Burkina Faso. Intermédiation immobilière: «On ne peut que s’en réjouir», une réforme qui soulage les acquéreurs

Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

Le 21/04/2026 à 11h11

VidéoUne loi récemment adoptée introduit plusieurs changements dans la profession de l’intermédiation comme l’obligation d’une carte professionnelle pour les démarcheurs, le plafonnement des loyers et du montant versé à l’intermédiaire qui devra être cette fois-ci supporté par les deux parties d’une transaction. Les avis à Ouagadougou.

Pour de nombreux Burkinabè, confrontés à la flambée des loyers et au phénomène d’intermédiaires peu scrupuleux, la réforme de ce métier apparaît comme une bouffée d’oxygène.

«Je salue l’idée d’instaurer la carte professionnelle qui mettra fin à la confusion. Beaucoup ont été dupés en remettant de l’argent à des individus suspects, sans adresse fiable. Avec la carte professionnelle, je pense que les acteurs peuvent être facilement identifiables en cas de besoin. Rien que pour cette raison, je salue la mesure et j’espère qu’elle va assainir la profession», se réjouit Mamadi Nana, un habitant de Ouagadougou.

Pour Yvonne également Ouagalaise, cette réforme intervient au moment opportun, notamment dans un contexte de forte pression sur le logement urbain.

«C’est une bonne chose. Parce que souvent, tu as de l’argent pour le loyer, mais pas pour engager un démarcheur. C’est une bonne décision que vient de prendre le gouvernement. Je tiens à remercier les autorités et en particulier le président du Faso», explique-t-elle.

Dans le détail, le texte encadre aussi les commissions perçues lors des transactions. Pour les logements meublés, la rémunération du démarcheur est désormais plafonnée à la moitié du montants du loyer. Autre innovation majeure: cette commission sera exclusivement à la charge du bailleur, mettant ainsi fin à une pratique répandue qui faisait peser ce coût sur les locataires.

Les professionnels appellent à une mise en œuvre progressive de la décision. «Il ne faut pas que l’intermédiaire soit exigeant en voulant réaliser des marges bénéficiaires auprès de l’acquéreur et propriétaire», reconnaît Hema, un vendeur de véhicules installé à Ouagadougou.

Mais sur le terrain des défis subsistent. Les autorités se veulent rassurantes et promettent des mécanismes de suivi et des sanctions à l’encontre des contrevenants. L’objectif affiché est clair: instaurer un marché immobilier plus équitable et mieux protéger les droits des locataires.

Par Jean Paul Windpanga Ouédraogo (Ouagadougou, correspondance)
Le 21/04/2026 à 11h11