Dans les quartiers populaires comme dans les zones résidentielles, les témoignages se rejoignent. Des candidats à la location affirment être confrontés à des propriétaires ou intermédiaires qui réclameraient plusieurs mois de loyer à l’avance, bien au-delà des dispositions légales. Pour une famille disposant de revenus modestes, réunir une telle somme devient quasiment impossible.
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«On nous demande parfois plusieurs mois de caution et d’avance. J’habite Agbayaté et d’entrée on m’a demandé cinq mois d’avance, deux mois de caution et 25.000 FCFA pour dossier. C’est trop ! On souffre déjà avec la vie qui est chère. Même lorsque tu trouves une maison à un prix un peu acceptable, les conditions d’entrée sont difficiles», témoigne Guéhi Chantale, mère de famille habitant à Yopougon. Une voracité qui, selon plusieurs locataires, les contraint à s’endetter, solliciter leurs proches ou renoncer à certains logements pourtant adaptés à leurs besoins.
« On nous parle de 70.000 FCFA pour un studio et 140.000 FCFA pour un deux pièces. Pis, d’autres augment le loyer toutes les deux années. Est-ce c’est normal ?», s’indigne Zamblé-Bi-Zamblé, couturier.
Sur le terrain, le constat semble ainsi éloigné du discours officiel. Les autorités ivoiriennes rappellent régulièrement que la réglementation fixe à deux mois de caution et deux mois d’avance les sommes pouvant être exigées par les propriétaires. Elles assurent que ces dispositions sont respectées et que le cadre réglementaire protège les locataires.
«Le gouvernement a pris des décisions pour encadrer la question des loyers. Aujourd’hui, on sait très bien qu’un propriétaire ne peut pas fixer comme il le veut le nombre de mois d’avance et de caution», a déclaré le porte-parole du gouvernement.
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Mais dans les faits, de nombreux occupants et demandeurs de logements disent vivre une autre réalité, rien n’est respectée. Pour eux, le problème ne réside plus seulement dans le niveau des loyers de plus en plus chers, mais également dans l’écart entre les mesures annoncées et leur application effective. Certains dénoncent un manque de contrôles et réclament une présence plus importante des services compétents sur le terrain.
«Souvent qu’on nous prenne un peu au sérieux… Ceux qui affirment que les deux mois d’avance et deux mois de caution sont respectés ne vivent pas avec nous dans nos quartiers. Ce qui est écrit sur papier et ce qui est pratiqué sur le terrain sont très différent. Donc que le gouvernement mette en place une brigade de contrôle pour vérifier la conformité de ce qui est demandé», lance Ange Pacôme, un locataire visiblement remonté.
Face à cette situation, la colère monte. «Nous voulons des contrôles dans les quartiers. Il faut vérifier les contrats et sanctionner ceux qui ne respectent pas la loi », réclame la mère de famille. Pour d’autres habitants, les autorités doivent davantage écouter les difficultés quotidiennes des populations confrontées à la cherté de la vie.
La pression est d’autant plus forte que le logement absorbe une part importante des revenus des ménages. À cela s’ajoutent les dépenses liées au transport, à l’alimentation, à l’électricité et à la scolarité. Pour les travailleurs aux revenus modestes, chaque hausse supplémentaire devient difficilement supportable.
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Au-delà des déclarations, les populations attendent donc désormais des actions concrètes : multiplication des contrôles, meilleure information des locataires, surveillance des pratiques des bailleurs et application effective des sanctions prévues par la réglementation.
À Abidjan, c’est le ras-le-bol des locataires qui ne demandent pas seulement des lois, mais leur application sur le terrain. Pour beaucoup, l’accès à un logement décent ne devrait pas devenir un privilège réservé à ceux qui disposent de moyens financiers importants.
