Alors que le processus d’introduction en Bourse de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals (DPRP) se poursuit, la plus grosse opération du genre de l’histoire du continent africain, la raffinerie inauguré en 2024 est aussi en passe de réaliser l’un des plus gros bénéfices de l’histoire d’une entreprise privée africaine en une année fiscale.
En effet, l’entreprise d’Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, vient de réaliser des résultats exceptionnels au titre des neuf premiers mois de l’année. La raffinerie a réalisé un chiffre d’affaires de 22,5 milliards de dollars pour un bénéfice net de 4,73 milliards de dollars.
Selon les projections, l’entreprise devrait atteindre un bénéfice net de 6 milliards de dollars fin 2026.
Un bénéfice qui vient confirmer la justesse de la stratégie d’extension de la capacité de la raffinerie pour la faire passer de 700.0000 barils de pétrole par jour à 1,4 million de baril par jour. Ce qui en fera la plus grande raffinerie de pétrole au monde.
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Mais comment Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals est-elle passée d’une perte de 475,8 millions de dollars en 2025 à un profit mirobolant de 4,73 milliards de dollars au terme des neuf premiers mois de 2026? Cela a été rendu possible par une vision stratégique de son concepteur, Aliko Dangote, et surtout par l’effet d’une conjonction de facteurs favorables.
En premier lieu, si ce résultat a été rendu possible, c’est parce que la raffinerie est venue répondre à une demande forte du marché des carburants au Nigeria et dans les pays africains.
En effet, malgré la présence de nombreux producteurs de pétrole au niveau du continent, les pays africains importent encore plus de 70% de leurs besoins en carburants hors du continent. L’exemple atypique était d’ailleurs celui du Nigeria, premier producteur de pétrole du continent qui importait la totalité de ses besoins en carburants de l’étranger.
La méga-raffinerie du nigérian est venue combler une partie du déficit.
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On peut dire que l’homme d’affaires a eu du flair en investissant 19 milliards de dollars dans une raffinerie au moment où les pays européens commençaient à se désengager du raffinage dans le cadre de la transition énergétique.
Et ce choix stratégique s’avère plutôt payant. Aujourd’hui, non seulement il approvisionne le marché nigérian et plusieurs pays africains en carburants, il est aussi devenu un des principaux fournisseurs de l’Europe en diesel et en kérosène.
Aliko Dangote (3e à partir de la gauche) lors de la signature des documents de l'IPO le lundi 7 septembre 2026 à Lagos.
Ensuite, la raffinerie a fortement bénéficié des impacts de la guerre au Moyen-Orient et de la quasi fermeture du détroit d’Ormuz. Cela a entrainé une rupture d’approvisionnement en pétrole brut et en carburants en provenance de cette région qui alimente 20% du marché mondial.
Un étranglement qui a entrainé une baisse de l’offre mondiale, des tensions et même des pénuries dans certaines régions du monde. Et ce fut une aubaine pour la raffinerie Dangote qui bénéficie d’un pétrole en partie extrait localement et d’une capacité légèrement étendue via certains ajustement portant sa capacité à 700.000 barils par jour, contre 650.000 lors de son inauguration.
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Par ailleurs, la guerre Russie-Ukraine et les arraisonnements de bateaux fantômes transportant des carburants, notamment du diesel russe, et les frappes de précision des ukrainiens sur les raffineries russes, entrainant les arrêts de celles-ci, ont particulièrement bénéficié à la raffinerie de Dangote qui carbure actuellement à plein régime pour satisfaire la demande émanant des pays africains, mais aussi de l’Europe, des États-Unis et d’autres pays asiatiques.
En juin et juillet 2026, la raffinerie Dangote s’est hissée au premier rang des fournisseurs de kérosène et de diésel de l’Europe, supplantant pour la première fois les États-Unis. La raffinerie a expédié 466.000 tonnes de diésel et 400.000 tonnes de kérosène vers l’Europe, s’adjugeant le cinquième du volume des importations du vieux continent.
En outre, dans le sillage de ces tensions, les prix des carburants ont flambé, beaucoup plus rapidement que les cours du brut. Cela permet des réaliser des marges de raffinages plus conséquentes et donc plus de rentabilité.
