En ce début septembre 2026, on en sait un peu plus sur la balance commerciale de plusieurs pays africains au terme du 1er semestre 2026. Dans le cadre de cet article, nous avons braqué les projecteurs sur une dizaine de pays africains.
Pour les besoins de comparaisons, nous avons rapporté tous les montants en dollars américain. D’un pays à l’autre, les mêmes mots reviennent, déficit, excédent, importations, exportations, mais ils ne racontent pas la même histoire.
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Il y a ceux qui creusent leur déficit en laissant filer les importations, ceux qui réduisent leur compte courant grâce aux services, ceux qui transforment leurs matières premières en relais de croissance, et ceux qui restent dépendants d’un seul produit. Les données disponibles pour une dizaine de pays permettent de lire ces trajectoires sans les lisser.
Balances commerciales et comptes courants au 1er semestre 2026
| Pays / période | Exportations | Importations | Solde commercial | Taux de couverture | Compte courant / indicateur |
|---|---|---|---|---|---|
| Maroc | 27,85 Md USD | 49,07 Md USD | -21,22 Md USD | 56,8 % | Excédent services : 8,56 Md USD |
| Nigeria | 20,32 Md USD | 10,84 Md USD | Excédent (exportations > importations) | n.d. | Commerce total : 31,16 Md USD |
| Tunisie | 11,086 Md USD | 15,108 Md USD | -4,0222 Md USD | 73,4 % | Déficit énergétique : -2,169 Md USD |
| Égypte | 5 Md USD | 12,4 Md USD | -7,5 Md USD | n.d. | Déficit +58,5 % sur un an |
| Afrique du Sud | n.d. | n.d. | Excédent commercial : 9,08 Md USD | n.d. | Compte courant : -12,74 Md USD ; solde/PIB : -2,6 % |
| Mozambique | > 1,8 Md USD | 1,9 Md USD | -89 M USD | n.d. | Compte courant : -359 M USD, contre -588 M un an plus tôt |
| Sénégal | 928,7 M USD | 1 156,8 M USD | -228,1 M USD | n.d. | Cumul S1 : déficit de -228,7 M USD, contre -1 289,4 M un an plus tôt |
| Togo | 524 M USD | 996 M USD | -472 M USD | n.d. | Exportations +29,5 % sur un an |
| Bénin | 311,1 M USD | 804,3 M USD | -493,2 M USD | 38,7 % | Exportations -18,4 % sur un trimestre, +59,3 % sur un an |
| Rwanda | 310.52 M USD | 663.77 M USD | -353,26 M USD | n.d. | Déficit +38,74 % sur un an |
Source: Statistiques nationales.
Maroc: l’automobile et l’aéronautique ne suffisent pas
Le Maroc a vu son déficit commercial s’aggraver au premier semestre 2026 à 198,38 milliards de dirhams (environ 21,22 milliards de dollars), en hausse de 23,5%. Les importations ont progressé de 15,3%, à 49,07 milliards de dollars, contre une hausse des exportations de 9,7%, à 27,85 milliards de dollars. Le taux de couverture recule de 2,8 points, à 56,8%.
Les produits bruts ont tiré les importations (+37,7% à 3,08 milliards de dollars), devant les produits finis d’équipement (+21,2% à 12,02 milliards de dollars), les produits finis de consommation (+14,2% à 11,88 milliards de dollars), les demi-produits (+3,7 % à 9,40 milliards de dollars) et les produits alimentaires (+1,4% à 5,23 milliards de dollars).
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À l’export, l’automobile (+17,4% à 10,02 milliards de dollars) et l’aéronautique (+19,3% à 1,85 milliard de dollars) montent. Mais le textile et cuir (-6,5%), l’électronique et électricité (-4,4%) et les phosphates et dérivés (-2,3%) reculent. L’excédent des services augmente de 16,8%, à 8,56 milliards de dollars, jouant un rôle d’amortisseur. Le Maroc monte en gamme, mais sa facture énergétique et d’équipement reste lourde.
