L’Afrique est très faiblement intégrée à la chaine aéronautique mondiale. Trois pays africains seulement -Maroc, Afrique du Sud et Tunisie- peuvent se prévaloir d’avoir réussi à intégrer cette industrie d’élite. Ces pays fabriquent et assemblent de plus en plus de composants intégrés dans l’assemblage des parties ou des avions des leaders mondiaux du secteur de l’aéronautique: Airbus, Boeing, Bombardier, Safran, Thalès, Embraer…
Si cette intégration se limite globalement à la présence de filiales de grands donneurs d’ordres du secteur (Airbus, Boeing Safran,..) et d’entreprises locales dédiées au secteur, qui fabriquent des composants de plus en plus sophistiqués, il faut aussi souligner que certains ont dépassé cette phase en construisant des avions légers.
C’est le cas de la Tunisie qui exporte depuis quelques années des avions légers dans de nombreux pays européens, américains, africains et asiatiques.
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Si l’industrie aéronautique et aérospatiale d’Afrique du Sud est la plus ancienne du continent africain, s’appuyant notamment sur un héritage historique fort dans la fabrication, la maintenance et l’industrie de la défense, avec de grandes entreprises dont Denel Aeronautics (fabricant d’avions léger militaires, hélicoptères, drones et systèmes intégrés pour la défense) et Aerosud Aviation (fabricant de pièces de précision de fuselage, pièces intérieures, composants structurels... pour Airbus, Boeing, BAE Systems et Embraer), depuis quelques années, c’est le Maroc et la Tunisie qui se développent et s’intègrent le plus à la chaîne de valeur de l’industrie aéronautique mondiale.
Ainsi, au cours du dernier quart de siècle, les deux pays ont réussi à attirer ensemble quelque 245 entreprises internationales et locales, dont les majors: Airbus, Boeing, Safran, Bombardier…
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Les deux pays d’Afrique du Nord jouissent de nombreux atouts. D’abord, il y a des visions stratégiques au niveau des deux pays pour développer l’industrie aéronautique locale et l’intégrer à la chaîne de valeur mondiale. Si la Tunisie a été la première à se lancer dans ce secteur, le Maroc a mieux réussi grâce à une vision stratégique soutenue.
Ensuite, il y a leur proximité géographique avec les géants du secteur aéronautique mondial: Airbus, Boeing, Bombardier, Safran, General Electric, Pratt & Whitney, Thales, Collins Aerospace… En outre, les deux pays s’appuient sur des ressources humaines de qualité permises par les formations d’écoles d’ingénieurs et des centres de formations spécialisés et/ou dédiés au secteur de l’aéronautique et qui assurent les compétences nécessaires aux acteurs locaux et étrangers du secteur. Mieux, le coût de cette main d’œuvre reste très compétitif par rapport à celui des pays européens et des États-Unis, contribuant aux mouvements de délocalisation pour les métiers à forte intensité de travail, comme le câblage.
Par ailleurs, si des écosystèmes aéronautiques ont pu se développer au niveau de ces deux pays, c’est aussi grâce à la mise en place d’infrastructures et d’incitations dans des zones d’accueil dédiés au secteur (MidParc à Casablanca, Aéropole El Mghira Grand Tunis). Ainsi, des Zones industrielles dédiées, dotées de toutes les infrastructures nécessaires, ont été créées pour inciter des acteurs étrangers à s’y installer. En outre, il y a les nombreuses incitations offertes par les deux pays maghrébins afin d’attirer les acteurs mondiaux du secteur. Outre l’aménagement des zones dédiées, les dispositifs fiscaux offrent aux entreprises exportatrices des exonérations de droits et taxes sur les exportations et la suppression des tarifs appliqués aux importations des équipements et matières premières en provenance de l’Union européenne.
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Enfin, et c’est un élément non négligeable, la stabilité politique et l’ouverture économique ont contribué au développement du secteur aéronautique au niveau des deux pays. A ce titre, l’instabilité qui prévaut en Tunisie depuis 2011 a, d’une certaine manière, handicapé le développement du secteur dans ce pays au cours des quinze dernières années, période durant laquelle le Royaume a accéléré son intégration en attirant de nombreux acteurs mondiaux du secteur et en montant en gamme.
