Étudiants africains en France: leur nombre, leur pays d’origine et les filières les plus prisées

Des étudiants de l'École polytechnique, l'une des plus prestigieuses écoles de formation d'ingénieurs de France.

Le 05/11/2026 à 14h49

Le ministère de l’Éducation nationale française vient de publier «Repères et références statistiques: enseignement, formation et recherche» un document qui donne un aperçu sur les étudiants étrangers et les formations suivies en 2025-2026. Voici l’origine et les principales disciplines suivies par les étudiants africains qui représentent 52,1% des effectifs des étudiants étrangers qui fréquentent les amphis de l’Hexagone.

Durant l’année universitaire 2025-2026, on comptait environ 3,04 millions d’étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur en France, selon les données de «Repères et références statistiques: enseignement, formation et recherche» et de la Direction générale des étrangers en France relevant du ministère de l’Intérieur.

Sur ce nombre, on compte un peu plus 352.790 étudiants étrangers en mobilité international en France (étudiants étrangers ayant obtenu un bac ou un diplôme équivalent à l’étranger venus en France spécifiquement pour y poursuivre des études supérieures), soit environ 12% des effectifs globaux des étudiants inscrits de l’enseignement supérieur français (universités et écoles supérieures).

«Après plusieurs années d’augmentation régulière post-pandémie, cet effectif s’accroit fortement cette année (+7,2% en un an, +26,8% au cours de cinq ans). Cette croissance est portée par l’attractivité des universités (+5,1% en un an) et des écoles de commerce, gestion et vente (+12,0%). Ces écoles confortent leur position d’établissements où la proportion d’étudiants internationaux est la plus élevée (un étudiant sur cinq)», souligne le rapport.

Malgré une baisse de la fréquentation, les universités (y compris les écoles préparatoires et les formations universitaires d’ingénieurs) ont accueilli 63% des étudiants étrangers en mobilité internationale, soit 221.354 étudiants.

Les étudiants africains inscrits dans les universités françaises sont au nombre de 123.873, soit 56% des étudiants étrangers inscrits dans ces établissements, dont 49,8% de femmes. Dans les universités françaises, les étudiants africains s’inscrivent davantage en sciences (42%).

En ce qui concerne les effectifs des écoles de commerce, de gestion et de ventes, d’ingénieurs (hors université), d’art d’architectures et autres écoles de formation (journalisme, STS, CPGE…), se sont établis à 131.436 étudiants étrangers dont 57.746 africains.

Concernant l’origine des étudiants étrangers poursuivant leurs études en France, sept pays concentrent environ 42% des effectifs (soit 147.441 étudiants) dont cinq pays africains: Maroc, Algérie, Sénégal, Tunisie et Cameroun. Ces cinq pays comptent un total de 110.617 étudiants, concentrant 61% des effectifs venant du continent africain.

Le Maroc maintient son rang de premier pays d’origine au niveau de l’enseignement supérieur français avec 37.027 étudiants, soit 10,5% des effectifs des étudiants étrangers inscrits en France et 16,53% des étudiants venant d’Afrique. Le Maroc devance l’Algérie (30.105 étudiants), la Chine (22.803), le Sénégal (16.581), la Tunisie (14.423), l’Italie (14.021) et le Cameroun (12.481).

Par discipline, le rapport révèle que 36,6% des étudiants étrangers fréquentent les disciplines scientifiques, 26,7% les Lettres et sciences humaines, 16,0% l’Économie et la gestion, 11,1% la Médecine et 9,6% le Droit.

Cette répartition moyenne cache des divergences importantes entre les pays.

Au niveau africain, le Maroc, qui a la plus forte communauté d’étudiants étrangers en France, compte 50,4% d’inscrits dans les filières scientifiques, contre 19,7 en Économie, 14,4% en Médecine, 10,6% en Lettre et 5,5% en Droit.

«Ce pays se signale par une part plus faible d’étudiants à l’université: ils privilégient des études en école (commerce, ingénieur,…) à l’instar de ceux de l’Inde ou de l’Amérique du Nord», souligne le rapport.

Le Maroc est le pays le plus représenté au niveau des écoles d’ingénierie en France avec autour de 20% des effectifs d’étudiants étrangers, devant la Chine, le Cameroun et la Tunisie.

Pour sa part, l’Algérie, second pays le plus représenté en France avec 30.105 étudiants, compte aussi 50,7% d’inscrits dans les filières scientifiques, 20,5% en Lettres, 18,3% en Médecine, 8,8% en Économie et 1,6% en Droit. A l’inverse du Maroc, près de neuf étudiants algériens sur dix (86%) sont inscrits à l’université.

Toujours au niveau de l’Afrique du Nord, la Tunisie compte presque autant d’étudiants inscrits dans les filières scientifiques (34,8%) qu’en médecine (33,2%), devant l’Économie 13,2%), les lettres (11,6%) et le Droit (7,3%)

En Afrique subsaharienne, le Sénégal compte 43,7% d’étudiants inscrits dans les filières scientifiques, 29,0% en Lettres, 14,2% en Économie, 9,6% en Droit et 3,5% en Médecine. Près de 76% des étudiants sénégalais fréquentent les universités, le reliquat étant éparpillé dans les différentes écoles et institutions de formations supérieures.

Pour sa part, la Côte d’Ivoire, comparativement aux quatre pays africains comptant le plus grand nombre d’étudiants, est le pays ayant le pourcentage d’étudiants inscrits dans les filières scientifiques le plus faible avec seulement 28,9%. Le pays compte 24,5% d’inscrits dans la filière Économie, 22,5% en Lettres, 18,8% en Droits et 5,0% en Médecine.

Enfin, en ce qui concerne plus spécifiquement les écoles d’ingénieurs françaises (formation d’ingénieurs hors universités), très prisées pour la qualité de leurs formations, le Maroc occupe le premier rang avec 4.073 inscrits, soit 11% des effectifs d’étudiants marocains poursuivant leurs études supérieures en France.

Au niveau africain, le Royaume devance le Cameroun qui compte 2.122 étudiants dans ces établissements, soit 17% des effectifs camerounais poursuivant leurs études supérieures en France.

C’est le pays qui compte la proportion d’étudiants inscrits dans les écoles d’ingénierie en France la plus élevée devant la Maroc (11%), la Tunisie (10%), le Liban (8%), le Liban (7%) et la Chine (5%).

Par Moussa Diop
Le 05/11/2026 à 14h49