Nigeria: l’excédent commercial change de nature
Le Nigeria a enregistré un commerce total de 41,44 billions de nairas (environ 31,16 milliards de dollars) au deuxième trimestre 2026, en hausse de 5,61% sur un an et de 19,13% sur un trimestre. Les exportations atteignent 27,02 billions (environ 20,32 milliards de dollars), soit 65,20% du total, et les importations 14,42 billions (environ 10,84 milliards de dollars).
Le pétrole brut reste le premier produit exporté à 9,71 milliards de dollars, mais les exportations non pétrolières brutes atteignent 10,61 milliards de dollars, soit 52,21% du total. Les produits minéraux dominent à 87,04% des exportations. Les importations de machines et matériel de transport représentent 37,83% du total.
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L’Asie est le premier fournisseur (59,37%) et le premier marché (32,29%). L’Inde est le premier destinataire avec 2,47 milliards de dollars, soit 12,17% des exportations. Le Nigeria dégage un excédent substantiel, mais celui-ci reste adossé aux minéraux et à une diversification encore fragile.
Moteurs d’exportation, dépendances et fragilités
| Pays | Moteurs à l’export | Fragilités / pressions | Signal 2026 |
|---|---|---|---|
| Maroc | Automobile : 10,02 Md USD (+17,4 %) ; aéronautique : 1,85 Md USD (+19,3 %) ; services : +8,56 Md USD | Importations d’équipement : 12,02 Md USD ; consommation : 11,88 Md USD ; recul textile, électronique, phosphates | Déficit commercial +23,5 % au S1 |
| Rwanda | Exportations nationales +90.94% sur un an en juin ; réexportations +46.14% | Importations +59.08% sur un an en juin ; déficit +38.74% sur un an | Amélioration mensuelle, dégradation annuelle |
| Afrique du Sud | Exportations de biens et services +5,72 Md USD au T2 | Importations +23,35 Md USD ; importateur net de pétrole ; PIB -0,2 % au T2 | Bascule du compte courant en déficit |
| Mozambique | Grands projets : environ 1,5 Md USD (+0,5 %) | Hors grands projets : -2 %, de 390 à 382 M USD ; importations +2,4 % | Déficit commercial plus que doublé |
| Togo | Phosphates : 83 M USD (15,8 %) ; clinker : 39,5 M USD ; produits pétroliers raffinés : 38,4 M USD | Importations : 996 M USD (+18,5 %) | Déficit commercial : 472 M USD (+8,4 %) |
| Sénégal | Or non monétaire : 223,7 M USD ; GNL : 79,6 M USD ; produits raffinés : 101,2 M USD | Baisse du pétrole brut : 155,2 M USD contre 369,6 M USD ; acide phosphorique : 12,9 M USD contre 50,6 M USD | Déficit cumulé réduit à -228,7 M USD |
| Tunisie | Huile d’olive : 1,082 Md USD ; industries mécaniques et électriques : +9,1 % ; agroalimentaire : +25,2 % ; énergie : +49,1 % | Déficit énergétique : -2 169,4 M USD ; importations en hausse dans tous les groupes | Déficit commercial : -4 022,2 M USD |
| Égypte | Exportations +37,4 % : produits pétroliers, vêtements, fruits frais, pâtes | Importations +49,4 % ; pétrole brut +141 % | Déficit commercial : 7,5 Md USD en juin |
| Nigeria | Pétrole brut : 9,71 Md USD ; non pétrolier brut : 10,61 Md USD (52,21 %) ; minéraux : 87,04 % | Dépendance aux minéraux ; importations de machines et transport : 37,83 % | Excédent commercial substantiel |
| Bénin | Coton : 104,8 M USD pour 67 729,5 t ; fruits à coque : 44,6 M USD ; tourteaux : 29,7 M USD ; soja : 29,7 M USD | Riz : 20,4 % des importations ; huiles de pétrole : 7,9 % ; engrais : 7 % | Taux de couverture : 38,7 % |
Source: Statistiques nationales.
Tunisie: le déficit énergétique pèse plus que tout
La Tunisie a échangé pour 34.645,2 millions de dinars (environ 11.086,5 millions de dollars) à l’export et 47.214,6 millions de dinars (environ 15.108,7 millions de dollars) à l’import au premier semestre 2026. Les exportations progressent de 9%, les importations de 13,3%.
