Paul Biya, le Président de la République du Cameroun, est âgé de 93 ans dont 44 ans passés à la tête du pays. Il est actuellement le dirigeant le plus âgé au monde avec une riche expérience accumulée durant toutes ces décennies. Il a été réélu en octobre 2025 et poursuit son huitième mandat.
Seulement, l’atmosphère politique que traverse le Cameroun actuellement laisse penser à une guerre de succession et de positionnement menée par l’entourage immédiat de l’homme qui a pris le pouvoir le 6 novembre 1982. C’est ce que confirme le politologue Esaïe Ateba, enseignant dans plusieurs instituts universitaires à Yaoundé.
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«La question ne se pose plus. Lorsque vous voyez comment les affaires sont conduites au sommet de l’État, la solidarité gouvernementale qui n’existe presque plus, les documents top secret qui se retrouvent à la place publique, le rejet systématique des hautes instructions du Président par certains membres du gouvernement qui accusent le Secrétaire Général de la Présidence de la République d’en être l’auteur, il est évident que la nuit des longs couteaux a commencé», a-t-il décrit.
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En prenant pour exemple «la nuit des longs couteaux» Esaïe Ateba fait allusion à la purge politique sanglante menée en Allemagne par Adolf Hitler entre le 29 juin et le 2 juillet 1934. Depuis, l’expression est restée et signifie qu’une crise politique a lieu au plus haut sommet de l’Etat.
Sur la scène politique, plusieurs analystes comme Saint-Eloi Bidoung ont identifié les différents belligérants. «Ce conflit se passe entre les Nanga qui représentent la belle-famille du Président Paul Biya et les Bulu, le clan dont lui-même est issu. Je pense que les Nanga veulent continuer à bénéficier du pouvoir. Ce que réfutent les Bulu qui estiment qu’ils ont les meilleurs profils pour succéder au Président cas d’empêchement définitif. J’ose aussi vous affirmé que ces deux camps ne sont pas les seuls à vouloir le pouvoir parce qu’il y a d’autres qui observent et prennent tranquillement des notes», a-t-il confié.
Saint-Eloi Bidoung fait certainement allusion aux ressortissants du grand Nord Cameroun qui veulent que le pouvoir leur revienne après le passage de l’un des leurs, l’ancien président Amadou Ahidjo.
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L’homme politique évoquait aussi les Bamilékés qui réclamaient le pouvoir avant même l’indépendance du Cameroun et le groupe anglophone qui revendique l’alternance au sommet de l’État avec les francophones qui règnent sans partage.
Mais pour l’heure, la bataille est plus rude entre les Nanga et les Bulu qui se donnent des coups à tour de rôle à travers des dénonciations dans les réseaux sociaux.
A titre de rappel, pour accéder au pouvoir au Cameroun, la Constitution a prévu un mécanisme qui aboutit à l’élection d’un candidat ayant rempli toutes les conditions d’éligibilité et obtenu le plus grand nombre de suffrages valablement exprimés.
