Voici les 20 hubs d’Afrique où seront désormais délivrés les visas pour les États-Unis

Le 28/07/2026 à 15h56

À partir du 1er août 2026, la délivrance de visas pour les États-Unis cessera dans plus de 25 ambassades et consulats au profit de 20 «pôles régionaux» implantés dans 19 pays d’Afrique subsaharienne. C’est le résultat de l’importante restructuration opérée par le Département d’État américain, avec des conséquences importantes pour les demandeurs de visa africains.

Le Département d’État américain est passé à l’acte dans sa démarche visant à réduire de manière drastique le nombre d’ambassades et de consulats américains habilités à traiter les demandes de visas pour les États-Unis dans le monde. Une opération qui entre dans le cadre d’une restructuration radicale initiée par l’administration Trump et qui devrait se traduire par la fermeture de près de 30 ambassades et consulats à travers le monde, soit la plus importante réduction de la présence diplomatique américaine de l’histoire récente.

Et c’est bien évidemment le continent africain, notamment l’Afrique subsaharienne, qui est le plus affecté par cette restructuration. Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et l’Égypte ne sont pas concernés par cette restructuration.

Celle-ci s’est traduite par le fait que les services des visas cessent dans 25 postes consulaires situés dans 25 pays du continent. Ceux-ci cesseront, à compter du 1er août 2026, de traiter les demandes de visas d’immigrant et de non-immigrant. «Les demandeurs ayant déjà un rendez-vous pour un visa dans les postes concernés sont invités à surveiller leur messagerie électronique pour recevoir les instructions spécifiques au pays émanant du Département d’État concernant le transfert de rendez-vous, les procédures de report ou toute autre consigne relative à leur dossier», explique le Département d’État américain, qui ajoute que «les demandeurs ayant déjà réglé les frais de visa lisible par machine (MRV) auprès d’un poste consulaire en phase de transition vers une offre de services de visa restreinte doivent prendre rendez-vous avant le 31 juillet 2026».

Ainsi, d’une cinquantaine d’ambassades et de consulats américains traitant les demandes de visa en Afrique subsaharienne, le Département d’État a décidé de regrouper les ambassades et consulats de traitement courant des demandes de visas d’immigrant et de non-immigrant en Afrique subsaharienne au sein de 20 pôles régionaux situés dans 19 pays, avec 2 centres en Afrique du Sud (Cape Town et Johannesburg).

Villes (Pays) où les services courants de visas cessent à partir du 1er août 2026Villes (pays) devenant des pôles régionaux de traitement de visas à partir du 1er août 2026
Antananarivo (Madagascar), Abuja (Nigeria), Asmara (Érythrée), Bamako (Mali), Banjul (Gambie), Brazzaville (Congo), Bujumbura (Burundi), Conakry (Guinée), Cotonou (Bénin), Durban (Afrique du Sud), Freetown (Sierra Leone), Gaborone (Botswana), Harare (Zimbabwe), Juba (Soudan du Sud), Libreville (Gabon), Lilongwe (Malawi), Lusaka (Zambie), Maputo (Mozambique), Maseru (Lesotho), Mbabane (eSwatini), N’Djamena (Tchad), Niamey (Niger), Nouakchott (Mauritanie), Ouagadougou (Burkina Faso) et Windhoek (Namibie). Abidjan (Côte d’Ivoire), Accra (Ghana), Addis-Abeba (Éthiopie), Le Cap et Johannesburg (Afrique du Sud), Dakar (Sénégal), Dar es Salam (Tanzanie), Djibouti (Djibouti), Kampala (Ouganda), Kigali (Rwanda), Kinshasa (RD Congo), Lagos (Nigeria), Lomé (Togo), Luanda (Angola), Malabo (Guinée équatoriale), Monrovia (Liberia), Nairobi (Kenya), Port-Louis (Maurice), Praia (Cap-Vert) et Yaoundé (Cameroun).

Hubs régionaux et contraintes

Et chaque hub traite des demandes de visa émanant d’un ou plusieurs pays, selon la répartition faite par le Département d’État américain. À titre d’exemple, le hub de Dakar (Sénégal) traite les demandes de visa émanant de la Mauritanie, du Mali, du Burkina Faso, de la Guinée-Bissau, de la Gambie et de la Guinée.

L’Afrique australe est la région la plus touchée par cette restructuration, avec seulement 3 hubs, dont deux situés en Afrique du Sud, au Cap et à Johannesburg, et un à Luanda, en Angola. À l’opposé, les pays d’Afrique de l’Est et de l’Ouest sont mieux lotis. Pour les 16 pays de l’Afrique de l’Ouest, Mauritanie comprise, 7 centres régionaux seront en charge du traitement et de la délivrance des visas: Abidjan (Côte d’Ivoire), Accra (Ghana), Dakar (Sénégal), Lagos (Nigeria), Lomé (Togo), Monrovia (Liberia) et Praia (Cap-Vert).

Conséquence: les ressortissants des pays où les centres de traitement des visas seront fermés devront se déplacer vers les pays hubs désignés pour obtenir le visa américain. Cela entraîne des désagréments et des coûts financiers et logistiques importants pour les demandeurs de visa obligés de se déplacer afin de faire enregistrer leurs données biométriques et de passer leurs entretiens, qu’il s’agisse d’un visa de tourisme, d’études ou de migration.

Cette situation va se traduire par des désagréments importants pour les demandeurs de visa. En effet, outre les coûts financiers liés au transport et à l’hébergement, il faut parfois se munir d’un visa pour accéder au territoire du pays hub.

Ainsi, à travers ces hubs, l’administration Trump essaie de décourager les demandeurs de visa qui sont obligés de se déplacer d’un pays à un autre pour effectuer les démarches en vue de l’obtention hypothétique d’un visa.

Ces contraintes viennent ainsi s’ajouter aux interdictions de voyager imposées aux ressortissants de certains pays africains et à l’obligation faite à d’autres de déposer une caution pouvant atteindre 15.000 dollars pour obtenir le visa américain. Une caution qui est remboursée au bénéficiaire du visa à son retour dans son pays d’origine s’il respecte la durée de séjour indiquée.

Ainsi, cette restructuration entraîne une refonte complète de la carte consulaire américaine au niveau du continent, avec la fermeture de nombreux consulats américains. Cette décision vise deux objectifs. D’abord, réduire les budgets de fonctionnement des institutions américaines à travers une baisse des effectifs diplomatiques américains à l’étranger. Ensuite, elle s’inscrit dans la continuité du durcissement migratoire imposé par le président Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche. L’objectif est de réduire l’immigration illégale et de lutter contre le dépassement de la durée des visas temporaires.

Enfin, selon le Département d’État américain, «cette réorganisation n’entraîne la fermeture d’aucune ambassade ni d’aucun consulat. Les postes concernés resteront opérationnels et continueront de fournir des services consulaires limités ou spécifiques». Plus clairement, ceux-ci verront leurs prérogatives consulaires réduites à l’assistance aux citoyens américains et au traitement des dossiers d’exception touchant à l’intérêt national ou aux visas diplomatiques.

Par Moussa Diop
Le 28/07/2026 à 15h56