Selon les observateurs, les débats n’élucideront probablement pas qui a tiré dans la nuit du 7 septembre 1996 sur la légende du rap, en visite à Las Vegas pour assister à un combat de boxe de Mike Tyson.
L’accusation entend toutefois démontrer que Duane «Keffe D» Davis, l’ex-leader des South Side Compton Crips, avait commandité le meurtre et fourni l’arme utilisée.
Le meurtre reste l’un des «cold cases» les plus célèbres des Etats-Unis, objet de débats sans fin entre fans de musique. Mort à 25 ans, «2Pac» était une figure clé de la fameuse rivalité entre les scènes rap de la côte ouest et la côte est des Etats-Unis.
Le procès promet de replonger dans les guerres d’ego entre son label Death Row Records, fondé par Marion «Suge» Knight, et Bad Boy Records, celui créé sur la côte Est par Sean «P. Diddy» Combs, et où officiait Christopher «The Notorious BIG» Wallace, un autre rappeur star tué six mois après la mort de Tupac Shakur.
Selon l’accusation, Death Row Records était protégé par Mob Piru, un gang de Los Angeles dont Suge était membre, tandis que Bad Boy Records avait engagé pour sa protection l’organisation rivale des South Side Compton Crips, dirigée par Duane Davis.
Faute de preuves, l’enquête a patiné pendant des décennies, avant d’être relancée par la publication en 2019 des mémoires de Duane Davis.
Il y raconte qu’il était à l’avant de la Cadillac blanche d’où ont été tirées les balles fatales à Tupac. Il explique aussi avoir fait passer un pistolet vers la banquette arrière, sans jamais dire qui a tiré - tous les passagers du véhicule sont morts depuis.
L’audience doit durer quatre semaines, dont la première doit être entièrement consacrée à la sélection des jurés.