Grâce à ces atouts, les deux pays, forts d’expertises de plus de 20 ans, sont aujourd’hui bien intégrés à la chaine de valeur du secteur aéronautique mondial en pleine croissance.
Maroc: premier exportateur africain et pays le plus intégré
Le Maroc s’est affirmé en un quart de siècle comme le principal pôle industriel aéronautique d’Afrique. C’est en 1999 que le Royaume a commencé à attirer des grands industriels mondiaux du secteur de l’aéronautique avec l’implantation de la SERMP (Société d’étude et de réalisation mécaniques de précision) et la création de Snecma Morocco Engine Services (SMES), fruit d’une association entre Royal Air Maroc et Snecma (aujourd’hui Safran), devenue Safran Aircraft Engine Services Morocco. Deux ans plus tard, la création de Matis Aerospace, joint-venture entre Safran, Boeing et Royal Air Maroc, consacre l’entrée du Maroc dans la production aéronautique.
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Ainsi, au début des années 2000, le Maroc ne comptait que 5 acteurs pionniers du secteur aéronautique. Depuis, l’écosystème s’est fortement développé pour atteindre aujourd’hui près de 160 entreprises, internationales et locales.
Aujourd’hui, plusieurs écosystèmes aéronautiques se sont développés au Maroc: ingénierie, système d’interconnexion de câblage électrique, assemblage, moteur, maintenance et réparation (MRO) et composite. D’autres sont en cours de développement: industrie spatiale, haut de la chaîne de valeur, intérieurs des cabines et trains d’atterrissage. Ces écosystèmes ont contribué à intégrer le Maroc à la chaine de valeur du secteur aéronautique mondial.
Cela n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une vision stratégique qui a permis de mettre en place tout l’écosystème nécessaire au développement de l’industrie aéronautique marocaine. Il y a eu d’abord le lancement du Plan Émergence en décembre 2005 pour moderniser et renforcer la compétitivité de l’économie marocaine et qui a érigé l’aéronautique au rang de «Métier mondial du Maroc» à l’instar de cinq autres secteurs: automobile, offshoring, électronique, textile et cuir, et agroalimentaire.
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La création du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS) en 2006 est venue appuyer et structurer le développement de la plateforme aéronautique marocaine. Le Pacte national pour l’émergence industrielle (2009) et le Plan d’Accélération Industrielle (PAI) de première (2014-2020) et deuxième génération (2021-2025), basés sur la création d’écosystèmes industriels intégrés, vont faire passer à la vitesse supérieure le développement du secteur aéronautique marocain.
Cette vision s’est traduite par la mise en place de zones franches dédiées: Aeropole de Nouaceur et Midparc Casablanca Free Zone. Celles-ci, dédiées exclusivement à l’aéronautique et aux technologies associées, accueillent des géants du secteur, bénéficient du statut de zone franche, jouissent de leur proximité avec l’aéroport Mohammed V de Casablanca et du port de Casablanca. Elles offrent également un accompagnement adapté à l’implantation des acteurs du secteur aéronautique. Les entreprises installées dans ces zones bénéficient aussi de nombreux avantages fiscaux. Autant de facilités qui font que la grande majorité des 160 entreprises du secteur est implantée dans ces deux zones dédiées, dont de nombreuses filiales des géants du secteur: Boeing, Airbus, Safran, Hexcel, Eaton, Mécachrome, Daher, Stelia…
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L’autre levier qui a contribué au développement du secteur est la disponibilité des ressources humaines de qualité. Pour répondre à cette exigence, outre les diplômés des écoles et instituts marocains, l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA) a été créé en 2008 et devenu opérationnel en 2011, dans le cadre d’un partenariat public-privé (État marocain, GIMAS, Union des industries et métiers de la métallurgie de France et Agence française de développement). Plus de 16.000 personnes ont été formées par l’IMA dans des métiers qui couvrent 85% des besoins du secteur de l’aéronautique au Maroc (usinage, soudage, peinture, câblage, assemblage métallique et composite, fuselages, portes, nacelles, peinture, connectique, pièces moteur, pièces d’aérostructures …).
