Sénégal: ces petits métiers qui font la grandeur de ceux qui en vivent

Un soudeur dans un petit atelier à Dakar.

Le 19/10/2026 à 16h33

VidéoIl y a des métiers que l’on regarde sans toujours mesurer ce qu’ils rapportent. Des ateliers modestes, des mains couvertes de graisse, des outils usés par des années d’usage. Derrière ces apparences, se cachent des histoires de réussite, de passion et de dignité.

Samba Diao, électricien et réparateur de moteurs Samba Diao, n’a jamais regretté d’avoir choisi la mécanique. Des groupes électrogènes aux tronçonneuses, il redonne vie aux moteurs en panne.

Un métier qui lui a permis de construire des maisons, de vivre confortablement et, surtout, de transmettre son savoir à la nouvelle génération. «Je répare des groupes électrogènes, des tronçonneuses et toutes sortes de moteurs. Je n’ai aucun regret d’avoir choisi ce métier. C’est grâce à lui que j’ai pu construire des maisons et vivre à l’aise. Aujourd’hui, je forme des jeunes qui, à leur tour, parviennent à bien gagner leur vie», Souligne Samba Diao.

Pour Talla Sène, réparateur de téléphones, tout a commencé par la curiosité. Enfant, il observait avec fascination les réparateurs démonter et remettre en marche les téléphones. À force de regarder, il a appris.

À force d’essayer, il a fini par maîtriser les gestes. Et ce qui n’était au départ qu’une envie de comprendre est devenu son métier. «Quand nous apportions nos téléphones à réparer, nous regardions les grands travailler. C’est ce qui nous a donné envie d’apprendre ce métier. À force de les fréquenter, nous avons commencé à ouvrir nos propres téléphones, puis à effectuer des réparations. Aujourd’hui, nous remplaçons les écrans et réparons toutes sortes d’appareils. La réparation des téléphones n’a pratiquement plus de secrets pour moi.»

Mbaye Mbow, forgeron et soudeur À quelques pas de là, un autre univers. Celui du fer, du feu et des étincelles. Mbaye Mbow est forgeron et soudeur. Son métier, il ne l’exerce pas dans l’espoir de devenir riche.

Malgré la concurrence de nouvelles activités, il continue de travailler avec la même philosophie: gagner dignement sa vie et savoir se contenter de ce que l’on possède. Mbaye Mbow: «Je suis forgeron et je pratique aussi les métiers qui s’y rattachent. Je n’ai pas choisi ce travail pour l’argent. Je me contente de ce que je gagne. Aujourd’hui, de nouveaux métiers nous font concurrence, mais chacun ne reçoit que ce que Dieu lui a destiné. Alors, nous nous contentons de ce que nous avons.»

Trois hommes, trois métiers, trois façons de mesurer la réussite. L’un a construit des maisons grâce à son savoir-faire. L’autre a transformé une curiosité d’enfance en profession. Le troisième a choisi la sérénité plutôt que la course à la richesse.

Ils nous rappellent qu’un métier ne se juge ni à la taille d’un atelier ni à la propreté des mains qui l’exercent. Car derrière chaque moteur réparé, chaque téléphone remis en marche, chaque morceau de fer façonné, il y a bien plus qu’un revenu: il y a un homme, une histoire et la fierté de vivre de son travail

Par Moustapha Cissé (Dakar, correspondance)
Le 19/10/2026 à 16h33