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À titre d’exemple, les prix du carburant au Nigeria sont passés de 830 nairas (0,55 euro) le litre avant la guerre au Moyen-Orient à 1400 nairas (0,93 euro), affichant une hausse de 68,68%. Une flambée qui n’a pas épargné de nombreux marchés africains et européens.
Ce sont tous ces facteurs qui ont contribué aux performances de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals depuis le début de l’année et qui devraient encore continuer à soutenir cette dynamique durant les prochains mois.
Reste à savoir si la raffinerie pourra continuer à générer autant de cash et de bénéfices une fois que la situation deviendra normale au Moyen-Orient.
Une chose est sure, avec un brut extrait localement et une taille qui lui permet de réaliser des économies d’échelle, la raffinerie Dangote continuera à bénéficier d’un avantage compétitif qui lui permettra de conserver certaines parts de marché au niveau de la région, mais aussi au-delà du continent africain.
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C’est de cette capacité à générer du cash continuellement tout en dégageant d’importants bénéfices que l’on jugera la portée de cette stratégie audacieuse d’Aliko Dangote de construire la plus grande raffinerie au monde au Nigeria.
En attendant, Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals devrait supplanter Dangote Cement, l’actuel vaisseau amiral du groupe et leader du secteur du ciment en Afrique, en tant que première source de revenu de Dangote Group.
En attendant, ces résultats financiers vont impacter positivement l’introduction en Bourse (IPO) de la Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals (DPRP) visant à lever 1,6 milliard de dollars.
L’homme d’affaires a annoncé la prolongation de la date de clôture de l’IPO lancée le 14 septembre dernier et qui devrait s’achever initialement le 13 octobre, après l’obtention de l’accord du régulateur des marchés financiers nigérians.
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Celle-ci a été prolongée jusqu’au 27 octobre courant, malgré le fait que le volume de 1,6 milliard de sollicité auprès des investisseurs soit sursouscrit trois à quatre fois, d’après Dangote.
Cette prolongation vise, selon l’homme d’affaires, à élargir la base d’investisseurs particuliers en l’élargissant aux Africains qui sont confrontés à des procédures plus complexes pour acheter les actions offertes dans le cadre de cette IPO.
Ainsi, au Kenya, les autorités financières ont autorisé, le 5 octobre, la mise en place d’un dispositif permettant aux investisseurs d’acheter indirectement des actions de la raffinerie par l’intermédiaire de Renaissance Capital. Ils peuvent souscrire en shillings kenyans à des certificats financiers représentant les actions de la raffinerie.
Ceux-ci pourront être échangés à la Bourse de Nairobi, une fois les actions attribuées et les autorisations obtenues. En Ouganda, le grand public est exclu de l’IPO qui cible uniquement les investisseurs professionnels et les grosses fortunes.
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Ces sont ces dispositifs nécessitant des négociations entre autorités boursières, banques et intermédiaires financiers nigérians et ceux des pays d’Afrique de l’Est qui ont poussé Dangote à solliciter la prolongation de la date de clôture de l’IPO sachant qu’il a prévu de d’affecter 20% de l’offre aux investisseurs des pays de cette région.
Cette prolongation donnera aussi la possibilité à l’émetteur de lever jusqu’à 2,1 milliards de dollars sur le marché, contre 1,6 milliard annoncé au départ.
Les fonds levés lors de cette opération vont contribuer à financer le projet d’extension de la méga-raffinerie du milliardaire nigérian pour faire passer sa capacité de 700.000 barils par jours à 1,4 million.
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Cette extension nécessitera un investissement 14,27 milliards de dollars. Les travaux ont démarré en janvier 2026. Des investissements de l’ordre de 4,8 milliards de dollars sont prévus en 2026, puis 3,9 milliards en 2027 et 3,1 milliards en 2028.
Le reliquat devrait venir d’autres sources de financement (recettes, emprunts,…). Avec les cessions opérées sous forme de placements privés et l’offre publique, soit une levée minimale de 4,1 milliards de dollars, ce sont presque 30% de la coût de l’extension qui sont assurés.
In fine, à la fin de cette opération, Aliko Dangote devrait garder le contrôle de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals en détenant 84,4% des actions d’une entreprise valorisée entre 48 et 50 milliards de dollars. La raffinerie, inaugurée en 2024, a coûté seulement 19 milliards de dollars.