Outre l’IMA, l’écosystème s’appuie aussi sur ISMALA (Institut spécialisé dans les métiers de l’aéronautique et de la logistique aéroportuaire), un centre spécialisé dans la formation des métiers MRO (maintenance, réparation, opérations), et d’autres structures dont AEROSUP Casablanca et l’Africa Center for Manufacturing Excellence (ACME), lancé plus récemment en partenariat avec l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) et d’autres acteurs dont Boeing et Airbus.
Ces différents facteurs, combinés à la proximité géographique avec les grands centres de donneurs d’ordres (Union européenne, États-Unis, Canada…), à la stabilité politique et à l’ouverture économique, ont permis au Maroc de se positionner en tant que partenaire fiable au service des grands donneurs d’ordre internationaux (Airbus, Boeing, Safran, Thales…). Pour ces derniers, le Maroc est devenu non seulement une destination «best costs» prisée, mais aussi une pépinière de nouveaux métiers aéronautiques à forte valeur ajoutée.
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Les implantations tendent à s’accélérer comme en témoignent les nombreuses déclarations faites en marge du Marrakech Air Show 2026, qui s’est achevé le 10 octobre courant. Safran Oil System a prévu 11 millions d’euros pour la fabrication d’une usine de fabrication de système de lubrification pour moteurs d’avions. Matis Aerospace, filiale de Boeing et Safran Electric & Power, va investir 16,5 millions de dollars pour une unité de fabrication de câblage électrique aéronautique, avec 750 emplois à la clé. Pour sa part, APS Coating mise 18 millions d’euros pour la création d’une usine de traitement de surface de pièces aéronautiques avec la création de 120 emplois directs. Enfin, Mecapole va investir 10 millions d’euros pour développer des capacités d’usinage de précision de pièces destinées aux avions et aux hélicoptères.
Le succès du Maroc au niveau du secteur se reflète sur les chiffres. Le Royaume est la 5e destination la plus attractive pour l’investissement dans l’aérospatial et la première destination en Afrique. Aujourd’hui, plus de 160 entreprises sont implantées dans le pays, avec un taux d’intégration local atteignant 40% et l’ambition de porter celui-ci à 50% à l’horizon 2030. Le secteur emploie actuellement environ 27.000 personnes et pèse 3,5% du Produit intérieur brut du Maroc.
L’écosystème aéronautique marocain étant tourné vers les marchés internationaux, ses performances se mesurent à l’aune de la valeur de ses exportations. Celles-ci ont atteint 29,1 milliards de dirhams, soit environ 3 milliards de dollars, en hausse de 10% par rapport à l’année précédente, devenant le cinquième contributeur aux recettes d’exportation industrielle du Royaume.
Pour les huit premiers mois de l’année en cours, les exportations du secteur ont progressé de 21,5% (+4,07 milliards de dirhams) à 22,97 milliards de dirhams, grâce à la hausse des ventes du segment de l’assemblage (+3,37 milliards de dirhams) et celles du segment EWIS (Système d’interconnexion du câblage électrique).
Le Maroc ambitionne de porter la valeur de ses exportations aéronautiques annuelles de 3 à 5 milliards de dollars à l’horizon 2029. Outre l’accueil de nouveaux acteurs du secteur, cela passera par la montée en gamme de l’industrie aéronautique nationale. L’enjeu est désormais d’accroître la valeur ajoutée produite localement, en dépassant la fabrication de composants simples pour développer des activités plus sophistiquées, dont l’assemblage et la production de pièces de moteurs d’avions, de trains d’atterrissage…
Les perspectives de croissance sont très encourageantes. En attestent les nombreuses conventions d’investissement signées en marge du Marrakech Air Show 2026, avec les annonces d’investissements de Safran Oil Systems (usine de fabrication de système de lubrification pour moteurs d’avions), de Matis Aerospace (unité de fabrication de câblage électrique aéronautique)…
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Déjà, en avril 2026, Pratt & Whitney Canada a inauguré une usine de composants de moteurs à Nouaceur, alors que Safran construit un centre de maintenance des moteurs LEAP pour un investissement de 120 millions d’euros. Ce centre doit entrer en activité en 2027 avec une capacité de traitement de 150 moteurs par an et la création de 600 emplois à l’horizon 2030. Mieux, le groupe français, fortement présent au Maroc, implante une ligne d’assemblage de moteur LEAP-1A d’une capacité de 350 moteurs par an pour un investissement de 200 millions d’euros et la création de 300 emplois. En février dernier, il avait aussi annoncé un investissement de 280 millions d’euros pour une usine de fabrication d’équipement de trains d’atterrissage qui sera opérationnelle en 2029 avec à la clé 500 emplois à terme.
