Pas de répit pour les principaux partenaires commerciaux des États-Unis qui espéraient la fin du droit de douane mondial établi par l’administration Trump le 24 février 2026, en vertu de la section 122 du Trade Act de 1974, et qui expirait le vendredi dernier.
À la veille de cette expiration, la Maison Blanche a annoncé de nouvelles taxes visant des pays accusés de «ne pas avoir instauré et appliqué efficacement une interdiction sur l’importation de marchandises issues du travail forcé», en s’appuyant toujours sur le Trade Act de 1974. Cette loi offre plus de garanties face à d’éventuels recours en justice.
Ces nouvelles surtaxes, qui remplacent les taxes temporaires précédentes, touchent 60 pays dont les principaux partenaires commerciaux des États-Unis: pays de l’Union européenne, Chine, Japon, Australie, Canada, Brésil, Mexique, Royaume-Uni…
Ces nouveaux droits de douane qui sont entrés en vigueur le vendredi 24 juillet sont de deux niveaux: 10% et 12,5%. Ce double taux est calculé en fonction d’un critère qui apparait désormais comme le nouveau cheval de bataille du président américain: «la lutte contre le travail forcé».
Ainsi, les pays qui ont une législation anti-travail forcé mais ne l’appliquent pas, selon Washington, comme les pays de l’Union européenne, héritent une surtaxe de 10%. Ceux qui n’ont pas de disposition en ce sens sont taxés à hauteur de 12,5%. Ces surtaxes prennent le relais des droits de douane de 10% imposés en février 2026, arrivées à échéance le vendredi dernier après une durée légale de 150 jours.
Au total, 17 pays sont frappés par une surtaxe de 10% dont essentiellement les pays de l’Union européenne, et 43 autres sont ciblés par un tarif douanier de 12,5% dont la Chine, le Japon, la Suisse, l’Australie…
Ces 60 pays soumis aux nouvelles taxes représentent 99,4% des importations des États-Unis. Cette mesure est entrée en vigueur le vendredi 24 juillet à 00h01 heure américaine. Toutefois, les marchandises en cours d’acheminement vers la première économie mondiale ne seront pas concernés s’ils arrivent à destination avant mardi 28 juillet à 00h01.
«Les États-Unis ont mis en place, depuis près d’un siècle, une interdiction d’importer des produits issus du travail forcé et veillent rigoureusement à son application. Il est temps que nos partenaires commerciaux en fassent de même», a déclaré Jamieson Greer, le représentant des États-Unis pour le Commerce extérieur.
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Pour la mise en place de ces nouvelles taxes douanières, les États-Unis ont annoncé avoir mené une enquête auprès de 60 économies sur leur politique de lutte contre le travail forcé. Pour Washington, les principaux partenaires commerciaux devraient davantage s’aligner sur leur propre législation pour éviter que cette différence de cadre règlementaire ne crée une concurrence déloyale en défaveur des entreprises américaines.
Après une enquête rapidement menée, les conclusions sont sans appel. «Les «États-Unis sont le seul pays au monde à adopter et à appliquer efficacement l’interdiction des importations qui seraient issues du travail forcé», a expliqué le représentant des États-Unis pour le Commerce extérieur.
Les Nouvelles surtaxes douanières de Donald Trump touchent 60 pays dont 7 africains sous le motif de «lutte contre le travail forcé».
Reste que pour les pays touchés par ces nouveaux droits de douane, il s’agit tout simplement d’un nouveau prétexte pour imposer des taxes aux principaux partenaires commerciaux des États-Unis et poursuivre ainsi la guerre commerciale que mènent les États-Unis contre leurs partenaires.
Parmi les 60 pays frappés par cette nouvelle surtaxe, sept sont africains: Afrique du Sud, Algérie, Angola, Égypte, Libye, Maroc et Nigeria.
Pays africains concernés par la nouvelle surtaxe douanière de la Maison Blanche
| Pays | Taux de la nouvelle taxe douanière |
|---|---|
| Afrique du Sud | 12,5% |
| Algérie | 12,5% |
| Angola | 12,5% |
| Égypte | 12,5% |
| Libye | 12,5 |
| Maroc | 12,5% |
| Nigeria | 12,5% |
Il s’agit essentiellement des grandes puissances économiques et pétrolières du continent et qui sont les principales partenaires commerciaux d’Afrique des États-Unis. Ces pays sont tous soumis à une nouvelle surtaxe de 12,5% au motif qu’ils ne disposent pas de législations antitravail forcé.
L’Afrique du Sud a réagi en affirmant disposer d’une législation solide interdisant le travail forcé et a aussi ratifié les conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail (OIT) et dispose des mécanismes d’application pour empêcher les marchandises produites par le travail forcé d’intégrer les chaines d’approvisionnement. Toutefois, cela n’a pas suffi à convaincre les autorités américaines.
Une chose est sure, ces pays sont loin d’être ceux qui respectent le moins la législation sur le travail forcé. Plusieurs pays du continent épinglés par les ONG ne figurent pas sur cette liste. À noter que ce ne sont pas tous les produits exportés par ces pays qui sont concernés par ces nouvelles taxes. En effet, l’énergie et les matières premières, qui ne sont pas produites aux États-Unis, sont exclues de la liste des pays concernés. Du coup, l’impact de ces surtaxes sur les pays africains sera moindre.
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À travers cette exclusion, les États-Unis, visent à s’assurer un approvisionnement en ressources naturelles (hydrocarbures, minerais, engrais,…) à des prix qui permettent aux firmes américaines d’être compétitives. Une situation qui explique l’exclusion de nombreux pays africains exportateurs de minerais comme la République Démocratique du Congo ou la Zambie.
Pourtant, en mars 2026, les États-Unis avaient intégré sept pays africains à une enquête mondiale sur le travail forcé: Cameroun, Côte d’Ivoire, RDC, Éthiopie, Ghana, Guinée et Mali. L’enquête visait à examiner des secteurs et des chaînes d’approvisionnement soupçonnés d’avoir recours à une main d’œuvre contrainte.



