En 2025, le Maroc a importé 29,1 milliards de dirhams de marchandises d’origine africaine, en hausse de 19,2%, contre 24,4 milliards en 2024. Dix pays concentrent 93,5% de ces flux. Les chiffres publiés le 15 octobre par l’Office des changes du Maroc ne trompent pas. Derrière la progression spectaculaire des importations marocaines en provenance d’Afrique se cache une hiérarchie implacable.
Dix pays concentrent l’essentiel de ces flux. Dix profils, dix trajectoires, dix histoires économiques qui disent beaucoup de la recomposition des échanges entre le Royaume et son continent. Ce que révèle ce classement, ce n’est pas seulement une hiérarchie de volumes, c’est une géographie des complémentarités et des dépendances. L’Égypte écrase le jeu, mais derrière, c’est un chassé-croisé permanent entre pays pétroliers, agricoles et industriels.
Lire aussi : Projections 2026-2027 du FMI: contrastes et trajectoires des 20 plus fortes croissances d’Afrique subsaharienne
Pour comprendre ce Top 10, il faut d’abord planter le décor macroéconomique. Le rapport de l’Office des changes s’ouvre sur un constat: le commerce mondial des marchandises a progressé de 4,6% en volume en 2025, après une hausse de 2,7% en 2024 et un recul de 0,9% en 2023. En valeur, la croissance atteint 7% en dollars courants, contre 2% l’année précédente.
«Les prix ont joué un rôle limité dans la croissance nominale», précise le document, citant l’Organisation mondiale du commerce. L’Afrique et le Moyen-Orient affichent les performances les plus dynamiques. Leurs exportations augmentent respectivement de 10,3% et 12,9% en 2025, contre -2% et 4,6% en 2024. Leurs importations progressent de 8,7% et 10,4%.
Les fournisseurs africains du Maroc en 2025 (importations, MDH)
| Rang | Pays | Importations 2025 (MDH) | Part dans les importations totales du Maroc (%) |
|---|---|---|---|
| 1 | Égypte | 13.011 | 1,6 |
| 2 | Tunisie | 3.452 | 0,4 |
| 3 | Afrique du Sud | 3.415 | 0,4 |
| 4 | Nigeria | 2.511 | 0,3 |
| 5 | Libye | 1.923 | 0,2 |
| 6 | Ouganda | 996 | 0,1 |
| 7 | Algérie | 739 | 0,1 |
| 8 | Côte d’Ivoire | 638 | 0,1 |
| 9 | Sénégal | 457 | 0,1 |
| 10 | Mauritanie | 56 | - |
| Total Top 10 | — | 27.198 | — |
Source: Office des Changes.
Dans ce contexte, le Maroc n’est pas en reste. Ses importations totales atteignent 822,3 milliards de dirhams en 2025, en hausse de 8% sur un an. Ses exportations s’élèvent à 470 milliards, soit une progression de 3%. Le déficit commercial se creuse à 352,3 milliards de dirhams, avec un taux de couverture de 57,2%. L’Europe reste le premier partenaire (773,1 milliards d’échanges, 59,8% du total), devant l’Asie (282,7 milliards, 21,9%) et l’Amérique (157,3 milliards, 12,2%).
L’Afrique, avec 59,4 milliards d’échanges, ne pèse que 4,6% du total. Mais sa dynamique est toute autre. Les importations en provenance du continent ont bondi de 19,2 %, bien au-delà de la moyenne mondiale des importations marocaines (+8%). L’Afrique est le continent qui croît le plus vite dans le commerce extérieur du Maroc, mais à partir d’une base encore faible. C’est un marché d’avenir, mais qui reste dominé par quelques gros fournisseurs.