Bref, l’industrie aéronautique marocaine est sur une bonne trajectoire pour consolider sa position leader en Afrique et surtout de monter en gamme sur des segments à très forte valeur ajoutée.
Tunisie: du câblage à la fabrication d’avions légers
A l’instar du Maroc, la Tunisie est intégrée à la chaine de valeur du secteur aéronautique mondial grâce à une politique industrielle, des investissements soutenus et à la forte présence de nombreux sous-traitants et équipementiers.
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Le secteur aéronautique tunisien compte environ 85 entreprises internationales et locales, et emploie directement plus de 20.000 personnes qualifiées. Parmi les principaux sous-traitant et équipementiers internationaux présents en Tunisie figurent Safran. Arrivé en 2024 dans le pays, Safran y conçoit des systèmes embarqués, des équipements et des intérieurs d’avions. Il faut aussi ajouter la présence d’Airbus Atlantic, Corse Composites Aéronautiques (CCA), Pursuit Aerospace, Figeac Aéro, Zodiac Aerospace, Mecachrome, Hutchinson, Latécoère, Sogeclair Aerospace, Sabena Technics, Aksa Composites, IAT…
Ces acteurs font globalement du câblage et/ou fabriquent des systèmes embarqués, des équipements et intérieurs d’avions, des pièces et sous-ensembles d’avions, des pièces en composites, d’usinage de pièces de haute précision, d’aérostructures… Ils sont regroupés au sein du Groupement des industries tunisiennes aéronautiques et spatiales (GITAS), une association patronale créée en 2006 et qui regroupe les principaux acteurs du secteur implantés en Tunisie (Safran, Airbus Atlantic, Latécoère, Mecachrome, Hutchinson…).
A l’instar du Maroc, ces entreprises bénéficient de zones dédiées. Une grande partie de ces entreprises est implantée au niveau de l’Aéropôle El Mghira, situé à une dizaine de kilomètres de Tunis, qui s’étend sur une superficie de plus de 200 hectares. Il est relié directement par voie terrestre au plus grand port maritime du pays, le port de Radès.
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Ces zones dédiées offrent aux entreprises qui s’y implantent divers avantages et dispositifs fiscaux incitatifs.
L’autre levier sur lequel s’appuie l’industrie aéronautique tunisien est la formation professionnelle et académique. Le secteur bénéficie d’un bassin de plus de 65.000 diplômés annuels, dont une forte proportion en Science, Technologie, Ingénierie et mathématique (STEM) et s’appuie aussi sur près de 47 écoles d’ingénieurs et 15 centres de formation dédiés.
Le Maroc et la Tunisie comptent respectivement 160 et 85 entreprises internationales et nationales intégrées à la chaine de valeur de l'industrie aéronautique mondiale.
Des instituts et centres de formation dédiés à l’aéronautique offrent des ressources humaines de qualité à l’écosystème aéronautique. C’est le cas de l’ESAT (École supérieure de l’aéronautique et des technologies), de l’INSAT (Institut national des sciences appliquées et de technologie), de l’ENIT (École nationale d’ingénieurs de Tunisie), du CIMA (Centre d’Ingénierie pour les métiers de l’aéronautique) initié par Telnet Holding et le groupe Safran, le CEMIA (Centre d’excellence dans les métiers de l’industrie aéronautique) situé sur l’Aeropole d’El Mghira à Ben Arous, le Sfax Aerospace Valley… Cet écosystème de formation a été enrichi, le 23 septembre 2026, par l’inauguration, par Figeac Aero Tunisie, d’un nouveau Centre de formation aux métiers de l’industrie aéronautique, situé à l’Aeropole d’El Mghira.
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Ils offrent des ressources humaines de qualité avec des coûts de main d’œuvre très compétitifs comparativement à des pays concurrents et qui sont incomparables avec ceux des pays d’implantation des donneurs d’ordres.
