Burkina Faso. «La journée, on étouffe. La nuit, on ne dort pas»: la canicule, cette vieille connaissance que personne n’apprécie

C'est la canicule actuellement au Burkina Faso

Le 18/04/2026 à 14h48

VidéoUne vague de chaleur s’est installée et n’épargne aucune région du Burkina Faso. Les températures maximales dépassent les 40°C à Ouagadougou et sur la majeure partie du territoire. Dans les rues, chacun y va de son commentaire face à la canicule qui s’impose désormais comme une réalité quotidienne.

Selon les prévisions, les journées du 18 au 20 avril s’annoncent comme les plus critiques, avec des températures maximales pouvant atteindre les 42°C.

Dans les rues de la capitale, les solutions traditionnelles refont surface. Certains, à l’instar de Léa que nous avons rencontrée au marché de Pissy, privilégient les vêtements légers, permettant au corps de mieux respirer.

«Le niveau de chaleur de cette année me surprend. Avec les coupures d’électricité en plus, ce n’est pas du tout facile à vivre pour nous. C’est beaucoup trop grave. Les plus résilients sont ceux qui ont les moyens de s’offrir des sources alternatives d’électricité comme les plaques solaires», explique-t-elle.

Dans les quartiers les plus exposés à la canicule, le quotidien devient de plus en plus difficile. Entre chaleur étouffante et coupures d’électricité, les habitants peinent à s’adapter, comme en témoigne Ramata.

«Franchement la chaleur, c’est très compliqué. On n’arrive pas à dormir le soir parce qu’il fait très chaud et à cause des coupures d’électricité également. On a des boutons pratiquement partout sur le corps. Si les autorités peuvent nous aider à améliorer la situation, on pourrait mieux vivre. Moi par exemple, je vends du yaourt et des jus naturels. Mais avec les coupures d’électricité, ça se gâte à tout moment», confie Ramata.

Pour beaucoup, dormir à la belle étoile sur la terrasse, se réfugier à la piscine, multiplier les bains au cours de la journée ou encore boire suffisamment d’eau sont devenus des réflexes pour mieux supporter la chaleur.

«Je ne suis pas médecin, mais je sais que nous devons nous hydrater suffisamment. Cela ne concerne pas que les personnes âgées. L’homme est comme un arbre, quand on manque d’eau, on s’expose à des risques sanitaires. Il y a aussi le problème de la consommation d’aliments gras. Tout ce qui est bon pour la bouche ne l’est pas forcément pour la santé», rappelle Amidou Roamba, réparateur d’appareils électroménagers.

Mais au-delà des astuces du quotidien, cette montée des températures pose aussi la question de la santé. Les autorités sanitaires rappellent l’importance de s’hydrater régulièrement, d’éviter les expositions prolongées au soleil et de porter une attention particulière aux personnes les plus vulnérables, notamment les enfants et les personnes âgées.

Par Jean Paul Windpanga Ouédraogo (Ouagadougou, correspondance)
Le 18/04/2026 à 14h48