L’Afrique dans le commerce extérieur marocain
L’Office des changes confirme cette ambivalence. Les importations marocaines d’origine africaine représentent 3,5% du total des importations (29,1 milliards sur 822,3 milliards). Les exportations vers l’Afrique pèsent 6,5% du total (30,3 milliards sur 470,0 milliards). Le solde commercial avec le continent reste excédentaire (+1,2 milliard de dirhams), mais il s’est effondré de 82,9% par rapport à 2024, soit une perte de 6 milliards de dirhams.
Ce repli spectaculaire de l’excédent est un signal d’alerte. Il résulte principalement de la diminution du solde excédentaire avec Djibouti de 4,1 milliards de dirhams, et de l’aggravation des déficits avec l’Afrique du Sud (+1,9 milliard) et la Libye (+1,2 milliard). Autrement dit, le Maroc vend moins ou achète plus à ses partenaires africains, et sa balance commerciale continentale se dégrade.
Lire aussi : Côte d’Ivoire: plantation de 500.000 nouveaux ha d’hévéa d’ici 2035
Pourtant, la structure des échanges reste favorable sur le papier. Le Maroc exporte vers l’Afrique des engrais (7,2 milliards de dirhams, 23,6% du total), des poissons frais ou transformés (2,5 milliards, 8,3%), du sucre (2,0 milliards, 6,7%), des câbles électriques (1,5 milliard, 5,1%) et des voitures de tourisme (1,3 milliard, 4,3%).
Il importe du continent des huiles de pétrole et lubrifiants (3,5 milliards, 11,9%), des houilles et combustibles solides (2,9 milliards, 9,8%), des dattes (2 milliards, 6,7%), des gas-oils et fuel-oils (1,5 milliard, 5,3%), du café (1,5 milliard, 5,1%) et de l’ammoniac (1,3 milliard, 4,5%).
ËLe Maroc est un importateur net de produits énergétiques et agricoles bruts, et un exportateur de produits transformés et d’intrants industriels. C’est une relation de complémentarité, mais qui expose le Royaume aux fluctuations des prix des matières premières.
La Tunisie, deuxième fournisseur africain du Maroc, affiche 3,452 milliards de dirhams d’importations en 2025, en hausse de 22,3%. Le Maroc importe de ce pays des câbles et autres pièces de connexions électriques, des circuits électroniques, des huiles et graisses raffinées pour la fabrication de produits alimentaires, des luminaires et appareils pour éclairage, des parties d’avions, d’hélicoptères ou de véhicules aériens, des parties et accessoires d’automobiles (carrosseries, volants, colonnes et boitiers de direction), ou encore des produits chimiques.
Le Top 10 des fournisseurs africains
Le classement des dix premiers fournisseurs africains du Maroc en 2025, établi à partir des données de l’Office des changes, est le suivant:
♦ Égypte: 13,011 milliards de dirhams (part de 1,6% des importations totales du Maroc, +3,5% sur un an)
♦ Tunisie: 3,452 milliards de dirhams (0,4%, +22,3%)
♦ Afrique du Sud: 3,415 milliards de dirhams (0,4%, +96,2%)
♦ Nigeria: 2,511 milliards de dirhams (0,3%, +87,1%)
♦ Libye: 1,923 milliards de dirhams (0,2%, +88,2%)
♦ Ouganda: 996 millions de dirhams (0,1%, +39,3%)
♦ Algérie: 739 millions de dirhams (0,1%, -8,7%)
♦ Côte d’Ivoire: 638 millions de dirhams (0,1%, -1,7%)
♦ Sénégal: 457 millions de dirhams (0,1%, -22,4%)
♦ Mauritanie: 56 millions de dirhams (part non renseignée, +39 millions de dirhams).
Remarque: la hiérarchie est très concentrée. L’Égypte, à elle seule, pèse 44,7% des importations africaines du Maroc. Les trois premiers (Égypte, Tunisie, Afrique du Sud) totalisent 68,3%. Disons que c’est un oligopole de fait.
