Au Togo, une pierre sacrée au cœur de la vie du peuple Guin

Le peuple Guin, du sud du Togo, a célébré le 4 septembre 2026, la 363ᵉ édition de la traditionnelle cérémonie de la pierre sacrée, à Avé-Gbatso. Ph.DR

Le 04/09/2026 à 13h07

Sur les eaux du lac Togo, une pirogue avance lentement. À son bord, le tam-tam mystique Aklima est conduit vers une forêt sacrée où il va résonner pour donner le signal d’une étape majeure : la sortie de la 363e pierre sacrée.

Chaque année, les Guins d’Aného, deuxième ville du Togo située à 50 km à l’est de Lomé, la capitale, attendent avec attention la sortie de cette pierre dont la couleur, différente d’une année à l’autre, est interprétée comme un signe de ce que réservent les 12 mois à venir.

Les Guins sont un peuple de pêcheurs du sud du Togo, venus de l’actuel Ghana voisin vers le XVIIe siècle.

«La pierre peut prendre plusieurs couleurs: blanche, symbole de paix et de prospérité, bleu ciel, signe d’une abondance des cultures vivrières, ou rouge, annonciatrice d’une année de famine, de guerre et d’accidents. Elle peut être aussi multicolore, signe de maladies ou d’une grande épidémie », explique Wlomo Nomo Combietey VIII Nii Labité, garant de la forêt sacrée.

Une tradition instaurée en 1663

Cette tradition, instaurée en 1663 par les premiers habitants de cette ville, venus du Ghana voisin, marque le début de la nouvelle année chez les Guins.

Encore cette année, plusieurs centaines de personnes, pour la plupart des prêtres et prêtresses vaudou, se sont retrouvées sur la place de Glidji-Kpodji pour assister à la sortie de la pierre sacrée, appelée «Ekpessosso».

Vêtus de pagnes blancs et parés de plusieurs colliers de perles, les adeptes du vaudou ont chanté et dansé pendant des heures, certains jusqu’à la transe.

C’est dans cette ambiance, au milieu d’une foule en effervescence, que jeudi un groupe d’initiés de la forêt sacrée a soudain fait irruption avec la pierre. Cette année, elle est de couleur blanche.

Malheur aux mauvais esprits

De forme ovale, la pierre est tenue dans les mains d’un prêtre vaudou, encadré par une foule qui scande «Hélu-lo, hélu-lo» («Malheur aux mauvais esprits», en langue mina).

«La pierre, de couleur blanche, annonce une année de pureté, de paix et de prospérité», lance en mina le prêtre vaudou messager depuis une petite tribune.

«Les divinités ont écouté nos prières », affirme, soulagée, Pierrette Ahouéfa, une prêtresse parée de perles multicolores.

«Les rituels ont démarré début juin dans tous les couvents et la forêt sacrée. Toutes les étapes sont respectées à la lettre», explique Jeanne Sika, une autre prêtresse vaudou.

Par Le360 (avec AFP)
Le 04/09/2026 à 13h07