Le 2 septembre, le président William Ruto, recevant des commerçants kényans qui avaient récemment manifesté contre la pression fiscale à leur encontre, avait ordonné «à tous les étrangers gérant des petits commerces de fermer» avant lundi 7 septembre. Il n’avait précisé ni la taille des commerces visés, ni si ceux légalement enregistrés étaient concernés.
Le chef de l’Etat avait également évoqué son intention de réserver certaines activités économiques aux seuls Kényans dans un projet de loi actuellement devant le Parlement, destiné à contraindre les compagnies étrangères opérant au Kenya à favoriser les fournisseurs et les employés locaux.
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Ces propos avaient suscité l’inquiétude de certains observateurs, notamment de juristes, craignant des réactions xénophobes et dénonçant une mesure discriminatoire, ainsi qu’une atteinte aux obligations légales du Kenya, membre de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), laquelle garantit la liberté de mouvement des citoyens des pays-membres en son sein.
Lundi, des centaines de Burundais- également membre de l’EAC- s’étaient précipités dans leur petite ambassade à Nairobi afin d’obtenir des laissez-passer leur permettant de rentrer chez eux. Le numéro deux du ministère kényan des Affaires étrangères, Korir Sing’Oie, avait dû se rendre sur les lieux pour apaiser la situation et s’excuser.
M. Sing’oi avait auparavant assuré que les propos de M. Ruto avaient été «sortis de leur contexte».
Mardi, le gouvernement a annoncé dans un communiqué le début d’une « campagne de régularisation» de 90 jours devant permettre aux étrangers faisant du commerce au Kenya de «mettre leur statut en matière de séjour et leurs opérations commerciales en conformité avec la loi».
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«Toute personne faisant des affaires au Kenya doit se conformer aux réglementations applicables en matière d’immigration, de permis de travail, d’enregistrement et d’autorisation», a rappelé le gouvernement, avertissant qu’à l’issue du délai de régularisation de 90 jours, il ferait «respecter avec fermeté les obligations légales».
La Commission nationale kényane des Droits de l’Homme (KNHCR), institution publique indépendante, indique mardi avoir reçu des signalements de réfugiés ou migrants vivant au Kenya qui ont fait état de menaces, d’intimidations, de traitements discriminatoires ou d’attaques en ligne, après les propos de M. Ruto.