Égypte et Tunisie, partenaires de proximité
Avec 13,0 milliards de dirhams d’importations en 2025, l’Égypte domine sans partage le classement des fournisseurs africains du Maroc. Sa part dans les importations totales du Royaume atteint 1,6%, un niveau que seul un pays africain peut revendiquer. La progression est régulière: 7,4 milliards en 2021, 10,4 milliards en 2022, 9,4 milliards en 2023, 12,6 milliards en 2024, 13,0 milliards en 2025.
L’Égypte est le seul pays africain à avoir une relation commerciale d’envergure avec le Maroc, comparable à celle que le Royaume entretient avec certains pays européens de second rang, peut-on observer. Mais cette relation est asymétrique. Le Maroc importe beaucoup d’Égypte et lui vend relativement peu.
Le Royaume importe de ce pays des accumulateurs électriques au plomb (batteries plomb-acide) rechargeables qui stockent l’énergie sous forme chimique, puis la restituent en électricité, des produits chimiques (Ammoniac anhydre, alkylbenzènes), des ingrédients fonctionnels pour l’industrie agroalimentaire (amidon de maïs, arachides décortiquées), des articles en bonneterie et autres destinés à l’industrie du textile et habillement, du bois de pins, etc.
Lire aussi : Guinée. Les producteurs d’anacarde améliorent leurs compétences: à Faranah, «la formation portera ses fruits»
En 2025, les exportations marocaines vers l’Égypte s’élèvent à 1,6 milliard de dirhams, contre 755 millions en 2024, soit une hausse de 106%. Le solde reste largement déficitaire pour le Maroc. L’Égypte est un hub industriel et agricole qui fournit au Maroc des produits à forte valeur ajoutée, notamment dans la chimie, les plastiques et l’agroalimentaire. C’est aussi un marché en croissance pour les exportations marocaines, comme le montre le bond de 106% en 2025.
Deuxième fournisseur africain du Maroc avec 3,5 milliards de dirhams, la Tunisie confirme sa place de partenaire de proximité. Le Maroc importe de ce pays des câbles et autres pièces de connexions électriques, des circuits électroniques, des huiles et graisses raffinées pour la fabrication de produits alimentaires, des luminaires et appareils pour éclairage, des parties d’avions, d’hélicoptères ou de véhicules aériens, des parties et accessoires d’automobiles (carrosseries, volants, colonnes et boitiers de direction), ou encore des produits chimiques.
Ses importations ont progressé de 22,3% en 2025, après une année 2024 stable (2,8 milliards). La Tunisie bénéficie de sa proximité géographique et de ses liens historiques avec le Maroc, peut-on noter. C’est un partenaire naturel, mais dont les échanges restent en deçà du potentiel de l’Union du Maghreb arabe.
Les exportations marocaines vers la Tunisie ont bondi de 52,6% en 2025, à 2,2 milliards de dirhams, contre 1,4 milliard en 2024. Le solde commercial reste déficitaire pour le Maroc (-1,3 milliard), mais il se réduit. La Tunisie est un marché d’exportation dynamique pour le Maroc, notamment dans les engrais, les câbles électriques et les produits agroalimentaires.
Troisième fournisseur africain avec 3,4 milliards de dirhams, l’Afrique du Sud réalise la performance la plus spectaculaire du Top 10: +96,2% en un an, après une chute à 1,7 milliard en 2024. L’Afrique du Sud est un fournisseur volatil, dont les flux dépendent largement des cycles de ses exportations minières et énergétiques.
En 2025, la hausse des importations marocaines en provenance d’Afrique du Sud s’explique probablement par la reprise des achats de charbon (anthracite, houille), des parties et accessoires d’automobiles (carrosseries, sièges, pièces détachées), des tracteurs agricoles, des véhicules neufs, des produits chimiques et de cosmétique, des machines, fournitures et équipements de levage (Crics et vérins hydrauliques), des produits agricoles (avocats, des semences divers).
