L’un des enseignements majeurs du rapport concerne l’évolution de l’offre mondiale de diamants naturels. D’après cette étude, la production mondiale a culminé autour de 150 millions de carats en 2017 avant de retomber à un peu plus de 100 millions de carats en 2025. Le document précise également que la production devrait continuer à diminuer au cours des prochaines années pour atteindre environ 96 millions de carats en 2030.
Cette contraction n’est pas anodine. Elle intervient dans un contexte où peu de nouveaux projets miniers entrent en production. Le rapport souligne que la mine de Luele, en Angola, constitue la seule nouvelle mine commerciale majeure mise en exploitation au cours de la dernière décennie.
Cette situation renforce mécaniquement l’importance des pays africains dans l’équation mondiale. Le rapport montre que le Botswana et l’Angola figurent parmi les principaux contributeurs à l’offre mondiale de diamants bruts en 2025, aux côtés de la Russie.
Pour les économies africaines dépendantes de cette ressource, la baisse de l’offre mondiale peut constituer un facteur de soutien à long terme, à condition que la demande se stabilise. Cité dans le rapport, le chef économiste de De Beers estime d’ailleurs que les mécanismes classiques du marché restent à l’œuvre avec une offre plus limitée qui tend à favoriser un rééquilibrage entre production et consommation lorsque la demande retrouve de la vigueur.
La question centrale pour l’Afrique ne réside toutefois pas uniquement dans la production. Elle concerne surtout la capacité à convertir les revenus du diamant en développement économique durable.
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Le rapport consacre un long développement au Botswana, présenté comme l’un des principaux producteurs mondiaux de diamants naturels. Selon le document, les revenus issus du diamant ont permis de financer l’éducation gratuite, les services de santé et des infrastructures essentielles dans le pays.
Cette trajectoire illustre une problématique plus large qui concerne de nombreuses économies extractives africaines: comment utiliser une ressource non renouvelable pour préparer l’après-mine ?
Botswana, laboratoire africain de diversification économique
L’exemple botswanais est particulièrement révélateur parce qu’il montre comment un secteur extractif peut contribuer à l’émergence d’activités éloignées de l’exploitation minière elle-même.
Le rapport cite notamment le programme EntreprenHer, développé avec ONU Femmes et les autorités publiques. Selon le document, plus de 3.900 femmes ont bénéficié de ce dispositif depuis sa création, y compris dans son extension vers la Namibie et l’Afrique du Sud.
Autre initiative mise en avant: le programme Tokafala de développement des entreprises. D’après le rapport, celui-ci a permis la création de plus de 11.000 emplois au Botswana depuis 2017, avec la participation d’environ 1.300 petites et moyennes entreprises.
Ces chiffres illustrent une évolution importante de la réflexion économique autour des ressources naturelles en Afrique. La valeur du diamant ne se mesure plus uniquement à l’exportation de pierres brutes, mais également à sa capacité à financer l’émergence d’un tissu productif plus diversifié.
Cette logique apparaît également dans le programme Stanford Seed Transformation Program, soutenu par De Beers. Le rapport indique que plus de cent entreprises ont suivi cette formation depuis 2018. Ensemble, elles ont levé plus de 400 millions de dollars de capitaux, augmenté leurs revenus de plus de 220 millions de dollars et créé plus de 4.500 emplois.
Une autre tendance mise en avant par le rapport pourrait également avoir des implications importantes pour les producteurs africains.
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Selon l’étude, les consommateurs accordent une attention croissante à l’origine des diamants et aux conditions de leur production. Le document souligne que la provenance devient progressivement un facteur de valeur à part entière, au même titre que la rareté ou la qualité de la pierre.
Cette évolution ouvre potentiellement de nouvelles perspectives aux pays producteurs africains. Si les consommateurs sont prêts à valoriser davantage les diamants dont l’origine et l’impact socioéconomique sont clairement identifiés, les États producteurs pourraient bénéficier d’une meilleure reconnaissance de leur contribution à la chaîne de valeur.
Le rapport cite notamment la plateforme Origin de De Beers, qui permet d’identifier le pays d’origine des pierres, leur parcours commercial et certains indicateurs d’impact social. Les premiers retours consommateurs mentionnés dans l’étude montrent un intérêt significatif pour ce type d’information.
Le Diamond Report 2026 ne présente pas uniquement un marché confronté à des tensions conjoncturelles. Il met en évidence une transformation plus profonde du modèle économique du diamant naturel.
La raréfaction progressive de l’offre mondiale, le poids persistant des producteurs africains et la montée en puissance des exigences de traçabilité redessinent progressivement les rapports de force du secteur. Dans ce contexte, la capacité des pays africains à dépasser la seule logique extractive devient déterminante.