Grâce à ces nombreux avantages, la Tunisie continue d’attirer des acteurs du secteur. Le groupe américain Pursuit Aerospace va agrandir de 40% son site industriel de Tunis, spécialisé dans la fabrication de composants destinés aux moteurs d’avions, et comptera plus de 1000 salariés. La filiale de l’américain fabrique en Tunisie des composants métalliques de précision destinés aux moteurs aéronautiques, notamment à partir d’alliages de nickel et de cobalt. Il s’agit de matériaux utilisés pour des pièces soumises à des températures élevées et à d’importantes contraintes mécaniques. Cette infrastructure intervient après l’extension de Mecachrome, spécialisé dans l’usinage des pièces mécaniques et des ensembles de haute précision, et l’annonce de l’arrivée du turc AKSA Composites pour une première implantation en Afrique.
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Au-delà de la fabrication des composants et du câblage, la Tunisie possède une industrie de construction et d’assemblage d’avions légers. Le pays fait partie du club très restreint des constructeurs d’avions légers (2 à 4 places). L’entreprise Avionav, implantée à Borjine, dans le gouvernorat de Sousse, produit depuis 2014 des avions en composite fibre de carbone (modèles Rallye) et en aluminium (Storm), ainsi que des hydravions en partenariat avec Evada Aircraft. L’entreprise a une capacité de production de 80 unités par an et compte un effectif de 140 personnes dont des ingénieurs et techniciens.
Avionav a exporté des dizaines d’avions vers l’Europe, les États-Unis, le Moyen-Orient et l’Afrique. Ces avions, exportés vers une vingtaine de pays (Italie, Espagne, Royaume-Uni, France, Algérie, Maroc, Jordanie, Arabie Saoudite…), servent pour la formation des pilotes, les déplacements de courte distance, les campagnes publicitaires, les missions de contrôle aérien, l’épandage des pesticides…
A l’instar du Maroc, le secteur aéronautique tunisien est tourné vers l’exportation. Sur plus de 85 entreprises spécialisées, près de 90% sont tournées vers l’exportation. En valeur, les exportations du secteur ont dépassé 650 millions d’euros en 2025. Ce chiffre était de 30 millions d’euros en 2020 et 229 millions en 2016.
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Le secteur affiche une croissance annuelle de l’ordre de 10% et pèse environ 3,5% du Produit intérieur brut (Pib) de la Tunisie. Il créé chaque année environ 1000 emplois directs et compte actuellement autour de 20.000 emplois directs.
Indicateurs des écosystèmes aéronautiques du Maroc et de la Tunisie
| Pays | Principales zones industrielles dédiées | Nombre d’entreprises du secteur | Principaux acteurs implantés | Emplois directs créés | Exportations du secteur en 2025 |
|---|---|---|---|---|---|
| Maroc | Aeropole de Nouaceur, Midparc Casablanca Free Zone | 160 | Boeing, Airbus, Safran, Hexcel, Eaton, Mécachrome, Daher, Stelia, LISI Aerospace, Le Piston Français, Souriaux, Aerolia, Ratier Figeac, Pratt & Whitney Canada, Collins Aerospace, Latécoère, Thales... | 27.000 | 3 milliards de dollars |
| Tunisie | Aeropole d’El Mghira à Ben Arous, Sfax Aerospace Valley | 85 | Safran, Airbus Atlantic, Corse Composites Aéronautiques (CCA), Pursuit Aerospace, Figeac Aéro, Zodiac Aerospace, Mecachrome, Hutchinson, Latécoère, Sogeclair Aerospace, Sabena Technics,... | 20.000 | 730 millions de dollars |
Le grand défi pour les deux pays maghrébins est de progresser dans la chaîne de valeur en se positionnant sur de nouveaux créneaux à plus forte valeur ajoutée: développement de logiciels, modélisation des pièces 3D, automatisation des tests logiciels ou d’équipements physiques, assemblage de moteurs et de trains d’atterrissage…
Par ailleurs, les deux pays doivent chercher à diversifier davantage leurs débouchés. Presque 70% de la production sont exportés vers l’Union européenne, avec les entreprises françaises comme principaux clients. D’ailleurs, les entreprises françaises sont prédominantes parmi celles implantées dans les deux pays.