Le déficit commercial du Maroc avec l’Afrique du Sud s’est aggravé de 1,9 milliard de dirhams en 2025. Disons que c’est un partenaire avec lequel le Maroc a peu d’atouts à faire valoir, tant l’Afrique du Sud est intégrée aux chaînes de valeur mondiales.
La percée pétrolière du Nigeria
Quatrième avec 2,5 milliards de dirhams, le Nigeria poursuit sa percée entamée en 2024 (1,3 milliard). La hausse de 87,1% en 2025 confirme la montée en puissance de ce fournisseur dans le Top 10. Le Nigeria exporte vers le Maroc, des carburéacteurs, des fibres synthétiques, du polypropylène en blocs, des résidus de froment (blé) valorisables en alimentation animale, en matériaux ou produits agroalimentaires, etc.
Aussi des produits agricoles comme des noix de cajou sans coques, ce qui en fait un partenaire diversifié. Les exportations marocaines vers le Nigeria restent faibles, même si elles ont progressé. Le Nigeria est un marché de 200 millions d’habitants, mais les exportations marocaines y sont encore marginales.
Lire aussi : Nouakchott: le délestage refroidit les activités de congélation de poisson, des entreprises menacées de faillite
Cinquième avec 1,9 milliard de dirhams, la Libye enregistre une hausse de 88,2% en 2025, après une année 2024 en recul (1,0 milliard). La Libye est un fournisseur traditionnel de pétrole et de gaz pour le Maroc, mais ses flux sont erratiques en raison de l’instabilité politique.
La hausse de 2025 s’explique par la reprise des exportations pétrolières libyennes et par la demande marocaine en produits énergétiques. Le déficit commercial du Maroc avec la Libye s’est aggravé de 1,2 milliard de dirhams. C’est un partenaire à haut risque, mais incontournable pour la sécurité énergétique du Royaume.
Sixième fournisseurs africain du Maroc avec 996 millions de dirhams, l’Ouganda est la surprise de ce Top 10. Ce pays d’Afrique de l’Est, enclavé, a vu ses importations marocaines progresser de 39,3% en 2025, après 715 millions en 2024. L’Ouganda exporte surtout du café, du thé et des produits agricoles vers le Maroc.
La hausse de 2025 reflète à la fois la croissance des exportations ougandaises et la demande marocaine en café, qui a augmenté de 7,9% en 2025. Les exportations marocaines vers l’Ouganda restent faibles, mais le potentiel est réel. L’Ouganda est un marché en croissance, mais les coûts logistiques sont élevés en raison de l’enclavement.
Le décrochage de l’Algérie
Septième avec 739 millions de dirhams, l’Algérie est le seul pays du Top 10 à enregistrer un recul de ses importations (-8,7%) en 2025. C’est un décrochage spectaculaire par rapport à 2021, où l’Algérie était un important fournisseur africain du Maroc avec 5,9 milliards de dirhams. Le Maroc importe de ce pays des dattes, des gaz rares, des butanes commerciaux, du verre feuilleté de sécurité (VSG), des ouvrages en aluminium, des amandes sèches sans coques, etc.
La fermeture des frontières et la crise diplomatique entre les deux pays ont tari les flux commerciaux. Les exportations marocaines vers l’Algérie se sont effondrées à 1 million de dirhams en 2025, contre 67 millions en 2024. C’est un cas d’école de ce que la politique peut faire au commerce.
Lire aussi : Import-export: la balance commerciale, révélatrice des stratégies et des fragilités de ces 10 pays africains
Huitième avec 638 millions de dirhams, la Côte d’Ivoire recule légèrement (-1,7%) en 2025, après 649 millions en 2024. La Côte d’Ivoire est un fournisseur stable de produits agricoles (cacao, café, fruits) et de bois. Mais ses flux vers le Maroc restent modestes. Les exportations marocaines vers la Côte d’Ivoire ont progressé de 13,2% en 2025, à 4,0 milliards de dirhams, ce qui en fait l’un des principaux marchés africains du Maroc. La Côte d’Ivoire est un partenaire équilibré. Le Maroc y vend plus qu’il n’y achète.
