Niger. Des loyers plafonnés pour un toit décent: est-ce la fin du cauchemar ?

Niamey, la capitale du Niger.

Le 03/06/2026 à 10h40

VidéoLes Nigériens attendent beaucoup du décret publié le 22 avril dernier encadrant le loyer des logements sociaux de type F2 et F3. À Niamey, la mesure est largement saluée par les citoyens, qui espèrent toutefois une application stricte pour en garantir l’efficacité.

Au Niger, pays de près de 30 millions d’habitants, le problème du logement se pose avec acuité. L’augmentation rapide de la population entraîne une hausse annuelle de la demande de logements estimée par l’Institut national de la statistique à 40.000 pour l’ensemble du pays, dont 5.000 dans la seule capitale.

Ce déficit est à l’origine de la flambée des loyers d’oû la réforme annoncée en août 2025 par le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat parue dans un entretien accordée au journal Le Sahel .

Cette réforme a pris corps avec la publication en avril du décret encadrant le loyer. À Niamey, le loyer mensuel d’un appartement de trois pièces est plafonné à 80.000 FCFA (122 euros). La décision prise par les autorités vise à freiner la hausse généralisée et constante du coût du logement.

«C’est un véritable soulagement pour nous en tant que citoyen, la cherté du logement étant l’une des préoccupations majeures qui nous gangrène à Niamey», explique Soufiane Adamou, citoyen nigérien.

«Il faut comprendre que la majorité des familles à revenus modestes consacrent une part importante de leurs ressources au paiement du loyer. Donc si l’État décide d’encadrer ce secteur, nous trouvons que c’est vraiment salutaire», ajoute Mamadou Ibrahim, également citoyen nigérien.

Toutefois, si cette mesure est largement saluée, plusieurs habitants appellent également à une application rigoureuse des dispositions annoncées.

«Nous estimons que seul un suivi strict permettra de garantir le respect des nouveaux tarifs et d’éviter les éventuels contournements de la réglementation», explique Aboubacar Sallah, citoyen nigérien.

Le décret présidentiel introduit également des sanctions contre les bailleurs ne respecteraient pas les nouvelles dispositions.

Dans ce document, il est souligné que toute fausse déclaration sur les caractéristiques d’un logement ou tout défaut de déclaration du bail auprès des communes dans un délai de trois mois expose le propriétaire à des peines allant de cinq à quinze jours d’emprisonnement, assorties d’amendes de 50.000 à 99.000 FCFA.

Entre espoir et vigilance, les Niameyens attendent désormais la mise en œuvre effective de cette réforme qui ambitionne de rendre le logement plus accessible et renforcer le pouvoir d’achat des ménages.

Par Aboubacar Sarki (Niamey, correspondance)
Le 03/06/2026 à 10h40