Le projet réunit le groupe nigérian Dangote, l’agence d’investissement du gouvernement éthiopien EIH (Ethiopian Investment Holdings), ainsi que Great Horn Investment Holdings (GHIH), société publique djiboutienne chargée de la gestion des infrastructures stratégiques de Djibouti.
Un oléoduc, long de 120 km selon le groupe Dangote, reliera le site djiboutien de Damerjog, au bord de la mer Rouge, à la localité éthiopienne de Dewele, à la frontière entre les deux pays, assorti de terminaux de stockage à chacune de ses extrémités.
EIH chiffre l’investissement à 660 millions de dollars (environ 580 millions d’euros).
Patron du groupe Dangote, Aliko Dangote a décrit jeudi un projet «essentiel pour Djibouti et l’Ethiopie», mais aussi «important pour les infrastructures, le commerce et le développement industriel de l’Afrique».
«Il représente l’investissement courageux et concret dont l’Afrique a urgemment besoin. A travers le continent, les manques d’infrastructures limitent la croissance industrielle» et «découragent l’investissement», a ajouté l’homme le plus riche d’Afrique.
L’oléoduc et les terminaux, qui devraient être achevés en trois ans, selon le groupe Dangote, doivent «améliorer l’efficacité de l’approvisionnement, renforcer l’intégration régionale et soutenir un transport plus durable», s’est félicité dans un communiqué Brook Taye, PDG d’EIH.
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, sur X, a de son côté loué une «infrastructure historique» qui «renforcera la sécurité énergétique» de son pays, quand le président djiboutien Guelleh s’est réjoui que Djibouti «consolide sa vocation de plateforme énergétique régionale».
L’Ethiopie, nation enclavée d’environ 130 millions d’habitants, dépend de Djibouti, pays d’un million d’habitants stratégiquement situé sur le détroit de Bab-el-Mandeb, pour l’essentiel de ses importations et exportations. Elle importe la totalité de ses besoins en carburants et souffre parfois de pénuries d’essence, notamment depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Les produits pétroliers sont actuellement acheminés par la route entre Djibouti et l’Ethiopie.
Le groupe Dangote construit également une usine d’engrais d’un coût évalué à 4 milliards de dollars (3,5 milliards d’euros) à Gode, dans le sud-est de l’Ethiopie.
Aliko Dangote, héraut de l’indépendance énergétique de l’Afrique, doit aussi poser la première pierre d’une gigantesque raffinerie dans le port kényan de Lamu le 30 septembre.
