Cameroun: des heurts entre gendarmes et trafiquants font un mort

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Le 05/09/2017 à 22h20, mis à jour le 06/09/2017 à 08h15

Des tensions survenues à l’issue d'une opération de lutte contre les stupéfiants ont fait un mort dans la localité de Kisem, dans la région anglophone du nord-ouest du pays.

Voilà un incident dont auraient pu se passer les autorités camerounaises, dans un contexte marqué par les tensions liées à la «crise anglophone» dans la région du nord-ouest du pays.

Dans le cadre d’une opération de lutte contre les trafiquants conduite par la gendarmerie camerounaise le lundi 4 septembre 2017 dans la localité de Kisem, la situation a dégénéré. Des échauffourées sont survenues entre gendarmes et population locale et des coups de feu auraient été tirés de part et d’autre.

Selon un communiqué du ministère de la Défense, le commandant de compagnie de la localité de Bui et ses éléments ont été pris à partie par des populations armées de fusil de fabrication artisanale qui s’opposaient au bon déroulement de leur mission.

«Au cours des échauffourées qui s’en sont suivies, les populations effarouchées ont fait usage de leurs armes, blessant grièvement un gendarme. En réaction, ces gendarmes agissant en légitime défense, ont ouvert le feu, blessant accidentellement un des assaillants qui a rendu l’âme», indique la note d’information.

Suite à ces incidents, le commandant de la compagnie indiquée a été, à titre conservatoire, suspendu de ses fonctions et remplacé par un officier intérimaire en attendant les résultats de l’enquête ouverte.

Les tensions survenues à l’issue de cet accrochage ont provoqué quelques actes de vandalisme dans la localité, selon diverses sources. Mais, selon le sous-préfet, tout est rentré dans l’ordre et le calme revenu depuis ce mardi 5 septembre.

Il faut dire que l’usage des armes de fabrication artisanale est fréquent dans cette partie du pays, notamment lors des fêtes et de certaines cérémonies traditionnelles. Les autorités locales essayent tant bien que mal, d’en contrôler l’usage et la circulation, mais font parfois face au poids des coutumes.

Par Elisabeth Kouagne (Abidjan, correspondance)
Le 05/09/2017 à 22h20, mis à jour le 06/09/2017 à 08h15