Il faut tout de même souligner que le paiement de la caution ne donne aucun droit automatique au visa américain. Logiquement, le montant de la caution est restitué au voyageur ayant bénéficié d’un visa d’entrée aux États-Unis s’il respecte les conditions de séjour et quitte les États-Unis dans les délais requis, via un aéroport, ou s’il est déclaré inadmissible à son arrivée aux États-Unis et que l’US Customs and Border Protection annule son visa. Toutefois, en cas de dépassement de la durée de séjour et/ou de violation substantielle des conditions attachées au visa et à la caution, la totalité de la caution peut être conservée.
Les 30 pays africains dont les ressortissants doivent payer des cautions pour obtenir le visa US
| Régions (Afrique) | Pays concernés |
|---|---|
| Afrique du Nord | Algérie, Mauritanie et Tunisie |
| Afrique de l’Ouest | Bénin, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Nigeria, Sénégal et Togo |
| Afrique Australe | Angola, Botswana, Lesotho, Malawi, Mozambique, Namibie, Zambie et Zimbabwe |
| Afrique de l’Est | Djibouti, Éthiopie, Maurice, Ouganda, Seychelles et Tanzanie |
| Afrique Centrale | Burundi, Gabon, République centrafricaine et Sao Tomé-et-Principe |
Source: Département d’État américain
Il faut aussi souligner qu’en plus des ressortissants des 30 pays désormais concernés par le paiement de la caution, certains sont purement et simplement interdits de visas pour les États-Unis. Il s’agit des ressortissants du Mali, du Burkina Faso, de la Libye, de la Somalie, du Niger, du Soudan du Sud, de la Sierra Leone, du Soudan, du Tchad et de l’Érythrée.
Enfin, il convient de rappeler que l’augmentation de la caution vient s’ajouter au désagrément occasionné, pour de nombreux ressortissants africains, par la fermeture des services de visas dans 25 postes consulaires situés dans 25 pays et leur remplacement par des hubs régionaux de délivrance de visas. Une situation qui oblige les ressortissants de ces pays à se déplacer vers les pays hubs pour accomplir les formalités de visa.




