Chaque matin, le même scénario se répète. Des files de véhicules s’étirent sur les grands axes, les moteurs tournent au ralenti et les minutes s’accumulent. Pour les habitants de Yopougon qui doivent rejoindre Adjamé, le Plateau, Cocody ou Bingerville, le déplacement quotidien s’apparente souvent à une véritable épreuve d’endurance. Le soir, le chemin du retour impose à nouveau son lot de patience, de fatigue et de résignation.
Dans cette métropole où le temps passé dans les transports pèse lourdement sur la vie familiale, professionnelle et sociale, les populations attendent désormais avec impatience une alternative crédible. Leur espoir porte un nom: le Bus Rapid Transit (BRT), ce système de transport collectif à haut niveau de service destiné à relier Yopougon à Bingerville sur un corridor d’environ 45 kilomètres.
Lire aussi : Métro d’Abidjan: dans une capitale engorgée, les populations attendent le bout du tunnel
Mais entre l’impatience des usagers et la mise en circulation effective des autobus, le chantier poursuit son chemin. Et les dernières observations de terrain apportent un motif d’espoir: malgré les difficultés techniques et les contraintes propres à une agglomération où la circulation est dense, les travaux avancent sur plusieurs fronts.
E. Djidja/Le360 Afrique
«Trois ponts dans la zone de Yopougon sont avancés à plus de 90%. Le pont du lycée technique, identifié comme l’ouvrage n°6, approche notamment les 95% de réalisation. Les chaussées de cette zone sont, elles aussi, largement exécutées», confie Dan Daniel, un responsable des ouvriers rencontré sur le site.
Lire aussi : Métro d’Abidjan: la mise sur rails tarde, l’impatience des déguerpis s’accélère
Les 21 stations prévues, les deux dépôts et les voies réservées doivent permettre de structurer les déplacements sur l’axe Est-Ouest. Annoncé comme pouvant transporter environ 500.000 passagers par jour, le BRT doit aussi compléter les autres systèmes de transport de masse, notamment le métro, en cours de construction, et favoriser une meilleure articulation avec les autobus de la SOTRA et les opérateurs du transport artisanal.
Le 10 juillet 2024, lors du lancement officiel des travaux à Bingerville, le gouvernement ivoirien a annoncé un investissement total de 242 milliards de FCFA pour la réalisation du corridor BRT Yopougon-Bingerville.
«On espère que ça finisse vite pour nous faciliter nos déplacements. Parce que quitter Yopougon pour se rendre à Cocody, Faya, Bingerville, c’est comme quitter Abidjan pour se rendre à Danané (…)», estime Kouakou George, étudiant, se plaignant des embouteillages.
Lire aussi : Dakar: le grand public découvre enfin le BRT
Derrière les milliards investis, les ponts en construction et les stations en devenir, il y a une attente profondément humaine: celle de travailleurs qui veulent arriver à l’heure, de parents qui souhaitent rentrer plus tôt chez eux, d’élèves et d’étudiants qui veulent se déplacer sans épuisement, et de milliers d’usagers qui aspirent à une ville plus accessible.
Pour les populations, de Yopougon à Bingerville, le BRT ne représente donc pas seulement un projet de transport. Il incarne l’espoir de retrouver du temps, de la sérénité et une meilleure qualité de vie. Les travaux avancent. Reste à transformer cette progression en un service fiable, accessible et à la hauteur des attentes.







