Cameroun: une nouvelle hausse des prix du carburant qui perturbe

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Le 08/02/2024 à 08h58

VidéoLe gouvernement camerounais vient de procéder à une nouvelle hausse des prix du carburant à la pompe. Une augmentation des prix qui perturbe le quotidien des citoyens, déjà sous le choc de la hausse généralisée des produits de première nécessité.

Les prix de l’essence et du gazoil ont été revus à la hausse au Cameroun depuis le 3 février 2024. Il faudra désormais débourser 840 FCFA (1,28 euro), contre 730 FCFA auparavant, pour l’essence et 828 FCFA (1,26 euro) pour le gazoil, contre 730 FCFA auparavant.

Une nouvelle qui vient encore aggraver les difficultés quotidiennes des populations camerounaises. «Je pense que nous allons progressivement vers l’abîme. Vous convenez avec moi que le carburant a un impact sur les autres produits de consommation de masse. Ce qui veut dire que nous connaitrons dans les prochains jours une augmentation des prix de tous les produits alimentaires et non alimentaires. Je crois que la vie sera encore plus difficile qu’auparavant», avertit un Yaoundéen.

Cette hausse des carburants se répercute sur d’autres secteurs, notamment sur les transports des personnes et des marchandises. «J’ai trois enfants qui vont à l’école chaque matin. Avant la hausse, je leur donnais chacun la somme de 600 FCFA (0,91 euro) pour leurs frais de transport. Maintenant, chacun doit recevoir 800 FCFA (1.21 euro). Je ne suis vraiment pas sûr de pouvoir m’en sortir d’ici la fin de cette année scolaire».

Les mêmes inquiétudes sont relevées par les femmes dont le panier de la ménagère subira à coup sûr les affres de cette hausse jugée vertigineuse par plusieurs Camerounais.

Il faut tout de même relever que les prix des autres produits pétroliers n’ont pas connu de hausse. Ainsi, un litre de pétrole pour lampe s’achète toujours à 350 FCFA (0,53 euro). De même, la bouteille de gaz domestique de 12,5 kilogrammes est disponible toujours à 6.500 FCFA (9,90 euros).

Le gouvernement justifie cette nouvelle hausse qui intervient après celle de l’année dernière par la nécessité de résorber les contraintes budgétaires croissantes auxquelles l’État du Cameroun est confronté et d’éviter les tensions dans l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers.

Il faut noter que dans le cadre de son programme avec le Fonds monétaire international (FMI), le Cameroun a consenti de réduire les subventions aux produits pétroliers en augmentant les prix à la pompe. La logique étant de trouver des mécanismes pour financer les investissements productifs et les dépenses sociales. La première hausse des prix entreprise en 2022 a amené le pays à réduire cette subvention de 1.000 milliards FCFA (1,52 milliard d’euros) à 640 milliards FCFA (975,68 millions d’euros) en 2023. Malgré cette baisse, la subvention de l’État continue toujours de peser de manière significative sur le Trésor public.

En attendant, les Camerounais trinquent. Et ce n’est pas encore fini. En effet, une autre hausse des prix des carburants est prévue en 2025 marquant ainsi la fin du programme économique et financier triennal négocié avec le FMI dont le crédo est l’arrêt des subventions.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 08/02/2024 à 08h58