Blanchiment d’argent et financement du terrorisme: quels sont les 6 pays africains maintenus dans la liste grise du GAFI

Blanchiment d'argent, l'Afrique du sud sur la liste grise.. ©Philophoto - stock.adobe.com

Le 23/06/2026 à 10h18

Le Groupe d’action financière (GAFI), organisme mondial de surveillance de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, a mis à jour ses listes des juridictions soumises à une surveillance renforcée (liste grise) et celles jugées à haut risque (liste noire). Six pays africains figurent toujours sur la liste grise entrainent des impacts négatifs sur leurs économies.

Le GAFI a mis à jour sa liste des pays à «haut risque» en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme dans un contexte de durcissement de la surveillance des flux financiers suspects. Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce (Cnuced), l’Afrique perd annuellement 88 milliards de dollars en raison des flux financiers illicites dont particulièrement le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale et la corruption qui gangrènent le continent.

Une situation qui résulte des défaillances des juridictions africaines en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.

Cette mise à jour s’est traduite par le maintien de nouveaux pays dans les listes du GAFI et la sortie d’autres juridictions après avoir accompli des progrès.

Lorsqu’un pays est placé sous surveillance renforcée par le GAFI, cela signifie que cette juridiction s’est engagée à corriger rapidement les carences stratégiques identifiées dans leurs dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération dans les délais convenus.

Quant aux pays figurant sur la liste noire, il s’agit de juridictions jugées à haut risque, avec de lourdes conséquences sur les transactions financières internationales et les investissements. Selon les dernières évaluations du GAFI, on note une amélioration notable des politiques de lutte contre le blanchissement d’argent et les activités de financement du terrorisme (LBC/FT).

Actuellement, aucune juridiction africaine ne figure sur la liste noire du GAFI qui ne compte que trois pays: la République Démocratique de Corée, l’Iran et Myanmar.

Par contre, suite aux examens dont ont fait l’objet ces juridictions, plusieurs pays ont été retirés de la liste grise. dont la Namibie et l’Algérie. Ces pays rejoignent la longue liste des pays africains qui ont réussi à quitter la liste grise du GAFI comme le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Mozambique, le Sénégal, le Burkina Faso…

ListesPays
Pays figurant sur la nouvelle «liste grise» du GAFIAngola, Bolivie, Bosnie, Bulgarie, Cameroun, Côte d’Ivoire, RD Congo, Haïti, Irak, Kenya, Kuweit, Laos, Liban, Monaco, Népal, Papouasie Nouvelle Guinée, Soudan du Sud, Syrie, Venezuela, Vietnam, Iles Vierges et Yémen.
Pays africains figurant sur la nouvelle «liste grise» du GAFILes 6 pays africains maintenus sur la liste grise du GAFI en juin 2026: Angola, Cameroun, Côte d’Ivoire, RD Congo, Kenya et Soudan du Sud.
Pays Africains sortis de la «liste grise» du GAFIAlgérie et Namibie
Pays figurant sur la liste noire du GAFIRépublique Démocratique de Corée, l’Iran et Myanmar

Pour la Namibie, pays ayant d’importantes richesses minières notamment l’Uranium (l’un des 4 plus grands producteurs mondiaux), le lithium, le graphite, le cuivre, le zinc, le plomb, le manganèse... cette sortie pourrait contribuer à attirer davantage de capitaux étrangers.

Toutefois, sur les 22 juridictions mondiales maintenues ou ajoutées à cette liste figurent six pays africains: Angola, Cameroun, Côte d’Ivoire, RD Congo, Kenya et Soudan du Sud. Ces pays doivent entreprendre des réformes et sont évalués de manière régulière par le GAFI.

Pour la Côte d’Ivoire, «lors de sa session plénière de juin 2026, le GAFI a initialement constaté que la Côte d’Ivoire avait substantiellement achevé son plan d’action et justifiait une évaluation sur place pour vérifier que la mise en œuvre des réformes LBC/FT avait débuté et se poursuivait, et que l’engagement politique nécessaire était maintenu pour assurer la pérennité de cette mise en œuvre», souligne le GAFI.

Que risquent les pays africains placés sur la liste grise du GAFI? D’abord, les pays qui n’arrivent pas à se conformer aux normes édictées par le GAFI peuvent faire face à des sanctions de la part de certaines institutions des pays développés.

À titre d’exemple, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) français a le pouvoir d’infliger des sanctions aux États non conformes. Ces sanctions vont d’un avertissement (blâme) jusqu’à une sanction pécuniaire pouvant atteindre plusieurs millions d’euros. Une fois qu’un pays est inscrit sur la liste grise, les banques soumises aux normes de l’Union européen renforcent les contrôles des flux financiers à destination de ce pays avec des conséquences sur les banques du pays concerné.

En outre, le placement d’un pays sur la liste grise impacte négativement la confiance des investisseurs étrangers et donc sur l’attractivité du pays. Enfin, il y a l’impact négatif du placement du pays sur la liste grise du GAFI, synonyme de non-conformité aux normes requises en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Afin d’éviter ces conséquences négatives, ces pays doivent engager des réformes de leur arsenal juridique, réglementaire et administratif pour se conformer aux normes édictées par le GAFI. Ces réformes doivent toucher plusieurs domaines dont la transparence du registre de commerce, l’encadrement du secret professionnel applicable à certaines professions libérales (avocats, experts comptables, notaires,…),…

Rappelons que le GAFI, l’organisme mondial de surveillance du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme, compte actuellement 40 membres qui représentent les principaux centres financiers mondiaux dont un seul pays africain, l’Afrique du Sud.

Par Kofi Gabriel
Le 23/06/2026 à 10h18