Le déficit commercial atteint ‑4 022,2 millions de dollars, contre ‑3 168,1 millions de dollars un an plus tôt. Le taux de couverture recule à 73,4%, contre 76,2%. Les industries mécaniques et électriques (+9,1%) et agroalimentaires (+25,2%) tirent, portées par l’huile d’olive (1 082,8 millions de dollars contre 750,9 millions de dollars).
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La facture énergétique bondit de 49,1%, avec les produits raffinés à 258,5 millions de dollars contre 78,6 millions de dollars. En revanche, les mines, phosphates et dérivés chutent de 19%, et le textile de 3,5%. Les importations augmentent dans tous les groupes: énergie (+33,5%), alimentaire (+27,1%), équipement (+8,4%), consommation (+9,3%), matières premières (+6,5%).
Le déficit énergétique atteint ‑2 169,4 millions de dollars, contre ‑1 668,7 millions de dollars. Hors énergie, le déficit se réduit à ‑1 852,8 millions de dollars. L’Union européenne absorbe 70,4% des exportations et fournit 44,9% des importations. La Tunisie reste adossée à l’Europe, mais son talon énergétique s’alourdit.
Égypte: la stratégie industrielle face à l’urgence du déficit
L’Égypte a vu son déficit commercial se creuser de 58,5% en juin, à 7,5 milliards de dollars, contre 4,7 milliards un an plus tôt. Les exportations ont augmenté de 37,4 %, à 5 milliards de dollars, portées par les produits pétroliers, les vêtements, les fruits frais et les pâtes. Les importations ont progressé de 49,4%, à 12,4 milliards de dollars, tirées par le pétrole brut (+141%), les plastiques, les voitures particulières et le fer ou l’acier.
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Le Caire mise sur la production locale et l’investissement industriel orienté vers l’export. Dans la zone économique du canal de Suez, plusieurs entreprises de Sokhna destinent 70 à 100% de leur production à l’export. Le budget 2026/2027 prévoit 90 milliards de livres égyptiennes, soit 1,7 milliard de dollars, pour soutenir les exportations de biens et services. L’Égypte ne manque pas de stratégie ; elle manque encore de résultats immédiats.
Afrique du Sud: le retournement du compte courant
L’Afrique du Sud a basculé. Le compte courant est passé en déficit au deuxième trimestre, à 205,5 milliards de rands (environ 12,74 milliards de dollars), après un excédent de 11,26 milliards de dollars au premier trimestre, chiffre révisé à la baisse. L’excédent commercial s’est fortement contracté, à 9,08 milliards de dollars, contre 26,59 milliards de dollars au trimestre précédent.
La Banque centrale explique: «la valeur des exportations de biens et services au deuxième trimestre 2026 a augmenté de 5,72 milliards de dollars, sous l’effet de la hausse des prix et des volumes, tandis que la valeur des importations de biens et services a progressé de manière significative, de 23,35 milliards de dollars, en raison de l’augmentation des volumes et des prix.»
Rapporté au PIB, le solde courant est passé d’un excédent de 2,3% à un déficit de 2,6%. En avril, Citi avait averti qu’«une prolongation du conflit au Moyen-Orient au-delà du premier semestre pourrait accentuer les pressions sur le compte courant de l’Afrique du Sud, importateur net de pétrole, tout en compromettant les perspectives de croissance du PIB pour 2026».
La contraction de 0,2% du PIB au deuxième trimestre, après +0,4% au premier, confirme la fragilité. Le pays paie à la fois son statut d’importateur net de pétrole et la faiblesse de sa demande intérieure.
Mozambique: le grand projet ne suffit plus
Le Mozambique a vu son déficit commercial plus que doubler au premier semestre 2026, à 89 millions de dollars, contre 43 millions un an plus tôt. Les exportations ont dépassé 1,8 milliard de dollars, tandis que les importations ont atteint 1,9 milliard de dollars, en hausse de 2,4%.
Les exportations, elles, sont restées pratiquement inchangées. La dépendance aux grands projets est frappante: leurs exportations ont progressé de 0,5%, à environ 1,5 milliard de dollars, soit la principale source de devises. Hors grands projets, les exportations ont reculé de 2%, passant de 390 à 382 millions de dollars.
