Au Burkina Faso, la souveraineté énergétique se concrétise avec la mise en service de plusieurs centrales thermiques d’urgence. Entre juillet et août 2026, des ouvrages ont été inaugurés à Pabré, avec une capacité de 50 mégawatts, à Bobo-Dioulasso, à travers la centrale Bobo II de 26,4 mégawatts, et à Koudougou avec 25 mégawatts supplémentaires. Des investissements accueillis favorablement par de nombreux Burkinabè.
Lire aussi : Burkina Faso: une entreprise émiratie va construire une centrale thermique
Pour Bertrand Kaboré, citoyen, cette politique énergétique arrive à point nommé. Selon lui, ces nouvelles capacités de production devraient contribuer à améliorer durablement l’approvisionnement en électricité et à soulager les populations.
«Au Burkina, nous savons quelles sont nos difficultés en matière d’énergie. Je pense que c’est un réel besoin de la population que le gouvernement a pris à bras le corps. Cela va beaucoup aider et nous en voulons encore plus», estime-t-il.
Même enthousiasme chez Youssouf, qui se réjouit de voir ces réalisations se concrétiser, malgré le contexte de reconquête des territoires du Burkina Faso et de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
«C’est un sentiment de joie et de fierté de voir ce que nos autorités arrivent à faire. Inaugurer plusieurs centrales thermiques en un court laps de temps pendant que nous sommes en pleine reconquête du territoire de l’AES est un acte à saluer à sa juste valeur».
Lire aussi : Le Burkina Faso rompt ses relations diplomatiques avec la France
Pour beaucoup de Burkinabè, si cette dynamique se poursuit jusqu’à la prochaine canicule attendue entre mars et mai 2027, le pays pourrait être mieux armé pour faire face aux délestages.
«Si on arrive à mettre des centrales en place comme c’est le cas présentement, c’est sûr que les ménages et les ateliers vont en profiter», se convainc M. Kaboré.
«C’est une fierté pour nous, parce qu’avant, quand le courant se coupait, ça prenait plus de temps à se rétablir. Maintenant quand ça se coupe, c’est rétabli en maximum 5-10 minutes et nous continuons sereinement nos occupations», réalise Youssouf.
Pour mesurer l’importance de ces nouvelles infrastructures, il faut se remémorer les déclarations du directeur général de la Société Nationale d’Electricité du 3 avril 2024. Souleymane Ouédraogo avait alors reconnu le grand écart entre la consommation et la puissance installée.
«Il faut retenir qu’il y a un déficit important en matière d’investissement dans le secteur. Entre 2011 et 2024, la puissance additionnelle demandée par les clients de la Sonabel est estimée à environ 500 mégawatts. Sur cette même durée, les investissements qui ont été réalisés pour accroître la puissance ont permis de mobiliser 222 mégawatts. Nous avons donc un énorme écart entre les attentes, les besoins de l’économie burkinabè et ce qui a pu être réalisé en termes d’investissement» avait-il reconnu.
Lire aussi : Burkina Faso. «Sur la route, personne n’aimerait se faire prendre»: attention, les caméras désormais à l’affût!
Ainsi, ces infrastructures nouvellement mises en services s’inscrivent ainsi dans la volonté des autorités burkinabè de renforcer l’indépendance énergétique du pays, tout en consolidant les capacités de production. Une dynamique qui, au-delà du Burkina Faso, illustre les enjeux de souveraineté énergétique au cœur des priorités de nombreux États africains et de l’espace AES.
