Dangote lance la plus grosse introduction en bourse d’Afrique pour lever plus de 4,15 milliards de dollars

Aliko Dangote lève des fonds pour s'octroyer la plus grande raffinerie au monde.

Le 07/09/2026 à 16h31

L’introduction en bourse de Dangote Petroleum Refinery & Petrchemicals (DPRP) sera la plus grosse levée de fonds par voie de Bourse d’une entreprise en Afrique avec une offre pouvant atteindre 5 milliards de dollars, en tenant compte du placement privé de 2,5 milliards de dollars déjà réalisé. L’opération valorise les activités de l’entité à 48 milliards de dollars.

Après l’obtention de l’aval de la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme du marché des capitaux nigérian, c’est ce lundi 7 septembre que l’homme le plus riche d’Afrique, Aliko Dangote, a signé, avec ses conseillers et les représentants des institutions impliquées les documents relatifs à l’introduction en bourse (IPO) de son activité de raffinage: Dangote Petroleum Refinery & Petrchemicals (DPRP).

«Cette raffinerie est essentielle pour notre continent», a déclaré Aliko Dangote lors de la signature des documents officialisant la transformation de l’entreprise en société cotée en bourse, avant d’ajouter «nous ne pouvons pas nous industrialiser sans sécurité énergétique

Concernant la structure de l’offre, l’opération porte sur la cession de 4,1 milliards d’actions ordinaires au prix de 525 nairas l’unité, soit environ 0,40 dollar par action (au cours de 1 dollar = 1.329,830 nairas). Le montant minimum de souscription est de 10 actions et l’introduction en Bourse est prévue en novembre prochain, a souligné Chuka Eseka, directeur général de Vitiva Capital Management, l’un des conseillers de Dangote pour cette opération. Ukandu Eme Ukandu, PDG de FirstCap, conseiller également de cette opération, a avancé que l’offre cible 10 millions d’investisseurs particuliers.

L’opération permettra de lever 2.150 milliards de nairas, soit environ 1,63 milliard de dollars.

Le carnet d’ordre de cette opération devrait ouvrir le 14 septembre courant.

Et au cas où l’offre s’avère fortement sursouscrite, le groupe Dangote prévoit une option de surallocation qui permettra de céder des actions supplémentaires sur le marché, sous réserve de l’approbation de la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme du marché.

Cette opération intervient après celle de placement privé de 2,5 milliards de dollars bouclé en juillet dernier avec la participation d’investisseurs dont Africa Finance Corporation (AFC) et la Banque africaine d’import-export.

Pour ce placement privé, le montant proposé a été sursouscrit 3,7 fois par des investisseurs institutionnels africains et internationaux, des institutions de financement du développement et des véhicules liés à des États.

Le succès de l’IPO ne fait pas l’ombre d’un doute. Déjà, Lilium Capital, un groupe d’investissement basé à Washington et dirigé par l’homme d’affaires burkinabè Simon Tiemtoré, patron de Vista Bank, a annoncé garantir jusqu’à 400 millions de dollars supplémentaires à l’IPO après avoir participé à l’opération de placement privé via sa filiale Pan-African Refinery Investment SPV qui a proposé 600 millions de dollars lors de l’opération de placement privé.

Cette IPO va devenir la plus importante introduction en bourse jamais réalisée sur le marché africain. Elle valorise les activités de Dangote Petroleum Refinery & Petrchemicals (DPRP) à 48 milliards de dollars, sachant que le coût d’investissement de la raffinerie inaugurée en mai 2023 est estimé à 20 milliards de dollars.

Ainsi, ces deux opérations vont permettre au milliardaire de lever, au minimum, 4,15 milliards de dollars sur le marché.

À quoi servira cette ouverture du capital de la plus grande raffinerie de pétrole d’Afrique et la 6e au monde?

En sollicitant le marché, Aliko Dangote souhaite obtenir des financements immédiats pour accompagner l’extension de la capacité de traitement de sa raffinerie actuellement de 700.000 barils par jour et la porter à 1,4 million à l’horizon 2028. Cette augmentation en fera la plus grande au monde devant la raffinerie de Jamnagar, située dans l’État du Gujarat en Inde.

Ensuite, le recours au marché boursier renforce les fonds propres de DPRP et améliore ses ratios financiers, notamment celui de l’endettement rapporté aux capitaux propres. Par ailleurs, cette forte levée de fonds permet d’améliorer les flux de trésorerie de la raffinerie et des activités pétrochimiques de Dangote. De même, cette levée de fonds permet à Dangote de diversifier ses sources de financement.

Enfin, l’IPO permet à Dangote d’ouvrir le capital de son activité de raffinage à des investisseurs institutionnels, des institutions de financement et au grand public.

Une chose est sure, après l’engouement des investisseurs privé pour ce placement, cette IPO sera l’occasion de tester l’appétit des investisseurs, dont le grand public, pour l’un des projets industriels les plus ambitieux d’Afrique.

Quoi qu’il en soit, Dangote Petroleum Refinery & Petrchemicals suscite l’intérêt des investisseurs au-delà du continent. Selon Bloomberg, la compagnie pétrolière nationale d’Abu Dhabi aurait entamé des négociations en vue d’acquérir une participation dans le capital de l’entreprise.

Une fois l’opération d’introduction en bourse bouclée, Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals rejoindra d’autres filiales de Dangote Group déjà cotées à la Bourse de Lagos: Dangote Cement, Nascon et Dangote Sugar. Elle sera certainement la vedette de la place de Lagos dont elle contribuera à augmenter la visibilité et la profondeur.

Au-delà de la place de Lagos, des cotations transfrontalières sont annoncées. Une cotation à la Bourse de Johannesburg, la plus importante du continent, est en préparation. Des cotations des titres de la raffinerie sont aussi envisagées au niveau des bourses du Caire (Égypte), de Nairobi (Kenya), d’Accra (Ghana) et de Kigali (Rwanda).

Rappelons que la raffinerie de Dangote est l’une des plus grandes bénéficiaires des perturbations d’approvisionnement en carburants (essence, diesel, kérosène…) liées à la guerre au Moyen-Orient. La fermeture du détroit d’Ormuz, en réduisant l’approvisionnement mondial à hauteur de 20%, ont permis à la raffinerie de Dangote de tourner à plein régime et d’exporter massivement ses carburants en Afrique et en Europe.

Par Moussa Diop
Le 07/09/2026 à 16h31