Le ministère des Finances de la Mozambique ne masque pas l’enjeu: «ces niveaux d’exécution, compris entre 20 et 22% des objectifs annuels, mettent en évidence la nécessité de stimuler la production nationale, de renforcer les capacités d’exportation et d’accélérer la mise en œuvre des grands projets d’investissement au cours du second semestre.»
Pourtant, le compte courant s’améliore : son déficit passe de 588 à 359 millions de dollars, soit une réduction de près de 39%, grâce à un solde positif des services de 158 millions de dollars et des revenus primaires de 113 millions de dollars. Le Mozambique illustre une dualité: un commerce de biens qui se dégrade, un compte courant qui résiste grâce aux invisibles.
Sénégal: l’or et le gaz changent la donne, sans effacer le déficit
En juin, le Sénégal a vu ses exportations augmenter de 4,4%, à 524,7 milliards de FCFA (environ 928,7 millions de dollars), et ses importations de 26,7%, à 653,6 milliards (environ 1 156,8 millions de dollars). Le solde commercial s’établit à -228,1 millions de dollars, contre -23,5 millions de dollars en mai.
L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) explique: «cette progression s’explique par le relèvement des expéditions d’or non monétaire (223,7 millions de dollars au mois de juin 2026, contre 105,5 millions de dollars au mois précédent), de gaz naturel liquéfié (79,6 millions de dollars, contre 26,7 millions de dollars) et de produits pétroliers raffinés (101,2 millions de dollars, contre 90,1 millions de dollars).»
La baisse du pétrole brut (155,2 millions de dollars contre 369,6 millions de dollars), de l’acide phosphorique (12,9 millions de dollars contre 50,6 millions de dollars) et des conserves de poisson (5,3 millions de dollars contre 7,8 millions de dollars) a limité cette hausse.
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Sur le semestre, les exportations cumulées atteignent 5 582,8 millions de dollars, en hausse de 11,1%, tandis que les importations reculent de 8,0%, à 5 811,5 millions de dollars. Le déficit cumulé se réduit à -228,7 millions de dollars, contre -1 289,4 millions de dollars un an plus tôt.
Le déficit vis-à-vis de la France (-139,6 millions de dollars), des États-Unis (-124,4 millions de dollars), de la Turquie (-43,2 millions de dollars) et des Pays-Bas (-40,5 millions de dollars) s’aggrave, mais l’amélioration avec la Suisse +205,5 millions de dollars), le Mali (+124,8 millions de dollars) et l’Espagne (+116,5 millions de dollars) limite la casse. Le Sénégal change de base exportatrice, mais reste vulnérable aux achats de produits raffinés.
Togo: les phosphates portent, le déficit persiste
Le Togo affiche une performance remarquable à l’export: +29,5% en glissement annuel au deuxième trimestre, à 295,7 milliards de FCFA, soit environ 524 millions de dollars. Les phosphates ont rapporté près de 83 millions de dollars, représentant 15,8% des exportations. Le clinker suit avec 39,5 millions de dollars, puis les produits pétroliers raffinés avec 38,5 millions de dollars.
Mais les importations ont augmenté de 18,5%, à 996 millions de dollars. Le déficit commercial s’établit à environ 472 millions de dollars, en hausse de 8,4 % sur un an. L’Inde absorbe 40,6% des exportations togolaises, devant le Burkina Faso (17,7%) et le Ghana (7,8%). Le Togo exporte mieux, mais importe encore plus.
Bénin: coton et riz, les deux faces du commerce
Le Bénin affiche un profil contrasté au deuxième trimestre 2026: 188,84 milliards de FCFA (environ 311,1 millions de dollars) d’exportations, 488,24 milliards (environ 804,3 millions de dollars) d’importations, un déficit de 493,2 millions de dollars et un taux de couverture de 38,7%. Les exportations reculent de 18,4% sur un trimestre, mais progressent de 59,3% sur un an.
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Le coton domine avec 104,8 millions de dollars pour 67.729,5 tonnes, devant les fruits à coque (44,6 millions de dollars), les tourteaux (29,7 millions de dollars) et les fèves de soja (29,7 millions de dollars).