Le recul du Sénégal
Neuvième avec 457 millions de dirhams, le Sénégal enregistre un recul de 22,4% en 2025, après 589 millions en 2024. Le Sénégal est un fournisseur de poissons, et des produits agricoles (mangues, mangoustans, goyaves, arachides décortiquées, etc.). Mais la hausse des exportations marocaines vers le Sénégal (+9,3% en 2024, -9,3% en 2025) montre que la relation est cyclique.
Les exportations marocaines vers le Sénégal s’élèvent à 2,8 milliards de dirhams en 2025, en baisse de 9,3%. Le Sénégal reste un marché important pour le Maroc, mais la concurrence des produits européens et asiatiques s’intensifie.
Dixième avec 56 millions de dirhams, la Mauritanie ferme la marche du Top 10 des fournisseurs africains du Maroc. Ses importations marocaines ont progressé de 39 millions de dirhams en 2025, mais elles restent infimes. Le Maroc importe principalement de ce pays du poisson et autres produits de la mer (poulpes, sardines, seiches, soles, etc.), des filets confectionnés pour la pêches, des pastèques fraiches.
Lire aussi : Côte d’Ivoire: des chercheurs créent un cacao plus résistant au changement climatique
La Mauritanie est un partenaire de proximité, mais les flux commerciaux sont limités par la taille de son économie. Les exportations marocaines vers la Mauritanie atteignent 3,7 milliards de dirhams en 2025 (+11,3%), ce qui en fait le premier marché africain du Maroc en valeur. C’est un déséquilibre structurel. Le Maroc vend beaucoup à la Mauritanie et lui achète très peu.
Ainsi, le classement des fournisseurs africains du Maroc est le reflet d’une Afrique plurielle, où cohabitent des géants industriels, des exportateurs de pétrole et des producteurs agricoles.
Pour le Maroc, l’enjeu est de transformer cette relation commerciale en une véritable intégration économique, en misant sur les complémentarités et en réduisant les dépendances. Les chiffres de 2025 montrent que le chemin est encore long, mais que la dynamique est là. L’Afrique est l’avenir du commerce extérieur marocain. À condition que le Maroc sache y prendre toute sa place.
Principaux produits importés d’Afrique par le Maroc en 2025
| Produit | Importations 2025 (millions de dirhams) | Part 2025 (%) | Variation 2025/2024 |
|---|---|---|---|
| Huiles de pétrole et lubrifiants | 3.470 | 11,9 | +2.400 MDH (pourcentage non renseigné) |
| Houilles ; cokes et combustibles solides similaires | 2.854 | 9,8 | +1.822 MDH (pourcentage non renseigné) |
| Dattes | 1.959 | 6,7 | +213 MDH, soit +12,2% |
| Gas-oils et fuel-oils | 1.533 | 5,3 | +1.133 MDH (pourcentage non renseigné) |
| Café | 1.470 | 5,1 | +108 MDH, soit +7,9% |
| Ammoniac | 1.298 | 4,5 | +500 MDH, soit +62,8% |
| Verre et ouvrages en verre | 812 | 2,8 | +91 MDH, soit +12,6% |
| Huile d’olive brute ou raffinée | 777 | 2,7 | +598 MDH (pourcentage non renseigné) |
| Matières plastiques et ouvrages divers en plastique | 696 | 2,4 | -493 MDH, soit -41,5% |
| Graines et fruits oléagineux | 579 | 2,0 | -29 MDH, soit -4,8% |
| Autres produits | 13.652 | 46,9 | -1.658 MDH, soit -10,8% |
| Total Afrique | 29.100 | 100 | +4.685 MDH, soit +19,2% |
Source: Office des Changes.




