Simon Pierre Mbida, nouveau leader du Parti des Démocrates Camerounais (PDC) et fils du fondateur de son et tout premier Premier ministre du Cameroun indépendant, André Marie Mbida, a décidé de reprendre la flambeau.
Le360 Afrique: Votre défunt père, André Marie Mbida, a été un pionnier et le tout premier Premier ministre du Cameroun. Quel est le message ou l’idéal politique du PDC que vous souhaitez le plus préserver aujourd’hui.
Simon Pierre Mbida: Le message originel du Parti des Démocrates Camerounais demeure d’actualité. André-Marie Mbida avait pour ambition d’émanciper les Camerounais dans tous les domaines de la vie économique, politiques, sociale, culturelle. Ce message porte essentiellement sur la dignité humaine. Mbida voulait tout simplement que le Cameroun devienne un pays moderne dirigé par ses propres enfants sans avoir besoin de recourir à l’ex-colonisateur. Et le Cameroun d’aujourd’hui a besoin de ces valeurs.
L’histoire retient que le PDC s’est brouillé avec l’ancien régime, le poussant à rejoindre l’opposition. Comment analysez-vous cette période charnière de l’histoire politique du Cameroun?
André Marie Mbida était pour l’indépendance totale et complète du Cameroun. Il savait bien qu’on ne peut pas développer un pays en le laissant sous la tutelle d’une puissance. C’est pour cela qu’il voulait une indépendance par étape, le temps pour les dirigeants camerounais de former les cadres nécessaires à la prise en main du pays dans tous les secteurs d’activité. Cette position a été à l’origine d’une mésentente avec les autres leaders politiques locaux et une brouille avec les colons. Ce qui l’a écarté définitivement de la vie politique du Cameroun.
Après des années en retrait, le PDC a amorcé une restructuration importante. Qu’est ce qui a motivé cette décision de relancer concrètement les activités du parti maintenant?
C’est la situation de notre pays aujourd’hui. Le Cameroun est actuellement à la croisée des chemins. Nous sommes entrés dans une période de transition qui ne saurait tarder. Pour cela, notre parti doit se positionner pour la refondation du pays dont nous seuls, avons la clé. Parce que le Cameroun doit se refonder sur la vision d’André Marie Mbida. Celui-là même qui a donné l’hymne national au Cameroun, sa devise, ses armoiries et les couleurs de son drapeau. C’est pour cela que nous sommes de retour.
Le paysage politique du Cameroun a considérablement évolué depuis la création de votre parti, comment comptez-vous positionner le PDC pour gagner la confiance des électeurs et surtout vous imposer face aux forces politiques actuelles?
Le PDC a un avantage que les autres n’ont pas. Il s’agit de la maitrise de l’histoire politique du pays. Nombreux ne savent pas qu’André Marie Mbida a eu quatre fois l’occasion de revenir à la tête du pays mais par des voies illégales c’est pourquoi il avait décliné l’offre des initiateurs de ces projets qui se recrutaient entre l’ancien colon et les rebelles locaux. Qui aujourd’hui, peut refuser cette offre?
Les prochaines échéances électorales auront lieu en 2027, quelle est la vision du PDC pour le Cameroun de demain ? Le parti compte-t-il adopter une posture d’opposition radicale ou privilégier le dialogue?
Le PDC n’a jamais été un parti radical. C’est un parti modéré. N’oubliez pas que Mbida est le fondateur d’une démocratie modérée. Cela dit, nous sommes ouverts au dialogue avec le parti au pouvoir mais nous garderons vos valeurs sans aucune compromission.