Les dix premiers produits concentrent 84,4% des exportations. À l’import, le riz occupe 20,4% du total, devant les huiles de pétrole (7,9%) et les engrais (7%). Le Bénin exporte ce qu’il produit peu transformé et importe ce qu’il consomme massivement.
Rwanda: amélioration mensuelle, dégradation annuelle
Au Rwanda, le déficit de la balance commerciale formelle des biens s’élevait à 353,26 millions de dollars en juin 2026, soit une augmentation de 68,86% par rapport au mois précédent, mai 2026. Sur un an, le déficit commercial formel des biens a augmenté de 38,74% par rapport au déficit de juin 2025. À fin juin 2026, les exportations se sont élevés à 310.52 millions de dollars, contre des importations qui se sont élevés à 663.77 millions de dollars.
Au mois de juillet 2026, le déficit de la balance commerciale s’élevait à 286,98 millions de dollars en juillet 2026, en baisse de 23,39% par rapport à juin. Mais sur un an, ce déficit a augmenté de 25,65% par rapport à juillet 2025. Les exportations nationales ont bondi de 22,01% en un mois et de 95,94% sur un an.
Les importations ont reculé de 5,63% par rapport à juin, mais progressé de 51,09% sur un an. Les réexportations ont augmenté de 3,58% en un mois et de 46,54% sur un an. Le pays connaît donc une embellie conjoncturelle, sans régler une dépendance importatrice qui se renforce en tendance annuelle.
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Ce que révèle ce tour d’horizon, c’est que la séquence 2026 confirme une règle: les pays qui s’en sortent le mieux ne sont pas ceux qui exportent le plus, mais ceux qui diversifient leurs sources de devises et maîtrisent leurs factures d’importations. Le Mozambique, le Rwanda, le Sénégal et le Bénin partagent une dépendance à quelques produits.
L’Afrique du Sud et la Tunisie subissent leur dépendance énergétique. Le Maroc et l’Égypte misent sur l’industrie et les services. Le Nigeria et le Togo profitent de matières premières, mais savent que la rente ne remplace pas une base productive large.
Les données de pays comme la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Cameroun ne sont pas encore disponibles. En attendant, une chose est sûre: à mi-2026, le commerce extérieur africain ne se résume plus à un duel entre exportateurs et importateurs. Il raconte des trajectoires, des choix industriels et des vulnérabilités qui pèsent déjà sur le second semestre.
Partenaires commerciaux, stratégies et signaux de politique économique
| Pays | Partenaires / orientations géographiques | Stratégies et signaux |
|---|---|---|
| Togo | Inde : 40,6 % des exportations ; Burkina Faso : 17,7 % ; Ghana : 7,8 % | Exportations portées par les phosphates, le clinker et les produits raffinés |
| Sénégal | Soldes positifs : Suisse +205,5 M USD, Mali +124,8 M USD, Espagne +116,5 M USD ; déficits : France -139,6 M USD, États-Unis -124,4 M USD, Turquie -43,2 M USD, Pays-Bas -40,5 M USD | Montée de l’or, du GNL et des produits raffinés ; vulnérabilité aux achats de produits raffinés |
| Tunisie | UE : 70,4 % des exportations et 44,9 % des importations ; France +8,6 % à l’export et +18,5 % à l’import ; Italie +5,5 % et +13,7 % ; Égypte +104,8 % ; Arabie saoudite +52,4 % ; Maroc -26,2 % ; Algérie -18,7 % ; Libye -3,9 % ; Turquie +9,5 % ; Inde +22,9 % ; Chine +4,5 % ; Russie -44,8 % ; Royaume-Uni -12,4 % | Dépendance européenne ; déficit hors énergie réduit à -1 852,8 M USD |
| Nigeria | Asie : 32,29 % des exportations et 59,37 % des importations ; Europe : 29,87 % et 21,25 % ; Afrique : 24,62 % et 7,65 % ; Amériques : 11,52 % et 11,03 % ; Océanie : 1,70 % ; Inde : 12,17 % des exportations ; ECOWAS : 56,39 % des exportations africaines | Diversification non pétrolière encore fragile ; excédent adossé aux minéraux |
Source: Statistiques nationales.
